ACTE IV, TABLEAU V
CÉSAR
Ah! vous venez aux comices... C'est d'une bonne citoyenne.
FULVIE
Je vous cherchais.
CÉSAR
Vous me cherchiez?
FULVIE
Oui... Pour qui votez-vous?
CÉSAR
Vous me demandez cela comme si c'était chose facile a répondre...
FULVIE
Vous n'avez donc pas encore pris de décision ?
CÉSAR
Je l'avoue.
FULVIE
Voici une lettre qui vous tirera d'embarras.
CÉSAR
Une lettre... de qui?
Voyez.
CÉSAR
De Servilie ?
FULVIE
Je crois que oui.
CÉSAR
Et de qui tenez-vous cette lettre?
FULVIE
De Cicéron.
CÉSAR
Qui la tenait ?
FULVIE
De Caton.
CÉSAR
De Caton!... (77 lit.) « Dans ma famille, on aime la vertu... Si » vous laissez Catilina devenir consul, ne vous présentez plus » chez moi... Si vous faites nommer Cicéron, venez ce soir, que » je vous remercie.
» Servilie. »
Oh! rigide Caton... voilà donc pourquoi tu m'as fait sortir cette nuit par la fenêtre de ta sœur, tandis que tu entrais, toi, par la porte! C'en est fait, le sort en est jeté, je me décide pour
122 CÀilLLNA.
la vertu... Oui, mais le vice nr égorgera... et, si le vice m'égorge, je ne souperai pas ce soir chez la vertu.
Eh bien?
césar, à lui-même.
Mais voyons... peut-être y a-t-il moyen de tout concilier.
FULVIE
Dépêchez-vous, César... Voilà les amis de Catiliua, et Curius avec eux.
CÉSAR
Ma chère Fulvie, il est impossible que vous veuillez mon malheur... et mon malheur est immense si je ne revois pas Servilie.
FULVIE
Rassurez-vous. César; je ne veux pas votre malheur.
CÉSAR
Vous ne voulez pas ma mort non plus, n'est-ce pas, Fulvie?... et ma mort est sûre si je ne vote pas pour Catilina.
FULVIE
Je ne veux pas votre mort.
CÉSAR
Alors, ne perdez pas une parole de tout ce qui va se dire... Comprenez à demi-mot, et tirez-moi d'embarras. Les tablettes sont remises à Curius.
FULVIE
Si les tablettes sont remises à Curius, je réponds de tout.