‹ CatilinaChapitre 53 sur 61 · UN SÉNATEUR · texte numérisé non relu

UN SÉNATEUR

Eh quoi ! vous l'ignorez I Quand d'une nuit d'horreurs Le sort nous semble à peine apaiser les fureurs ? Des feux de la discorde et du courroux céleste , Quand vous voyez d'ici Tembrasement funeste ?

m CATILINA.

I"]| (lue Rome, nuK revers s'oiivrant de tous côtés,

Ne se eouvreà nos ycii\ , dans s(\s mm s dévastés,

Que des débris du crime et de la violence

Qui de SCS ennemis ont lassé Tinsolence?

Sachez ce qn'on a fait , cl quel événement

Nous permet d'espérer un nouveau changement.

Sur Tavisdont les dieux viennent de nous instruire,

LépideetLentulus, ardens à nous détruire,

Ces conjurés hardis viennent d'être livrés

Aux fers que les cruels nous avaient préparés.

Le sénat se rassemble, et la ville calmée

De l'esprit de ses chefs se soutient animée -,

Cependant qu'échappé par des détours obscurs

Catilina, sorti de l'ombre de nos murs,

Au camp de Mallius a porté son audace ,

Et, plus fort en fuyant, nous brave et nous menace.

De là sa volonté semble encore inspirer

Des cœurs dans leur espoir trop prompts à s'égarer,

Et flatte en les trompant leurs vœux illégitimes.

De cet aveuglement vous voyez les victimes.

Evitons de leurs yeux le sombre désespoir.

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