‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 44 sur 80 · CÉLIBAT · texte numérisé non relu

CÉLIBAT

Vous attaquez le célibat des Prètres, l'usage 4 de la langue Latine dans les offices de l'Eglise et les cérémonies religieuses qui les accompagnent. Je vous montrerai, en peu de mots, que vos objections sur ces différents points ne | sont pas fondées en raison. 14

Par rapport au Célibat je dois faire remar- ji 1 quer d’abord qu’il n’est point considéré comme une pratique absolumeut indispensable, comme une loi dont on ne puisse s’écarter sans mettre en danger l’existence de l'Eglise. Assez généralement les prêtres catholiques du rite Grec sont engagés dans les liens du mariage, et cependant l'Eglise ne les exclut pas de son sein. Mais il faut l’arouer en mème temps, ces liens qu’ils ont contractés nous offrent une forte preuve de l’avantage immense du célibat, et ù démontrent que les Prêtres non mariés remplissent les devoirs de leur auguste ministère d’une manière plus efficace pour le bien des âmes.

Si vous désirez connaitre la condition du

clergé des Grecs Unis, ou Grecs Catholiques, allez en Gallicie, sur les confins de la Russie, J’ai visité cette contrée, et je puis certifier que le mariage y a grandement diminué la dignité et l'influence de ce clergé. Le peuple s’aperçoit trop souvent que les prêtres mariés ne sont pas toujours et en tout les pères spirituels de leur troupeau ; mais que, suivant la parole de PApôtre, ils sont divisés entre le soin de servir Dieu, et le désir de plaire à leurs femmes.

Non seulement nn prêtre marié est divisé, mais souvent il s'occupe beaucoup plus des intérêts temporels de sa famille que du salut des âmes qui lui sont confiées. Son zèle est plus grand pour les uns que pour les autres. Des considérations de ménage se jettent à la traverse et le gènent comme pasteur dans l’accomplissement de ses devoirs. L'influence de sa femme est trop grande; elle aussi veut se mêler des fonctions du ministère. Il excite peu la confiance, surtout dans ce qui regarde l'administration du sacrement de pénitence.

Les Grecs Catholiques aiment mieux, toutes les fois qu’ils le peuvent, se confesser à un prêtre non marié du rite Latin. Avec la connaissance que vous avez des hommes et le sentiment de vos inclinations naturelles, ne seriezvous pas disposés, si vous aviez la liberté du

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choix, de vous confesser plutôt à un prêtre catholique qu’à l’un de vos ministres protestants? L'expérience en a été faite? Plus d’une fois, comme vous pouvez le savoir, certaines sectes protestantes ont cherché à rétablir la confession; mais le peuple a toujours répondu que, si la confession était nécessaire, il préférerait devenir Catholique que de se confesser à un ministre chargé d’une femme.

Le mal augmente encore pour un ministre à la tête de plusieurs congrégations, et surtout pour un Evêque marié, obligé à faire la visite de son diocèse. Il ne peut pas constamment rester dans sa maison, et quelles seront les conséquences de son absence ?—des jalousies et des querelles. La position d’un prêtre mrié devient excessivement critique, si sa femme mène une vie scandaleuse, ou s’il a des enfants vicieux. En mettant même à part tous ces inconvénients, la maladie ou la mort d’un des membres de la famille distrait son attention et l’empèche de pourvoir aax besoins de son troupeau.

Toutes ces causes de scandale et de chagrin, tous ces obstacles à l’accomplissement des devoirs disparaissent pour un prêtre libre des inquiétudes du mariage. Il n’est jamais réduit à la nécessité de choisir entre les soins de

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sa famille et ceux dont il est redevable à son peuple.

La discipline militaire nous fournit un exemple très bien adapté à ce sujet. En temps de guerre, la coutume s'oppose à ce que ceux qui font partie d’une armée s’engagent dans le mariage. Un officier ou un soldat marié est toujours regardé comme ayant perdu la moitié de sa valeur. Le sacerdoce est une milice ; c’est l’armée de l'Eglise chargée de défendre et de protéger la foi et la morale. Les intérêts spirituels étant infiniment supérieurs à tout autre intérêt, il y a beaucoup plus de raison d'empêcher le mariage des prêtres que de le défendre aux militaires. Plusieurs sectes protestantes ont exprimé le désir d’introduire le célibat parmi les membres de leur clergé.*

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