‹ CatilinaChapitre 28 sur 61 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

TULLIE, seule.

J 'ai surpris leurs secrets que j'avais ëpies; Mes yeux de tant d'horreurs sont encore effrayes. Le sénat égorgé , Cicéron , Rome entière ! Céthégus.... Le cruel, il leur livrait mon père! Au moins, il vit encore 5 il peut veiller sur lui Parmi les conjurés dont il s'est fait l'appui. Mon père, sans songer au sujet qui m'attire. N'est point dans sa maison où je n'ai pu l'instruire j Je l'attends en ces lieux où pour se réunir Avec nos sénateurs il doit , dit-on , venir. Dieux! qui voyez pour vous, pour le salut de Rome, Quel est le meurtrier qu'il faut que je lui nomme, Faites que je le cache à son juste courroux, Et ne lui nomme pas le nom de mon époux : Pour tant de flots taris de ce sang que j'arrête, Ce n'est pas trop du sang que ma pitié rachète I

Eh bien ! de Cicéron , parle , quel est le sort ?

AFER

Pour m'approcher de lui j'ai fait un vain efTort. En vain, dans la fureur où je me détermine , Je lui portais le coup que ma main lui destine. Il n'était plus chez lui lorsque j'y suis couru; Mais Tullie en sortait à ce qui m'a paru , Qui , de tous nos desseins chez son époux instruite, Le venait informer des pièges qu'on médite. Furieuse à la fois qu'on la pût prévenir, Honteuse du dessein quelle n'a pu remplir, Elle jetait sur moi les regards de la haine, Et semblait deviner le sujet qui m'amène.

Avant qu'elle le voie il la faut arrêter.

Et des yeux du consul songer à l'écarter.

Le sénat, rassemblé par cet indigne maître,

Attend que devant lui je m'abaisse à paraître;

Et tout serait perdu, si Tullie avec moi

Pouvait de mes discours y démentir la foi.

Je sais pour l'éloigner quel parti je dois suivre.

Toi.... Mais son père vient que le hasard nous livre.

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