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Causeries sur les femmes et les livres

Une préface est toujours un pou embarrassante; car l’auteur se croit obligé d’y parler de lui-même. Or, il lui est également difficile d’avouer ou les reproches ou les joies périlleuses de sa conscience littéraire.

Aussi ai-je été fort tenté de me dérober à celte formalité.

Mais ce silence ne serait-il pas un irianque d’égards envers les grandes et belles dames que je me permets de présenter au publie? Puisque je les expose à la curiosité des passants, puisque je les a [fiche derrière la vitrine des libraires, c’est bien le moins que je leur offre le bras pour leur servir

d'introducteur, el solliciter en leur nom la laveur d’une bienveillance à laquelle je suis personnellement intéressé.

Résignons-nous donc à dire un mot de ce livre.

La plupart des éludes qu’il contient ont déjà vu le jour; mais il est vraisemblable qu’elles sont assez oubliées pour avoir quelque chance de paraître nouvelles.

Quant à l’idée de les réunir, je ne m'en excuse pas. Ce serait de l’ingratitude envers les lecteurs et les juges sympathiques qui ont bien voulu conduire assez lestement vers leur seconde édition deux volumes où j’avais rapproché des pages choisies parmi des articles de journaux et de revues'.

Ce recueil se divise en deux parties.

La première est une galerie de femmes célèbres dont les noms représentent ou les exceptions éclatantes de l’ambition politique, ou les mœurs des temps évanouis, ou des types qui ne meurent pas, comme l’innocence, la vertu, la piété, la dévotion, le bel esprit, la pruderie, la galanterie, L’amour, la

« Les Réalistes et les Fantaisistes, ‘2*êd., Didier, 1805. - Foi traits d'hier et d'auüounl'hvi , AI tiques Pt Humoristes, *2* rd., Didier, 1804.

P ISEFACF.

ni

passion, le repentir. H y a là des ligures que nous ne reverrons plus; mais il en est d’autres quîfvous croirez reconnaître, et qui vivent auprès de vous. Je suis sûr, par exemple, qu’Eugénie de Guérin a beaucoup de sœurs ignorées, et leur suffrage ne me serait pas indifférent.

Car il est inutile d’ajouter que ce livre n’a rien de commun avec ce marivaudage voluptueux dont la rhétorique couronne de Heurs les reines de la main gauche ou met des mouches et du fard à la Muse sévére de l’Histoire. A plus forte raison ne faudrait-il pas chercher ici ces analyses indiscrèles qui déchirent tous les voiles, et substituent à l’expression morale d’une physionomie la cruauté d’une vivisection anatomique. Mais je n’insiste pas. C’est vraiment un trop mince mérite que d'avoir toujours le respect de soi-méme et des autres.

Les portraits que j’esquisse ont déjà tenté bien des plumes; mais à tort ou à raison, je me suis persuadé qu’il y a toujours des découvertes à faire dans une âme humaine et surtout féminine : nul ne saurait se vanter d’avoir dit le dernier mot sur ces sujets inépuisables : ils ont la fleur des choses nouvelles, et semblent ne jamais lasser la curiosité

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