SGANARELLE, MM. TOMES, DES FONANDRÈS
MACROTON, BAHYS.
SGANARELLE
Messieurs, l'oppression de ma fille augmente, je vous prie de me dire vite ce que vous avez résolu.
ET LITTERAIRES il
M. TOMES, à M. des Fonandrès.
Allons, monsieur.
M. DES FONANDRÈS.
Non, monsieur, parlez, s'il vous plaît.
M. TOMÈS.
Vous, vous moquez.
M. D£8 FONANDRÈS.
Je ne parlerai pas le premier.
M. TOMÈS.
Monsieur...
M. DES FONANDRÈS.
Monsieur...
SGANARELLE. '
Hé I de grâce, messieurs, laissez toutes ces cérémonies et songez que les choses pressent.
(Us parlent tous quatre à la foù,)
M, TOMÈS.
La maladie de votre fille...
M. DES FONANDRÈS»
L'avis de tous ces messieurs tous ensemble...
M. MACROTON, bégayant.
A-près a-voir bien con-sul-té... ,
12 CAUSERIES UISTORIQUES
M. BAYS.
Pour raisonner
SGANARELLE, les interrompant.
Hé 1 messieurs, parlez Tun après l'autre, de grâce I
M. TOMES
Monsieur, nous avons raisonné sur la mafetdie de votre fille, et mon avis, à moi, est que cela procède d'une grande chaleur de sang; ainsi je conclus à la saignée le plus tôt que vous pourrez.
M. DES FONANDRÈS.
Et moi, je dis que la maladie est une pourriture d'humeur causée par une trop grande réplélion ; ainsi je conclus à lui donner de l'émétique.
M. TOMÈS.
Je soutiens que Témétique la tuera.
M. DES FONANDRÈS.
Et moi, que la saignée la fera mourir.
M. TOMÈS.
C'est bien à vous de faire l'habile homme I
M. DES FONANDRÈS.
Oui, c'est à moi, et je vous prêterai le collet en tout genre d'érudition;
M. TOMES
Souvenez-vous de rhomme que vous fîtes crever ces jours passés.
M. DE FONANDRÈS.
Souvenez-vous de la dame que vous avez envoyée dans l'autre monde, il y a trois jours.
M. TOMÈs, à Sganarelle.
Je vous ai dit mon avis.
H. DES FONANDRÈS, à SçuonareUe.
Je vous ai dit ma pensée.
M. TOMES
Si VOUS ne faites saigner tout à l'heure votre fille, c'est une personne morte. {Il sort.)
M. DES FONANDRÈS.
Si VOUS la faites saigner, elle ne sera pas en vie dans un quart d'heure. {Il sort.)