‹ CatilinaChapitre 30 sur 61 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Mais de votre intérêt trop iaiblcmeiit troublé, Votre cœur, je le vois, n'en peut être ébranlé. 3 e viens sauver l'état !

GICÉRON.

Que dis-tu , malheureuse ?

Ail ! parle -, et du pardon si la voix généreuse Après ta honte encor peut laver ton forfait. Faut-il d'un prix plus grand payer un tel bienfait? Je puis tout pardonner.

TULLIE

J'attends une autre grâce.

De toutes ses horreurs le sort qui me menace Avec des criminels peut placer mon époux Dans un parti rebelle animé contre vous ; Et vous ne voulez pas qu'à ce prix magnanime, Je me couvre d'un sang que ma tendresse opprime? Céthégus obtiendrait le pardon de ses torts ?

GICÉRON.

Sans doute il l'obtiendrait gagné par vos remords.

TULLIE

Vous le donnez à Rome ; oui , vous lui faites grâce ^ Et quand mon époux vit, non, rien ne la menace. Seigneur, contre le jour qu'on vous laisse à regret On vient chez Céthégus de tramer en secret.

GICÉRON.

Chez votre époux ! chez lui !

4o CATILINA.

TULLIE

Je ne dois rien vous taire Si vos jours me sont chers. Ce coupable émissaire, Ce traître aux mains de qui vous venez d'échapper, Était par ce complot chargé de vous frapper. L'horreur qui vous ôlait la lumière et la vie, Du massacre de Rome allait être suivie. On veut du même coup renverser le sénat , Et dans Rome embrasée ensevelir l'état.

Telle est des conjurés l'espérance et l'outrage 5 Entre Rome et vos jours leur fureur se partage 5 Sa perte en est le but , votre mort le signal; Votre heure est arrivée , ou c'est leur jour fatal.

CICÉRON

Et c'est de vous! ô ciel, qu'il faut que je l'apprenne î

Du péril des Romains j'en crois une Romaine ;

A peine ce projet transpire encor pour moi.

Ma fille du conssal en avertit l'effroi.

De quel repaire affreux, de quel séjour terrible

Apportez-vous ici cette lumière horrible ?

Avec les scélérats à qui le sort vous joint.

De leurs crimes encore infortuné témoin ,

Allez , puisqu'il le faut, à Rome encor fidèle,

Attendre qu'avec eux ma voix ne vous rappelle.

TULLIE

En quel asile , hélas ! avec qui me montrer ! Et qu'à regret de vous il me faut séparer ! Est-ce du ciel vengeur un avis qui m'éclaire ? Du ciel , n'en doutez pas , l'implacable colère

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