NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION
La question de la religion se rattache à celle de la Révélation. L’homme peut-il: découvrir les vérités et les devoirs que la religion suppose, par les simples lumières de la raison non assistée, ou a-t-il besoin pour les connaitre du secours d’une révélation divine? Qu'il y ait une
raligion est évident; que nous soyons obligés de rendre à Dieu certains devoirs, et que ces devoirs se lient à notre destinée future se conclut clairement des premiers principes de notre raison. Mais nous suffit-il de connaître et de pratiquer ce que nous pouvons découvrir par la seule lumière de la raison, sans l’aide d’une révélation surnaturelle ? L'homme est-il capable, sans cette assistance, de résoudre d'une manière satisfaisante les questions fondamentales : ‘“ Qu'est-ce que Dieu? D’où venons nous? Quelle sera notre destinée au sortir de cette vie? Que devient l’âme après la mort!
Quelle est l’origine du mal moral et de notre inclination au mal? Lorsque l’homme 2 péché, lui reste-il quelque espérance de salut et à quelles conditions ? Qu'est-ce que Dieu demande de nous comme absolument nécessaire à notre bonheur éternel? Je vous en fais juges ; est-il possible à la raison, si elle n’est pas éclairée par la révélation, de donner à ces différentes questions une réponse claire, précise, complète et à l’abri de toute erreur? Notre propre expérience et. celle de tous les siècles prouvent que cette réponse est impossible.
Quant à la nature divine, il est hors de doute que, dans tous les temps et dans tous les lieux, les hommes pouvaient, par la seule lu-
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mière de la raison acquérir la connaïssance de Dieu. De fait cependant ils ne s’élevèrent pas généralement jusqu’à cette connaissance. Personne n’ignore les idées erronnées qu’ils se formaient de la divinité, pendant la longue suite de siècles qui précédèrent la venue de Jésus- Christ, et combien sont encore fausses sur ce point celles de tous les peuples qui n’ont pas été éclairés de la lumière de l'Evangile. En supposant même qu’ils aient reconnu Dieu comme Souverain Seigneur de toutes choses, comment pouvaient-ils se rendre compte des rapports qui les unissaient à Lui, du sort qui les attendait après cette vie, et de toutes les autres questions mentionnées plus haut. Sur tous ces points la raison garde un profond silence, ou ne répond que d’une manière vague et peu concluante. Cependant l’homme a droit d'exiger une réponse claire et satisfaisante à toutes ces questions fondamentales, et ce droit il le tient de la sagesse et de la justice de Dieu. A la vérité, il n’a aucun droit de Lui prescrire la manière de manifester sa volonté, il n’a pas le droit de solliciter une fin surnaturelle; mais il a un droit incontestable de connaître cette fin, quelle qu’elle soit, et d’être pourvu des moyens indispensables pour
y atteindre. De tous les millions d'hommes 28*
auxquels Dieu a donné l’existence et qui peuplent le monde, il n’en est aucun qui ne soit autorisé à demander, en insistant sur une réponse, pourquoi il est sur la terre; qu'est-ce que Dieu exige de lui ; quel sort l’attend dans un autre monde ; ce qu’il doit faire pour expier ses fautes, pour se procurer une félicité éternelle. L'esprit et ie cœur ne peuvent jouir d’un moment de repos tant que l’on ne donnera pas une solution claire et entière de tous ces doutes. N’en désirer aucune c’est faire violence aux exigences les plus pressantes de notre nature.
La raison laissée à ses propres forces ne répondra jamais. Pour vous en convaincre, interrogez un infidèle qui ne suit d’autre guide que sa raison, il sera dans l’impossibilité de résoudre vos difficultés et de vous satisfaire, Cependant le désir de pénétrer les mystères du monde futur est en lui si irrésistible qu'il ne craindra pas d'évoquer les morts et d’ajouter foi aux révélations des Tables Tournantes et des Esprits Frappeurs. (Ceci seul suffit pour prouver l'empire que ce désir de percer les mystérieuses obscurités de l’avenir exerce sur l'âme : il est si grand que l’homme préfère à l'ignorance complète en ce genre la crédulité qui le porte à croire des manifestations fausses ou diaboliques.