‹ Causes et prévention de la cécité [electronic resource]Chapitre 68 sur 77 · FISCHER · texte numérisé non relu

FISCHER

ERISMANN.

Lumière électrique incandescente

Huile

Paraffine (stéarine)

Bien qu'il y ait certaines différences notables entre les deux auteurs ci-dessus, il n'en est pas moins acquis : 1° que la bougie est trop chère pour être employée comme source

(1) Zeitschrift fur Biologie, t. III, p. i |7.

d'éclairage en grand; 2" que le pétrole, au contraire, se recommande par son bon marché.

En résumé, au point de vue hygiénique, c'est la lumière électrique qui doit avoir la préférence, et on doit s'attacher, d'une part, à rendre sa lumière uniforme et, d'autre part, à dérober aux yeux la source lumineuse, surtout lorsqu'elle est très intense.

L'air n'est jamais par elle ni vicié ni chauffé d'une manière appréciable; l'éclairage en est si amélioré, que la force visuelle s'élève de un cinquième cà un demi par rapport à l'éclairage au gaz et que l'acuité visuelle pour les couleurs peut atteindre une proportion double et même quadruple (Cohn). Là où la lumière électrique a été appliquée sur une grande échelle, il n'y a pas eu de plaintes formulées contre elle, au point de vue de la fatigue des yeux. [Javal, Poncet {de Ciumj\ Cohn.) Je peux, d'après mon expérience personnelle, à l'école de Liège, affirmer son innocuité.

Le pétrole se recommande par son bon marché, par le peu dè coloration jaune de sa flamme, par le peu de chaleur qu'elle développe et par la faible quantité de produits de combustion qu'elle dégage. L'huile minérale permet aux ménages les plus pauvres de se procurer un éclairage satisfaisant; il n'y a qu'à surveiller la régularité delà flamme, pour l'empêcher de se carboniser et parer ainsi au seul désavantage qu'elle ofi're. Ce dernier est pourtant assez sérieux, puisqu'il s'oppose à l'emploi du pétrole pour l'éclairage en grand.

Le gaz présente l'avantage d'être d'un emploi très facile ; ses inconvénients sont, avant tout, le fort développement de

chaleur, ensuite la vicialion de Tair, et son prix relativement élevé (1).

(1) Nous ferons quelques remarques au sujet des foyers électriques à arc. C'est l'éclairage le plus économique si l'on compte les dépenses par unité de lumière. Malheureusement sa divisibilité n'est pas encore réalisée : l'intensité lumineuse d'un foyer à arc ne peut descendre audessous d'une certaine limite (20 carcels environ), sans que la régularité de la lumière soit atteinte. Chaque foyer absorbant un travail considérable revient assez cher. Ce mode d'éclairage n'est donc applicable qu'aux grands espaces : aux places pubhques, aux rues, à certaines usines. L'arc électrique dégage très peu de chaleur en comparaison de la quantité de lumière qu'il fournit. Un foyer électrique d'une intensité lumineuse égale à 20 becs de gaz dégage autant de chaleur qu'un seul de ces becs. Mais l'arc électrique présente au point de vue de l'hygiène un inconvénient, qui, je crois, n'a pas encore été signalé : brûlant dans l'air, surtout dans une enceinte presque close, il produit de l'acide hypoazotique, gaz délétère par lui-même, et qui se transforme facilement en acide azotique sous l'action de la vapeur d'eau. II suffit de sentir l'atmosphère d'un de ces globes plus ou moins opaques, dont on couvre les foyers électriques, pour se convaincre de la présence de ce gaz. Il se produit même en quantité très notable ; pour en donner une idée, nous pourrions citer l'exemple d'une usine où, dans une pièce assez vaste, il y avait 14 foyers électriques à arc. En hiver les fenêtres de la pièce étaient fermées, et au bout de trois heures d'éclairage, l'air de la pièce n'était plus respirai)le, et les ouvriers étaient obligés d'ouvrir les fenêtres.

(Note du traducteur.)

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