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<iCI M'ONT INSPIRÉ CE LIVkK
Le livre que je publie aujourd'hui m'a été demandé souvent par mes élèves. Il leur est dédié comme un souvenir de nos chers entretiens. Elles étaient devant mes yeux pendant que j'écrivais, et je les ai entendues me répondre et m'interroger. Aussi est-ce à peine un livre ; là est son caractère et sa valeur. Ce n'est rien qu'une simple conversation vivement jetée sur le papier, et qui a presque gardé son geste. Mes élèves me verront en le lisant comme je les ai vues en le composant. J'y cause uniquement avec cette petite société, charmante et d'élite, curieuse de tout savoir dans le monde des idées, des choses, et de la littérature. Les personnes qui l'emploieront pour l'étude du français y apprendront une langue riche et variée, en même temps qu'elles cultiveront leur esprit et élèveront leur pensée.
Si je ne me fais pas illusion, mon travail répond à un besoin réel, et est appelé à devenir un jour le
manuel des écoles. Les étrangers qui étudient le français demandent à parler. Ce livre, et nul autre, conduit à ce résultat. Les professeurs de Harvard, après ceux de Yale, ont apprécié le système qu'il reproduit et Pont reconnu supérieur à tout autre. C'était déjà le jugement de Montaigne, voilà trois siècles.
Le livre est neuf et original : comme mes leçons, il enseigne la langue sans grammaire ni dictionnaire ; commes elles aussi, il parle français dès la première heure et ne prononce pas un mot d'anglais.
Il est destiné à mes élèves et à tous ceux qui enseignent et qui étudient ma langue ; il ne s'adresse pas moins aux personnes curieuses de savoir : elles y trouveront tout un monde de choses et d'idées. La table analytique qui le termine en présente un tableau frappant.
Malgré l'apparence, il y a dans le livre un ordre parfait et une chaîne jamais brisée. Aussi je prie mes lecteurs de commencer à la première page ; j'ai confiance qu'ils ne s'arrêteront pas avant la fin.
Comme le livre est nouveau, je le fais accom pagner d'une brochure traduite en anglais sous mes yeux. Elle explique comment il faut l'employer dans les classes.
Si ce double travail contribue à relever l'en seignemert des langues, à le fair» sortir de sa
déplorable routine, je serai assez payé pour mes efforts, et heureux d'avoir accompli une œuvre utile.
Boston, le 15 juillet 1874.