‹ Causeries avec mes élèves (volume 4)Chapitre 30 sur 56 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Je lis. Soyez attentifs à ma prononciation» Après cela, nous lirons ensemble.

LE SPECTACLE DE l'UNIVERS.

Le spectacle du monde est admirable, et le monde est Touvrage de Dieu. C'est Dieu qui a créé toutes les choses : il a créé le soleil, qui est le flambeau des jours ; la lune, qui est le flambeau des nuits ; les étoiles qui brillent au firmament : il a créé l'homme et tous les animaux qui sont sur la terre, les quadrupèdes, les oiseaux, les insectes, avec leurs formes variées. Les montagnes, les vallées, les mers, les fleuves, les forêts avec leurs grands arbres, les plantes, les arbrisseaux, sont aussi l'œuvre de Dieu. L'univers est comme un grand temple, et ce temple est la demeure de Dieu.

L'univers célèbre la gloire de Dieu. La splendeur du ciel et des astres, l'inégalité des jours et des nuits, la variété infinie des, animaux, des arbres, des plantes et des fleurs, la verte parure des" prairies, la profoiideur des mers, la hauteur des montagnes, attestent la puissance du Créateur. L'étoile qui brille au-dessus de nos têtes, le nuage qui parcourt les airs, le vent qui souffle, le lion qui rugit, l'oiseau qui chante, l'insecte qui bourdonne, tout dans l'univers annonce la gloire du Créateur. Dieu est partout ; il est immense, infini, tout-puissant, et toutes ses œuvres sont admirables.

Comprenez -vous ? — Très-bien, c'est facile. — Voyezvous que vous comprenez le livre la première fois que vous

I ouvrez. — C'est bien agréable. — N'est-ce pas ? — Je ne comprends pas les fleuves^ monsieur, ni la 'parure des prairies^ ni le nuage, ni rugit, ni bourdonne ; mais je crois que je devine. — C'est assez pour le moment, mon ami ; la sœur de mademoiselle vous expliquera ces mots ce soir, si vous la voyez. — Je la vois tous les jours. — Vous êtes bien heureux.— Quelle différence y a-t-il entre un fleuve et une rivière ? — Le fleuve porte ses eaux à la mer ; la rivière porte les siennes dans un fleuve ou dans une autre rivière. — Ainsi le Mississippi est un fleuve ? — Oui, et l'Oliio est une rivière.

Avez-vous goûté l'harmonie de cette page ? — Oui : c'est une véritable musique.

Je vais vous interroger pour m'assurer que vous comprenez. Le monde est-il un spectacle? — Oui, le plus grand des spectacles. — Qui a fait le monde ? — Dieu. — Qu'a- t-il fait ? — Il a fait toutes les choses. Mais, monsieur,/«zVe est-il synonyme de créer'} — Créer c'est faire de rien. — Oui, Dieu a fait le monde de rien. — L'homme crée-t-il ? — Non, jamais ; il combine seulement. — Quand Dieu a-t-il créé le monde ? — Au commencement. — C'est très-bien. La création du monde fut-elle diflicile pour Dieu? — Rien n'est dlflâcile pour Dieu. — A-t-elle duré longtemps ? — On ne sait pas la durée des époques de la création. — Vous répondez bien, madame : je vous cède la parole, et vous prie de* poser quelques questions à notre petit jeune homme. — C'est bien difficile. — C'est indispensable : on ne parle pas avec des réponses seulement. — J'essaierai. ... Qui a créé le soleil, la lune, et les étoiles, et i homme? — C'est Dieu. — A-t-il créé l'homme avant ou après le soleil ? — Il a créé l'homme pour finir. — Où est lo soleil ? — Dans le ciel. — Et la lune ? — Aussi. — Sont-

ils au ciel en même temps ? — Non, certes. — Réfléchissez.

— La lune n'est pas au ciel le jour ; les étoiles non plus.

— Où sont-elles !^ — Je ne m'explique pas bien. — Expliquez-vous mieux. — Elles sont au ciel, mais on ne les voit pas. — Pourquoi ? — Je ne sais pas. — Quelle est la lumière la plus brillante, la plus puissante ? — C'est celle du soleil. — N'effacè-t-elle pas la lumière de la lune ? — Si. — Comprenez-vous pourquoi la lune est invisible le jour ? — Oui. — Pourquoi ne voyons-nous pas le soleil la nuit ? n'est-il pas au ciel? — Si. — Il y est, mais il éclaire l'autre hémisphère. — Vous pourriez me remplacer, madame ; je vous fais compliment. — Merci, monsieur. — Combien d'étoiles y a-t-il, mademoiselle ? — Elles sont innombrables. — Oui, leur nombre et leur grandeur, et leur éloignement épouvantent l'imagination. Le champ de l'espace est immense pour tous, excepté pour son auteur. L'homme ne peut pas le mesurer. La science a beau augmenter la force du télescope, elle n'arrive pas, et n'arrivera jamais au bojit de cet espace peuplé de mondes sans nombre. Dieu a sërHe'îês mondes et la vie comme la poussière. Je dis la vie, car dans tous ces mondes les êtres vivants pullulent comme sur cette terre. La vie est partout, la mort nulle part : ce que les hommes appellent mort n'est qu'une transformation qui s'opère sous l'œil de Dieu. Voulezvous me permettre de vous ouvrir Pascal ? Aucun génie n'a parlé de Dieu comme lui. — Pascal est-il le plus grand des génies? — Je crois que oui. — Est-il possible pour nous de comprendre son livre des Pensées ? — Je ne sais pas ; nous allons voir. En lisant, je passerai ou remplacerai les expressions trop difficiles. . . . Mais il est onze heures, mesdames ; nous aurons Pascal demain.

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