PROLOGUE, TABLEAU
N1PHÉ.
Un homme dans le gynécée... profanation!
l'inconnu.
La vieille Xiphé... l'Argus thessalien... place, place!
NIPHÉ.
Qu'as-tu fait, misérable? (Elle le prend à la gorge.)
l'inconnu.
Place!
NIPHÉ.
Non; tu ne fuiras point. A l'aide! au secours !
l'inconnu.
Ne crie pas.
NIPHÉ.
C'est toi qui es le malheur, c'est toi qui es le crime. (Lui découvrant le visage.) C'est toi qui es Lucius Sergius Catilina. catilina.
Oh! malheur a toi puisque tu sais mon nom !
XIPHÉ.
Catilina!... Catilina!... au secours.
Te tairas-tu ?
NIPHÉ.
Catilina!... Catilina!... Catilina!...
catilina, la frappant de son poignard.
Eh! bien alors...
Ah ! (Elle chancelle.)
Lâche-moi.
NIPHÉ.
Oui, je te lâcherai, car la mort ouvre ma main. Mais si tu échappes a la justice des hommes, tu n'échapperas pas à la vengeance des dieux.
Soit. C'est une affaire entre Némésis et moi. Me lâcheras-tu ? niphé, se soulevant.
Catilina, tu as semé le sang criminel, tu as versé le sang innocent : par un crime tu as donné la mort, par un crime lu as donné la vie. Catilina, tout ce que l'avenir te garde de malheurs sortira de cette nuit... Catilina, gare au fils de la vestale. \Elle tombe.)
Garo au fils de la vestale?... une vestale no devient pas mère,
20 CATILLNA.
ou lorsqu'elle devient mère on l'enterre avec son enfant!... le fils de la vestale n'est donc pas à craindre pour moi. Quant au sang innocent ou coupable, celui qui l'a versé n'a qu'à s'approcher d'une fontaine comme je le lais, l'eau lave le sang. (Il se lave les mains à la fontaine. Y fuit profonde.)