CICÉRON, CATON, CÉSAR
CICÉRON
Dans Rome , vainement berceau de vos vertus , Enfin la trahison ne se déguise plus,
Éê
César, Caton. La main qui contre vous conspire^ Dont les eflbrts ne vont qu'à renverser l'empire , Ici , blessant en moi l'honneur du consulat, Cherchait à s'en venger par un assassinat. Le ciel de mes bourreaux a trompé la vengeance , Sans me flatter pour vous de la même indulgence-, Si toutefois le sort me flatte d'éloigner Le coup que leur fureur ne saurait m'épargner. Mais loin de nous l'espoir, dont mon cœur se sépare , Qu'aucun de nous échappe auxhorreurs qu'onpréparel Ces murs, Rome, nos dieux vont être consumés Des feux que la fureur a dans l'ombre allumés. Femmes, enfans , vieillards qu'a respectés la guerre. Vont du sang qui l'épuisé inonder cette terre. Quel obstacle opposer au vaste embrasement De la sédition et de l'aveuglement?
Mais, Caton, avec vous je m'explique sans crainte Des maux dont avec moi je crois votre âme atleinle ; Votre cœur m'est connu , puis-je compter sur lui ? Dans nos malheurs encore êtes-vous notre appui ? La foi de tous les cœurs semble s'être bannie 5 On ne sait où placer son amitié trahie : Ce monstre , jusqu'ici honte du tribunal , La trahison respire au milieu du sénat.
GATON
Le farouche Caton n'a mérité sa rage
Que pour voir Cicéron me faire cet outrage ?
CÉSAR
Vous doutez de César ?