‹ Causes celebres du droit des gens (volume 5)Chapitre 4 sur 123 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

encore en fournir des exemples, ainsi que la tentative formée à deux époques différentes d'établir un nouveau droit des gens maritime en temps de guerre. La reconnaissance d'un nouveau dogme du droit des gens, consacré, dans notre siècle, aux congrès de Troppau, de Laj bach et de Vérone, le droit d'intervention armée ^ a déjà été suivi de deux levées de boucliers contre Naples et contre le Piémont; d'autres raisons politiques enfin, d'un intérêt réel, avoué et apprécié, ont encore armé les peuples. Ces grands événemens, ces grands et sanglans épisodes de la vie du corps social politique, appartiennent au burin de l'histoire, plutôt qu'ils ne sont du domaine du droit public; ils nous restent étrangers.

Ces froissemens du droit des gens, ces violations partielles et isolées des règles et des principes reconnus, au moins tacitement, par les cabinets , admis ou repoussées par un grand nombre de publicistes ; ces différends, nés de la manière d'étencke, de restreindre, d'appliquer, de respecter les usages et les coutumes observées généralement entre les cours; différends qui ont donné lieu à des négociations longues et ardues, et dont l'exemple

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put servir crantécédent pour la décision de cas semblables; différends, qui ont interrompu les relations amicales qui existaient entre les gouvernemens, et qui souvent même ont eu des résultats funestes et désastreux ; tels sont les objets que nous nous proposons de traiter dans cet ouvrage. Peut-être l'avenir nous démontrera -t-il la nécessité d'étendre le cercle des Causes célèbres DU DROIT DES GE>S, et de faire quelques excursions sm^ le domaine de l'histoire générale.

Le premier publiciste peut-être qui conçut l'idée de réunir dans un seul cadre des événemens politiques amenés par les diverses causes que nous venons d'énoncer, fut M. George Frédéric de Martens, mort en 1821, ministre de S. M. le roi d'Hanovre à la diète de la confédéra tion germanique. Il publia dans les années 1800 et 1802, un ouvrage en £ vols, in 4^°, portant poiu* titre

^^Erzàïdiingen merhwHrdiger Fàlle des neuern Europàischen VoIherrecJits" (Relation de quelques événemens remarquables relatifs au droit des gens moderne de l'Europe.)

Mais ce livre écrit en allemand et peu ré-

XVI AVANT-PUOPOS.

pandii, n'offre souvent que l'esquisse des faits, puisqu'il n'était destiné qu'à faciliter aux jeunesgens, par des exemples, l'intelligence des principes du droit des gens que l'auteur professait à l'université de Gottingue.

Nous avons cru pouvoir nous approprier la pensée de M. de Martens; nous avons estimé, qu'un ouvrage plus étendu que celui qui nous a donné la première idée du recueil des Causes célèbres^ pourrait être d'une grande utilité pour l'agent diplomatique qui, par ses fonctions se trouvant exposé dans sa personne k des violations d'immunités qui lui appartiennent, ou placé dans la nécessité de repousser les violations commises contre sa personne, ou contre la personne et les droits d'un agent diplomatique d'une autre cour, peut avoir besoin de guider son inexpérience, pu de soutenir ses raisonncmens par des citations de précédens, qui ont presque toujours plus de poids sur l'esprit des hommes que les ratsonnemens les plus forts en logique.

Nous ne nous flattons pas d'avoir entièrement atteint ce but. Les deux volumes que nous publions aujourd'hui ne comprennent même qu'un

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certain nombre de Causes célèbres du droit des gens ; mais le choix que nous avons fait en partie dans le recueil de M. de Martens même, offre des cas de diverse nature; — Pavillon non respecté^ — ambassadeur arrêté^ — hôtel de ministre étranger forcée — droit d'asile méconnu, — ^j»55^j9orfs refusés à un ministre étranger, — droit de repressailles exercé, — satisfaction donnée à un ministre étranger, — 'ininistre étranger renvoyé de la cour auprès de laquelle il était accrédité, etc.

L'indulgence du public pour ce premier essai, nous engagerait à lui donner une suite en publiant de Nouvelles Causes Célèbres, pour lesquelles on a bien voulu nous fournir déjà des matériaux très -précieux. Nous avons d'autant plus besoin de la bienveillance du public, que nous sentons parfaitement, que le nom d'un publiciste célèbre, au lieu de nous prêter un appui, rend au conf traire les lecteurs plus exigeans envers celui qui s'annonce comme son continuateur. Ce n'est point une vaine formule derrière laquelle se réfugie l'amour -propre. L'on éprouve le besoin, et l'on sent la nécessité de réclamer l'indulgence des hommes éclairés, quand on porte le nom d'un

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