CÉTHÉGUS, TULLIE
TULLIE
Eh bien ! autour de moi lorsque je vous implore, Avec Catilina je vous retrouve encore ?
£11 vain, dans la pitié qui me parle pour vous,
A vous en détacher j'ai porté mon époux 5
Mes larmes , mes efforts n'ont rien pu sur votre âme ;
Vous ne connaissez plus les pleurs de votre femme.
Depuis que de vos goûts ce tyran détesté
Vous soumet à l'excès de son autorité ,
Du bonheur de nos nœuds l'immortelle tendresse
Ne vous arrête plus pour en goûter l'ivresse 5
Dans votre empressement vous ne me cherchez plus;
L'ennemi qui corrompt jusques à vos vertus ,
Sans estimer le bien dont lui-même il me prive,
Au mépris de mes droits tout entier vous captive.
Ah ! vous renoncerez au penchant réprouvé
Du cruel ennemi sur ma perte élevé -,
Céthégus, à lui-même abandonnez un traître.
Que dites- vous, ô ciel ! puis-je le reconnaître,
Aux traits que votre haine ose se figurer i*
Moi, de Catilina vouloir me séparer !
Que j'immole des nœuds d'une telle importance
Aux soupçons odieux de votre défiance !
Mais de ce sacrifice avant de me parler,
Savcz-vous quels devoirs je lui peux immoler ?
Je vous aime , et vous plaire est mon unique envie ,
En dépit des soupçons dont ma flamme est suivie.
Mais réduit au besoin de violer ma foi
Ou de trahir l'ami qui s'abandonne à moi ,
S'il faut entre vous deux que mon Ame incertaine
Ne cède à l'amitié qu'en méritant la haine ,