LA FIGURE
La voilà. C'est la partie antérieure de la tête où sont le front, les yeux, le nez, la bouche, le menton, et les joues. Dit-on toujours figure en français pour cette partie de la tête ? — Je ne sais pas, monsieur. — Non, on dit souvent visage, et quelquefois face. — Est-ce indifférent comment dire? — Non, madame, il n'y a pas de synonymes dans les langues, rigoureusement parlant. Il n'y a jamais qu'un terme propre. — Il est donc bien difficile
de parler et d'écrire parfaitement. — Sans doute : c est le secret des maîtres, des grands écrivains. Défiez- vous de la langue des journaux à deux sous. — Le visage n'estril pas la figure? — Pas précisément. La définition que je vous ai donnée pour la figure, M. Littré la donne pour le visage. C'est une erreur, je pense. — M. Littré se trompet— il quelquefois ? — Oh ! bien rarement, c'est comme Tht Nation, mais examinons.
La figure est la forme, l'ensemble des traits de cette partie antérieure de la tête. C'est quelque chose de matériel. Cette forme est plus ou moins belle, plus ou moins régulière. Avez-vous entendu parler du duc de Buckingham, mademoiselle? — Oui, beaucoup. — H était beau, n'est-ce pas ? — Oui, il avait une belle figure. — Et Mirabeau ? — Il est célèbre pour son éloquence. — Oui, cela vaut mieux qu'une belle figure ; la sienne était laide au superlatif. Mme de Staël dit qu'elle n'avait pas la figure belle ; mais elle m'aimait pas que les autres le disent. La femme veut être belle avant tout. Pardonnez-moi, mesdames. Ce n'est pas une critique. La beauté est divine, disaient les Grecs, ©t le charme aussi. Laissez-moi vous lire une petite fable : j'ai confiance que vous serez char née*