Toscane j Provence , Languedoc
En Toscane , à la suite de la guerre avec Fempereur Charles IV, et de pluies continuelles.
En Provence. Il y a probablement eu dans cette province un rassemblement de troupes pour s’opposer aux entreprises de Louis-le- Grand, roi de Hongrie, qui se concertait avec Charles V, roi de France, pour la revendiquer contre Jeanne Iere.
En Languedoc. Ce pays faisait partie du théâtre de la guerre avec les Anglais. Ceuxci, étant poursuivis par Duguesclin, de Troyes à Bordeaux , ont dû passer par le Languedoc et y causer beaucoup de dégâts ; eux-mêmes ont été réduits de trente mille à six mille. 1077. Venise et Gênes.
Guerre opiniâtre et très-désastreuse entre ces deux républiques.
i38o. Allemagne .
Sous l’empereur Wenceslas qui fut débauché , cruel , qui exerça de grandes vexations sur le peuple ; ligue contre lui ; tempêtes extraordinaires (1).
(1) Papou,
x8g Notices historiques .
i38i et i383. Bologne et Florence .
Troubles dès Tannée ligue entre les
Florentins, les Napolitains, le duc de Milan, les Lucquois et les Siermois pour s’opposer aux entreprises du légat de Bologne qui voulait empiéter sur le territoire des Florentins»
i386. France j particulièrement MontpeF lier et quelques autres lieux.
Guerre dans le cœur de la France avec les Anglais , venus jusqu’aux portes de Paris au nombre de cent mille hommes; cette armée ravageait tout. Montpellier appartenait alors à D. Joyne II, roi de Majorque , qui a dû Taccabler de levées pour soutenir la guerre qu’il avait avec le roi d’Aragon (i).
i3go. Gènes et Provence .
Gènes. Longue guerre avec les Vénitiens , soulèvements frequents, depuis i334> contre le doge.
Provence. Troubles sous Louis II ^ roi de Naples , qui en était comte; expédition de ce prince contre le royaume de Naples.
Un historien moderne (2) dit à l’occasion de cette épidémie , qu’il était impossible que la peste fût dans Tune de ces contrées sans
(x) Astruc, Mézerai, Gui de Chauliac.
(2) Papon.
Notices historiques. ïSï
passer bientôt dans l’autre. Ce qui a été ex* posé fait voir quelles en ont été les causes dans les différents pays.
2 3(j ï . A llemagne.
Sousd’empereur Wenceslas ou Wencesîaus, continuation des vexations de ce prince ; soulèvement des peuples contre lui ; d’ailleurs grandes pluies , inondations et famine dans la Thuringe et dans plusieurs autres endroits de
P Allemagne (i).
i3gg, Lombardie.
Longues guerres entre Jean Galéas Visconti et ses voisins» De 1397 à 1398, il perd deux batailles ; ensuite, nouvelles levées qui occasionèrent sans doute une surcharge d’impôts, conjointement avec le paiement de Pise , que ce prince avait acheté de Gérard d’Oppiano.
i/joo. Florence et plusieurs autres villes
cV Italie.
Guerre entre le duc de Ferrare et les Florentins.
En trouvant toujours des causes aussi puissantes, on a lieu d’être surpris delà remarque d’un historien, Papou, qui, à l'occasion de cette épidémie, attribue le retour fréquent de
(1) Papon.
ï8'i Notices historiques .
la peste à la contagion introduite par le défaut de police ; on doit l’être d’autant plus que cet auteur veut parler de réglements subversifs.
14^7. Angleterre.
Beaucoup de troubles dans cette île , sous Henri IV, depuis i4oo. Guerre avec les Ècos* saisies Gallois, les comtes de Northumberland et de la Marche.
i4i5. Espagne j armée anglaise en Normandie.
Papou dit qu’elle a été apportée de l’Italie par des bardes , des marchandises , ou des personnes pestiférées (1) , mais on ne parle pas de la manière dont elle est venue dans cette contrée ; et Papon lui-même observe , dans un autre endroit de son ouvrage, que souvent la peste a eu lieu en Europe dans un temps où il n’y avait aucune communication entre cette partie du monde et l’Orient. On va juger de ce qui a pu la faire naître en Espagne. La guerre y régnait entre Ferdinand, roi d’Aragon, et le comte d’Urgel , qui s’était révolté contre lui en 1 4 1 3 5 en outre , guerre continuelle avec les Maures; dans cette guerre , plusieurs villes soutiennent de longs sièges.
(i) Papon, de la Peste, à l’mtraduction.
Notices historiques.
Armée anglaise en Normandie *
Disette et fatigues (1).
1418. Paris .
Massacres dans cette ville , et autres calamités occasionées par la guerre civile qui régnait depuis plusieurs années ; de plus, guerre avec les Anglais ; 8000 personnes périrent en trois mois.
1427. Bologne.
Suites des guerres presque continuelles en Italie.
1428. Borne .
Même cause, et, de plus, chaleurs excessives après un hiver fort doux (2).
i436. Portugal .
Expédition très-malheureuse contre Tanger.
De i4^7 France , Angleterre , Italie , « i43q. Bâle.
France sous Charles VII.
Les Anglais chassés de Paris, ravages de tous côtés, terres en friche, horrible famine, désordre , oubli de toutes les mesures de sa»
(1) Mézerai.
(2) Papon.
l84 Notices historiques,
lubrité, tableau affreux, de la France par Jean de Serres.
Angleterre. Les Anglais étaient épuisés par les efforts memes qu’ils faisaient pour ravager la France • revers et pertes successives qu’ils, éprouvent , famine comme en France.
Italie. Continuation de la guerre par AL plionse , roi d Aragon , pour la conquête du royaume de Naples sur René d’Anjou. Autre guerre entre Philippe-Marie, duc de Milan, et les Vénitiens ; famine , marais desséchés.
Baie. Guerre et famine également (1^.
1448. Une grande partie de l'Europe i45o. particulièrement te Milanais et Paris. ‘
IJC Milanais était depuis long-temps le théâtre de guerres sanglantes, lorsqu'on 1445 il s’en éleva une nouvelle entre le duc Phi-, lippe-Marie , le pape et le roi de Naples d’une part, et François Sforce et les Vénitiens d’une autre. Celte guerre dura jusqu’en 1447. Elle était à peine terminée qu’il en survint, une nouvelle , qui a été de même très-opiniâtre „ enüe les Milanais, qui avaient adopté le gouvernement républicain , et les Vénitiens,
(1) Papon.
Notices historiques. 1 85
En France , reprise des hostilités contre les Anglais , qui ont rompu une trêve conclue avec elle ; désespoir produit par les idées naissantes de la contagion (i).
En Allemagne , guerre entre Frédéric II ,
électeur de Saxe , et son frère Guillaume.
Troubles en Bohême et dans le reste de F Allemagne. En Angleterre , agitation des esprits, rassemblements de troupes pour soutenir les prétentions que Ton avait sur ]a France.
Malgré l’existence de tant de causes évidentes, suivant Fernel, entre autres, cette peste n’eut aucune cause connue ; mais cet auteur célèbre n’en reconnaît pas non plus pour les épidémies qui ont eu lieu du temps de Marc- Antoine , où une grande partie de l’univers était en agitation et en armes.
j 456. Italie , Denise particulièrement.
Pluies et ouragans extraordinaires ( 2 ) , guerre entre François Sforce, duc de Milan, et les Vénitiens, de i45'i à i45>4> et depuis longtemps avec Alphonse , roi d’Aragon • autres guerres encore auparavant qui ont dû amener de grandes calamités.
(1) Quercetan.
(2) Papon.
i86 Notices historiques .
î 460. A llemagne , e/z beaucoup de lieux
de cette vaste contrée .
Guerre entre Louis de Bavière, l’empereur Frédéric III et Albert de Brandebourg. Siège de Donavert, tremblements de terre.
i466. Paris .
Vents du midi qui avaient régné pendant long-temps , guerre civile depuis i463, siège de Paris , qui a duré trois mois , troupes nombreuses sur pied. La France était déjà épuisée par les guerres précédentes r sous Charles VII (1).
i473 et 1475. Italie .
Famine (2) , tyrannie de Galéas- Marie
Sforce , duc de Milan, débauché et cruel j troubles en Savoie.
1476. Italie, Rome particuliérement; Mar -
seille.
En Italie , longues pluies , tempêtes et
inondations, invasion des Turcs (3). Pendant un an ils mettent tout à feu et à sang. Levées d’hommes et d’argent contre ces peuples dans les états romains par Sixte V.
(1) Mézerai.
(2) Papou. (3) Papou.
Notices historiques. 187
Quant à Marseille , les comtes de Provence avaient eu de longues guerres à soutenir.
1478. Italie ; Florence particulièrement.
Guerre en Toscane cette même année. Ligue du pape avec Ferdinand , roi de Naples , et le duc d’Urbin, contre les Florentins, soutenus de Louis XI, roi de France, des Milanais, des Vénitiens, du duc deFerrare et du seigneur de Rimini. Nuées de sauterelles, que devaitattirer de temps en temps, suivant un historien (1), un pays peu cultivé après tant de dévastations, et où des matières putréfiées et des eaux stagnantes couvraient la moitié du sol. L’année précédente les chaleurs avaient été excessives ; on assure que des fleuves ont été desséchés.
1480. Rhodes.
Siège de cette ville par Farinée turque qui était de cent mille hommes, outre une flotte de cent soixante vaisseaux. Gette armée dut , dit-on, porter avec soi la peste dans File, puisque c’est de là qu’elle fut apportée la même année en France (2).
Par ce qui vient d’être dit, on reconnaît sans doute assez la vraie cause de l’épidémie de
(1) Papon.
(a) Asttuc.
1 Notices historiques.
Rhodes; quant à celle de France, on sait de meme combien les peuples ont eu à souffrir t-ans ce même temps , sous Louis XI , par des guerres continuelles intestines et étrangères; alors on en soutenait une contre l’empereur Maximilien.
i4§5- Italie , Milan ■particulièrement.
De 1480 a 1483 , ligue de Laurent de Médtcis avec le roi de Naples, contre le duc de lorraine , venu en Italie pour disputer le royaume de Naples à Ferdinand. En 1482 , igue de Jean- Gale'as-Marie Sforce avec le toi de Naples et les Florentins contre les Vénitiens. En 1484, conjuration contrelui. Dans la même année , les Vénitiens sont contraints de rendre file de Céphalonie aux Turcs (1).
3 86- A nglc terre.
Lu ijf8J, conjuration contre Richard III • en M80, guerre civile; Henri , comte de Richemont, passe en Angleterre avec un secours d’hommes et d’argent qu’il avait reçu
’ e Gharles VIIIj roi de France; il gagne une Jatadle sur Richard, qui y est tué, et dont ensuite il occupe le trône; en i486, nouveaux troubles sous Henri VH.
{»} Papou,
Notices historiques . 189
îigS. Naples .
Conquête de ce royaume par Charles VIII. La contagion et la famine , dit Papou , entrèrent à Naples avec Farinée française. Pourquoi placer encore ici la contagion? N’est-ce pas assez de la guerre et de la famine ?
1499. Armée des Florentins campée devant
Pise entre la mer et la ville ; eaux stagnantes , marais (1).
1500. Italie .
De i494 à i 249Ô> troupes françaises dans ce pays pour la conquête du royaume de Naples. De i499 à ^00, autre expédition sous Louis VII 5 pour la conquête du Milanais. Les calamités de la guerre ont été accompagnées d’intempéries , puisque les historiens parlent d’inondations (2).
i5o2 et Provence , et sur-tout a Aix et 'a i5o4 Marseille .
Expédition malheureuse de Louis XII dans le royaume de Naples et autres points de l’Italie, de i5oi à i5o3. La Provence était trop voisine de l’Italie pour ne pas se ressentir des désastres de l’armée française.
(1) Facio , Parodoxe , p, ia3.
(2) Papon.
iqo Notices historiques .
i5og. La Carniole .
Levées, séjour et passage de troupes nombreuses dans ce pays , sous l’empereur Maximilien Ier , qui allait faire la guerre aux Vénitiens, conjointement avec le roi de France et le pape.
i5i5. si lie magne.
L’empereur Maximilien Ier avait eu des guerres presque continuelles et très -désastreuses depuis 1498? ces guerres eurent lieu d’abord contre la Bourgogne , et ensuite contre les Suisses qui battent ses troupes en huit combats différents , et contre les Vénitiens, les Français et plusieurs princes allemands.
iC)22. Une grande partie de V Italie , Rome
particulièrement.
Cette contrée a été le premier théâtre de la guere entre l’empereur Charles V et François Ier; cette guerre commença en iÙ2i , et, en 1022 , les Français perdent la bataille de Bicoque et le Milanais.
i5a5. Milanais , Gênes .
C’est précisément l’année de la bataille de Pavie, où François Ier fut fait prisonnier. Dégâts , encombrements, etc.; grand nombre
Notices historiques . ï g i
de cadavres laissés sans sépulture et tombés en putréfaction sur les bords du Pô et du Tessin(i). Intempéries, constitution australe. Les médecins de cette époque ne tenant aucun compte de toutes ces causes, attribuèrent, suivant Guichardin , l’épidémie qui régna dans Milan , et qui fit périr 5 0,000 âmes , à quatre lambeaux qu’on avait apportés de Biagrasse dans celte ville (2).
De iS'àj Italie ( particulièrement Rome , a 1 5 2 g . Nap les et Ven isé) , A ngle terre ,
Hongrie , Portugal , Hollande ,
, Allemagne.
Italie. Guerre depuis plusieurs années , notamment depuis i526, entre le pape, le roi de France, les Vénitiens et les Espagnols pour le duché de Milan. Beaucoup de dégâts, siège et pillage de plusieurs villes , et entre autres de Rome , qui a été pillée et ravagée pendant sept jours par les troupes impériales. « La peste sembla , dit Papon , joindre ses fureurs aux ravages que faisait l’armée du connétable de Bourbon. » A la même époque , expédition dans le royaume de Naples , faite par Lautrec à la tête de l’armée de la
(1) Papon.
(2) Facio, Paradoxes, p. io3 et 202.
*92 Notices historiques •
ligue formée contre l’empereur Charles-Quînt, entre le pape , les Vénitiens le roi d’Angleterre, les Suisses, les Florentins et François Ier. Siège de Naples , famine dans cette ville et dans le Pays de Venise , armée sans vivres et sans argent. Chaleurs excessives par - tout pendant cinq ans. En Hollande , inondations (1).
Angleterre. Sous Henri VIII , troubles , rassemblements de troupes pour soutenir la ligue.
Allemagne. Longs troubles à l’occasion de l’hérésie de Luther ; guerre dite des paysans , combat , siège et prise de Wuisperg et de plusieurs autres villes.
Hongrie. En 1029, ce royaume venait d’être ravagé par les Turcs qui avaient mis tout à feu et à sang; plus de 200,000 hommes avaient été égorgés ou emmenés en esclavage; La famine avait succédé à tant de désastres, et le choix d’un roi avait déjà occasioné de nouveaux troubles , lorsqu’une armée d’Autrichiens, de Bohémiens ou d’Allemands, pénétra dans cette contrée pour s’y livrer à des excès qui n’ont pu être égalés que par celle de Soliman , qui y revint pour en chasser les Autrichiens,
(1) Laurent Échard , Rapin - Thoiras , Bergati, Papon.
Notices historiques. Sg3
s-otis le prétexte de conserver la couronne à Jean de Zopola, élu roi en i5i6. Tout fut massacré à la prise de plusieurs villes, soldats, bourgeois , prêtres, vieillards, femmes et enfants. Les Turcs allèrent jusqu’à V ienne. Soliman , obligé de lever le siège de cette ville , ordonne à ses soldats de piller les bourgades et de ravager les campagnes ; à toutes ces calamités se joignit le déréglement des saisons. Rien ne venait à maturité, quantité d’insectes mangeaient les germes et les feuilles, d’où s’ensuivit une famine extrême. Montai! rapporte que d’après de telles intempéries , plusieurs médecins prédirent la peste (i).
i53i. Portugal.
Les Portugais éprouvent de grands revers en Afrique^ où les chaleurs propres au climat s’élevant à un degré extraordinaire , ajoutent à tous les autres maux d’une guerre lointaine.
i54o. Pologne.
Après de longues guerres avec les Russes , les chevaliers teutons et les Valaques.
i544- - Angleterre , Allemagne et Flandre.
En 1 5ép , levées en Angleterre contre l’É~
(1) Fracaslor , Facio, Mézeray,
ig4 Notices historiques
cosse; en 1644? guerre avec ce royaume et avec la France.
Allemagne et Flandre. En conti¬
nuation de la guerre en Italie, autre guerre contre le duc de Clèves. En i543 , guerre en Flandre, siège de Landrecies et de plusieurs autres places. En i544 ; armée impériale nombreuse, la plus belle qu’on ait encore vue dans les Pays-Bas. Bataille de Cerisolles perdue pour les Impériaux.
16*46. Plusieurs lieux de la Provence ,
Harlem „
Un faux zèle occasione en Provence des scènes horribles. Une soldatesque effrénée y livre aux flammes plus de vingt villages. Les habitants qui échappent à la fureur des soldats sont réduits à se cacher au milieu des bois et des rochers. Papou, cet auteur de l’histoire des pestes la plus complète que nous ayons , et historiographe de ce pays, qui dit que cette peste fut irès-violente , ne parle nullement de ces circonstances, comme il fait presque toujours à l’égard de celles qui ont accompagné les autres pestes. Il ne dit pas non plus que Barberousse , avec son armée , est venu hiverner dans cette contrée, après avoir abandonné le siège de Nice. Il est permis de croire
Notices historiques* iq5
que ce chef fameux 11e voulant pas trop diviser ses troupes dans un pays peu éloigné du territoire ennemi 3 les aura exposées à F encombre nient.
Harlem. Guerre dans les Pays-Bas.
x55o. Milan .
Suite des longues guerres dontl’Italie venait d’être le théâtre.
i554. Transitante.
-Vexations exercées par Ferdinand d’Autriche sur ce pays depuis plusieurs années. En 1 552 9 Soliman y était venu à la tête d’une armée, sous le prétexte d’y soutenir l’autorité de Jean Sigismond Zapolski. Établissement d’une contribution annuelle en faveur des Turcs.
i563. Havre-de-Grâce.
Siège de cette ville par les troupes de Charles IX contre les Anglais; cadavres laissés dans les rues (1).
i564- Lyonnais 3 Savoie y Suisse , Grisons.
Sous Charles IX , depuis long-temps la France était ravagée et épuisée par des guerres
(1) DeThou,
ïq6 Notices historiques.
intestines et étrangères. Lyon était une des villes dont les protestants s’étaient emparés. Cette même année, différends entre les Bernois et Emmanuel-Philibert de Savoie.
i5G6, Hongrie , Hienne , Flandre.
Guerre entre Maximilien II et Soliman II, la fameuse peste de Hongrie , morhus hun garcus j, lues hungarica , lues pannonica (i). Soliman II, ayant fait une invasion dans ce royaume avec une armée formidable , exerça toutes sortes de ravages avant que Maximilien II, empereur d’Allemagne , eut pu lui opposer des forces suffisantes (2). Il fallut que cet empereur assemblât les états d’Allemagne pour en obtenir des secours. Les troupes de ces divers états, rassemblées en Hongrie , ont dû contribuer au développement de la maladie , qui a sur-tout étendu ses effets parmi les soldats. Sarconne , qui parle de cette peste , l’attribue aussi à la misère et à la malpropreté (3).
Vienne en Autriche fut une des villes qui en ont le plus souffert j c’est aussi une de celles où il y a eu le plus d’encombrement. Tel est
(1) Sennert, Tract, de Febr. , lib. iv, cap. xiv.
(2) Iîug. Gourraigne, Tract, de Febr. , p. 3g5.
(3) Sarc. , Hist. de l’épidémie de Naples.
Notices historiques . 197
à cct égard le langage de Sermert : Maxime tarnen ajjlixit Niennam Aus trias ; cum per illam fer e omnes milites transirent , et recolligendarum virium causa ibi hœrereni (1). Ce langage est positif.
Les soldats avaient beaucoup souffert des fatigues , des intempéries et de l’usage de mauvais aliments; aussi quelques-uns l’ont-ils appelée febris castrensis et ’militaris , quod in cas tris exor ta sit (2).
Cette maladie n’était pas nouvelle : Langius dit qu’elle fit périr plus de soldats dans quelques-unes des armées romaines que le fer de r ennemi : Ut fere plures eo morbo quam hos tis gladio perierint (3). L’histoire est remplie de pareils exemples.
Cette peste a exercé la plume d’un grand nombre de médecins, qui font cependant considérée comme tout-à-fait nouvelle , et qui , méconnaissant sa véritable cause et sa véritable nature, ont perdu beaucoup de temps à des discussions oiseuses. On a demandé si elle était venue de l’Orient par Constantinople , ou si elle avait pris sa source dans
(1) Gourraigne 7 Tract, de Febr. p. 3^5 et 396.
(2) Id. , ibid.
(3) Lang., lib. epist. iy.
198 Notices historiques .
la Hongrie elle-même ; ce qui a donné à Hugon Gourraigne occasion de dire : Quid vetat morbum ilium in ipsâ Hungariâ primum ortum habuisse (1) ?
Suivant Sennert et d’autres médecins qui ont pratiqué la médecine dans la Hongrie, l’air de ce pays est tantôt extrêmement épais et chargé de brouillards , et tantôt très-léger et très-chaud; les marais j sont très-nombreux et les inondations très-fréquentes. Ces inondations laissent après elles un limon impur, d’où la chaleur fait exhaler des miasmes trèsfétides. On a remarqué aussi que les ordures inévitables des camps avaient du ajouter beaucoup à toutes les autres causes d’insalubrité.
D'ailleurs les soldats mangèrent de la viande avec excès; quelques-uns séjournant auprès de rivières peu rapides, firent usage de poissons difficiles à cuire, qu’ils dévoraient même quelquefois crus. Ils firent aussi usage de mauvais fruits, qui abondent dans ce fertile climat. Enfin, ajoute-t-on, il burent des eaux stagnantes et limoneuses (‘2).
Toutes les causes qui viennent d’être exposées ne sont-elles pas plus que suffisantes
(&) Tract, de Feb.? p. 896.
(%) Hug, Gourr., Tract, de Febr., p. 897.
Notices historiques . igg
pour occasioner les maladies les plus graves ? De sorte que , dût-on contester l’existence de quelques-unes, il en resterait encore assez pour rendre raison des maladies dont il est question.
On rapporte que cette peste s’est répandue également en Flandre , en Allemagne , en France et en Italie j et on veut la faire voyager dans ces différents pays par des voies imaginaires sur lesquelles on ne peut pas être d’accord. Le fait est que par-tout où elle s’est manifestée , elle a trouvé les mêmes causes qu’en Hongrie. Ce sont les maux occasionés par l’invasion de Soliman en Hongrie, qui Font fait naître dans ce pays , à Vienne et dans les autres lieux où les troupes impériales ont séjourné j ce sont les mêmes maux à-peu-près qui l’ont produite ailleurs. La Flandre, par exemple , était en proie aux ravages de la guerre longue et cruelle qui a suivi la révolte de ses habitants , éclatée cette même année 1 566.
A llemagne .
Troubles de religion.
i5>73. La Rochelle .
Armée assiégeante , sous Charles IX, exposée à toutes sortes d’incommodités , sur-tout
200 Notices historiques.
à la disette et à une puanteur insupportable(i).
i575. Sicile.
H ne se trouvait plus, dans cette île, assez de laïques pour subvenir à la culture des terres, à l’entretien du commerce, aux levées que l’Espagne faisait faire pour grossir ses armées pendant les guerres continuelles que la maison d’Autriche eut à soutenir contre la France, sur-tout en Italie. On introduisit dans les deux royaumes de nouvelles impositions par suite des malversations des vice-rois. Insensiblement, le peuple surchargé s’indisposa*contre le gouvernement.
Cette peste a été attribuée à une galiote venue de Barbarie. On n’a considéré ni les causes que nous venons d’indiquer, ni l’influence des vents siroc et lebech , des vents du midi qui avaient régné pendant l’hiver et le printemps précédent , et qui continuèrent avec de fréquentes variations dans le temps, et furent suivies d’inondations, telles que l’on n’en vit jamais de semblables (2).
i5q6. Venise , et les provinces qui en dé -
pendaient.
Les Vénitiens venaient de soutenir une
(1) Mézeray.
(2) Histoire de cette peste , par Ingrassias,
Notices historiques. 201
guerre fort malheureuse contre les Turcs. La
république était épuisée d’hommes et d’argent. Dès le commencement de cette guerre , en 1571 , on avait été obligé de recourir aux bannis pour compléter les levées. Gette peste, sur laquelle a beaucoup écrit Mercurialis , fut le sujet des doutes qui durèrent dix-huit mois (1).