PREMIÈRE SECTION
MiVIADIES BES YEUX DE CAUSE nÉRÉDITAlRE.
i< I. Les maladies des yeux de cause héréditaire existent déjà au moment de la naissance (maladies congénitales), ou bien se développent seulement plus tard, au cours de l'existence. Les maladies héréditaires des yeux ne sont donc pas toutes congénitales, de même que toutes les malformations congénitales ne sont pas héréditaires. En ce qui concerne les maladies congénitales des yeux, on ne trouve qu'exceptionnellement encore à la naissance, des processus morbides récents ; ordinairement, il s'agit des résidus de maladies fœtales, telles que : troubles de la cornée et de la lentille, occlusion de la pupille, atrophie du nerf optique ou des membranes internes, augmentation ou diminution du bulbe, dans sa totalité, rapetissement pouvant aller jusqu'à l'anophthalmus.
Des examens ultérieurs peuvent seuls apprendre quelle est la part qui revient aux inflammations fœtales ou aux conséquences d'un arrêt de développement, dans certaines malformations congénitales.
Celles des maladies héréditaires des yeux qui n'existent pas, au moment même de la naissance, conservent une existence latente jusqu'à ce qu'elles éclatent à l'occasion d'une cause extérieure, ou même sans une telle influence.
A ces maladies héréditaires appartiennent beaucoup de
cas de myopie, cataracte, glaucome, etc. Quant au développement de la rétinite pigmenlairc et de certaines formes de névrites, on est généralement d'accord pour les ranger dans la même catégorie.
Dans un sens plus étendu, on doit rattacher à la même classe tous les cas dans lesquels les parents ont transmis aux enfants le germe de la scrofulose, de la tuberculose, de la syphilis, etc., en tant que ces affections engendrent des lésions oculaires. Enfin, il existe des cas dans lesquels les maladies héréditaires trouvent leur origine dans la consanguinité. Nous allons nous occuper de ces trois catégories.
§ 2. Les maladies des yeux des parents se transmettent aux enfants à la naissance ou seulement plus tard, sous une forme ou entièrement semblable ou du moins analogue. 11 y a cependant des exceptions à cette règle; par exemple, il s'est trouvé qu'un homme, devenu aveugle par ophthalmie des nouveau-nés, a eu deux enfants atteints de microphthalmus [Magnus). Moi-même, je connais un médecin qui est atteint à l'œil droit d'un microphthalmus congénital. Son père avait, dès l'enfance, perdu l'œil droit, par iridocyclite. Il n'y a point à mettre en doute qu'il n'y ait entre la maladie du père et celle du fils une liaison, car, d'après Deutschmann, des résultats semblables ont été obtenus sur des lapins. Au point de vue des maladies oculaires héréditaires, on ne peut, au sens propre du mol, parler de prophylaxie, puisque nous n'avons pas en notre pouvoir le moyen de préserver les enfants de la transmission de certaines maladies des yeux de leurs parents, mais les parents ne devraient pas, eux, ignorer le danger auquel ils exposent leur postérité.