‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 65 sur 80 · TE · texte numérisé non relu

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de son existence, puicqu’il est la justice et la bonté par essence.

Dieu m’a crée pour être heureux ou pour être malheureux. S'il m’a crée pour être malheureux, il est cruel, et je ne lui dois aucun témoignage de reconnaissance pour ma création. S’il m'a crée pour être heureux, et qu'il me prive du bonheur, sans qu’il y ait aucune faute de ma paït, en faisant retomber mon âme dans le néant, alors sa cruauté est beaucoup plus grande, et je suis beaucoup moins obligé de le remercier. Posséder le bonheur et savoir qu’il finira un jour c’est, suivant la remarque de Cicéron, la plus grande de toutes les calamités. Plus le bonheur est grand, plus la perte en serait pénible. Elle serait plus douloureuse encore, si après avoir joui d’une très grande félicité, et en avoir joui longtemps, on venait à découvrir que l’on doit être anéanti. Un homme dans cette position pourrait avec raison dire à son Créateur : Vous m'avez crée, et-vous m'avez crée heureux, pourquoi me privez-vous de mon existence? Je ne vous remercie pas de la vie que vous m’avez donnée ; il vaudrait mieux pour moi n’avoir jamais été crée que de l'être pour retomber dans le néant. Ce langage est blasphématoire, cependant il ne serait que juste si notre âme n’était pas immortelle.

Je ne parle pas ici de ceux qui offensent Dieu mortellement, et par la même encourent un châtiment éternel, suite de leur propre dépravation. Je raisonne contre ceux qui, en niant l’immortalité de l’âme accordent cependant qu’elle est susceptible de bonheur. Dieu ne peut anéantir l’âme, parce qu’il lui est impossible d’être en contradiction avec lui-même.

Dire que l’âme est mortelle, c’est admettre une autre contradiction repoussée par la nature d’un être spirituel. Un esprit n’a point de parties, un corps en est composé. Si l’âme était un substance matérielle, elle pourrait être détruite, car toute substance matérielle peut se décomposer. Comme esprit, elle ne saurait être détruite, elle ne peut qu'être anéantie. Un pouvoir infini peut seul anéantir ce qui existe, car anéantir, aussi bien que créer, suppose la même puissance. Dieu n’anéantira pas l’âme, en le faisant il contredirait ses perfections infinies, nous l’avons déjà vu. -

Avancer que l’âme est une substance matérielle, ou de la nature des corps est absurde et ridicule. L'âme est un principe pensant, la pensée est son effet. Il ne peut y avoir d’effet sans une cause proportionnée à cet effet et capable de le produire. L'effet ne saurait être plus grand que la cause, ou d’une nature oppo-

qui offensent me encourent ur propre déceux qui, en ordent cepennheur. Dieu il lui est imvec lui-même.

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CONSÉQUENCE DU PROTESTANTIEME. 32%

sée à la cause. Si l’âme était une substance matérielle, il existerait un effet d’un ordre plus relevé que celui de la cause, car l’âme, principe pensant, serait essentiellement inférieure à l'effet, la pensée. La pensée est immatérielle, tandis que l’âme serait composée de matière.

La pensée, comme tous le savent, est un acte simple ; conséquemment le principe de la pensée, l’âme doit l’être aussi. Si l’âme est matérielle, le principe pensant ot son effet sont d'une nature opposée l’un à l’autre, ce qui est contradictoire.

Cet argument étant peut-être trop métaphysique pour quelques uns de mes lecteurs, je vais chercher à le mettre sous une forme plus intelligible. Les corps ont uxe certaine figure, une couleur déterminée, un certain poids et une certaine étendue. Si l’âme est une substance matérielle, ses pensées, ses désirs, ses affections doivent être de la même nature, et posséder les mêmes propriétes que les corps ; mais dire que la pensée a une certaine étendue, qu’elle est pesante, colorée, qu’elle se manifeste sous telle ou telle forme est si parfaitement ridicule qu'aucun matérialiste ne pourrait le soutenir, sans éclater derire de sa propre folie. Vous est-il possible, pourrais-je lui demander, d’ima.. giner une pensée pesant une livre ou une once,

une pensée d’un pied ou d’un demi-pied de longuer, une pensée jaune, rouge ca couleur d'orange, une pensée carrée, ronde ou triangulaire, une pensée qui a l'odeur de la rose, ou qui retentit comme l’airain ? Décidemment la théorie du matérialiste est ridicule.

Si l’âme n’est pas matérielle, elle ne peut mourir ; elle ne peut qu'être anéantie ; mais la réduction au néant est un acte de la toute-puissance divine. Or Dieu ne peut déployer sa puissance d’une manière opposée à son infinie bonté et à son infinie justice. L’immortalité de l’âme est donc aussi certaine que l’existence de Dieu et que celle de la raison humaine.

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