STRASBOURG
snais ce qui paraît encore plus certain, c'est que le roi de Prusse ne protège pas les églises de Dieu, ni Dieu les égHsfô du roi de Prusse.
Quand le vieux roi vint poiu" la première fois à Metz, ville d'empire, on tira en son honneur un feu d'artifice, qui mit le feu au toit de la cathédrale, illumination terrible, qui donna peut-être à réfléchir au monarque sincèrement piétiste. Il a fallu reconstruire le ioit qui s'élève de nouveau sur l'admirable nef, ime des plus hardies et des plus imposantes dans leur nudité qu'il soit possible de voir. ,
Pendant la guerre, c'étaient les prptégès du Seigi^ur eux-mêmes qui tiraient sur la cathédrale de Strasbourg le feu d'artifice de leurs bombardes. Un boulet courba la crobc qui surmonte la flèche. Le feu dévora toute la toiture. De nombreux obus tombèrent à l'intérieur même de l'égHse, y tuant plusieurs personnes, détruisant nombre de merveilles, malgré les précautions inouïes qu'on avait prises, malgré les véritables abatis d'arbres entiers dont on avait protégé les principaux chefs-d'œuvre. Depuis lors, l'église a réparé tant bien que mal, à ses frais, les désastres. Mais les orgues ne veulent plus rendre les mêmes sons qu'atttrefois. Et qui rendra jamais à la science la bibliothèque, brûlée de fond en comble? qui rendra à l'humanité la vie des femmes, des enfants, de tous les innocents écrasés indistinctement à longue portée?
Il n'est pas permis de traverser Strasbourg sans
monter sur la plate-forme de la cathédrale. Les noms de ses principaux visiteurs y sont inscrits sur des pierres. J'y vois ceux de Gœthe, de Montalembert. La foudre est tombée et a écorné celui de Voltaire. Maintenant, les gardiens vous offrent simplement des registres. J'y cherche en vain la signature de mon grand-père, qui tint jadis garnison à Strasbourg, quelque vingt ans après avoir visité, avec la grande armée, toutes les capitales de l'Europe, y compris Moscou. Déjà désenchanté du premier empereur, hélas! le pauvre honune, qu'aurait-il pensé du second?
Je laisse à d'autres le soin de décrire plus amplement les mommients et les curiosités de Strasbourg. Mais s'il m'est permis de parler ici d'une impression toute personnelle, je dirai qu'un des étonnements de la prodigieuse cathédrale, c'est sa couleur. Au-dessus des vieilles maisons grises à pignons alsaciens, audessus des cheminées fumeuses où nichent les cigognes, elle se dresse, et sa pierre, lavée par la pluie, est toute rose. Il en résulte un singuUer mélange de grandeur et de charme. De loin seulement, vu, par exemple, des campagnes environnantes, l'édifice redevient gris à l'œil. Plus je m'enfonce vers l'Est, de la vallée de la Marne dans la vallée de la Moselle, de la vallée de la Moselle dans celle du Rhin, plus le rose devient ainsi la couleur dominante des terres et des pierres, s'alliant singulièrement avec la verdure un peu sombre et le ciel un peu terne.
Une excursion à Kehl n'est pas moins de rigueur
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me. Qui ne connaît par quelque lue du chemin de fer et le piteaux? Mais ce que ne saurait
la rapidité avec laquelle le brisant contre les proues s ses flots mousseux et tacle majestueux, et Ton commotion, l'espèce de sentiment tache au nom du vieux Rhin, itends parler français, chanter
les manifestations les moins nent à la patrie française. Tel le je rencontre, engagé condiallemande, tire de sa capote vaillant brûlot publié à Paris, ïs patriotes, contre T Allemagne.
tz, Strasbourg fait du bien. La
villes, pauvre victime écrasée rmanente de quarante mille se précipiter sur la France au z, dis-je, miUtarisée, piétinée nme en pleine guerre, fait mal
contraire, est grand et vivant, monde pour que les sentiments ire voir au dehors, et la vieille araît avec son caractère mali- , fidèle aux affections, têtue, vaiuante, vrcumeiit gauloise.
Au moment de franchir le Rhin et d'entrer dans
158 CE qu'est le germanisme.
l'Allemagae aHmiande, jt ne résiste pas au dérô- dedonner on conseS anx Français. Poorqnoi n'ônioiiils pas |das souvent aux paj^annexés? Est-ce parce que nos vainqiKmB ks occupent? La raison mesemble jdaider œntre eUe-même, H est Ixm qu'on aille p rou v er à tous ces braves gens qu'on ne les oublie pas, il est bcm qu'on leur porte l'argent français, ridée française et, par-^dessus tout, le rayon desympathk qui s'échappe d'nn r^iard, d'un serrement de mains, d'un sous-aatendu aussi Uen que d'une pande, et qui maintient l'union des coeurs et l'invincible espoir. On engage nos jeunes g^ios à^aller voirl'Algérie, on les embandie pour ^s excmm^os en Suisse, en Italie, aux A^ks, aux P3^née& Chi lemr recommande de visiter la France. Vdlà qui est ïàeiL Mais n'y a-t-il pas là aussi une France, la plus intéressante de toutes et la plus chère, parce qu'eHe est violée. Encore une fcris, qu'on y aille ; qu'on y pœrte le souvenir de la patrie, et je dâie qu'on n'en revi^mepas plus patriote soi-nrfme, rapportant les mille témoignages piédeux d'un attachement à la France qtii est \m honneur pour la coifôcience de ce ^cle, qui toucherait les plus durs et plairait anx plus fiers, qui constitue pour nous à la f ofe une joie, une tristesse: et un devoir.