‹ Causeries psychologiquesChapitre 2 sur 2 · IÔ · texte numérisé non relu

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aucun. Il ignore les gestes qu'il exécute. Une expérience analogue permet de faire répondre par écrit à des questions faciles. On pousse un crayon dans la main du sujet, en détournant son attention de cette main ; les doigts serrent le crayon sans s'en apercevoir. On place la main armée du crayon sur une table couverte de papier blanc. On pose une question à voix basse : « Quel âge avez-vous ?» — La main écrit la réponse. ■ — Les questions se succèdent, provoquant des réponses correctes, parfaitement sensées, pendant que l'attention se porte sur tout autre chose. Jamais le sujet ne peut croire que c'est lui qui a écrit les réponses obtenues sans le concours de sa volonté.

Il est oiseux de rappeler que l'on peut écrire sous la dictée, et cela pendant des heures, sans retenir ce que l'on a écrit.

Un dédoublement psychologique d'ordre inférieur se produit chez ceux qui font à la fois un travail mécanique habituel et un travail intellectuel ; chez les personnes qui lisent en tricotant, ou en jouant leurs gammes. L'attention se divise, se portant en très faible partie sur l'occupation habituelle, assez

pour en assurer la régularité; en très grande

parti.-, sur Le travail d'acquisition întell

tuelle.

Tout homme attentil ou, ce qui revient au même, tout homme distrait, est sur la pente qui mène lu dé loublement la

distraction de la conscience résulte de l'attention active volontairement portée sur d phénomènes choisis, ou qu'elle soit provoquée réflexement par une stimulation extraordinaire, une émotion exagérée; toujours les représentations demeurées dans l'ombre semblent ne plus faire partie intégrante de notre moi ; les mouvements qui s'ensuivent sont difficilement reconnus comme nôtres.

Conclusion.

Nous avons tâche, dans cette sommaire esquisse, de mettre en relief les liens qui unissent certains, états psychopathiques définis à l'état normal: La conclusion qui se dégage de ce rapide examen, est qu'on

ne saurait, sans inconvénient, s'abandonner à certains états d'esprit inoffensifs en apparence, mais qui, répétés, mènent à la longue à des formes morbides. « Ne vous amollissez pas par la rêverie ; réfléchissez avant d'agir ; ne vous absorbez pas dans une préoccupation unique. » Voilà des préceptes qui s'imposent, si l'on veut garder intacte et libre l'activité de son esprit. Principiis obsta.

La Bibliothèque Université d'Ottawa

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