‹ Ce qu'il réclame pour sa provinceChapitre 11 sur 83 · LA POLITIQUE CANADIENNE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE CANADIENNE

gL % “Je comprends que les dirigeants de la politique d’une province

cana dienne ont aussi des responsabilités touchant les intérêts du Domi-

nion. Je sais que dans le passé des premiers ministres provinciaux ont

prêché l’annexion du Canada aux États-Unis. Pour ma part je l’ai dit et je le répète, je suis avec Cartier et Macdonald : “Canadien avant tout”. Ma devise est : “Le Canada aux Canadiens et les Canadiens au Canada”. Je veux que le développement des richesses du Canada soit au bénéfice de la nation canadienne et que les Canadiens consacrent leurs talents, leur force, leurs énergies et leurs activités au bien, à la fortune et à Ta srandeur de leur pays.

N’engageons pas notre pays dans une politique contraire aux intérêts du Canada et qui répugne aux sentiments de sa population.

Soyons protectionnistes en tout et partout. Ne protégeons pas rien que les manufacturiers, les industriels, les capitalistes mais tout le pays.

et toutes les classes. Soyons des protecteurs du Canada contre tous ceux qui veulent s’en servir à son détriment. Voilà comment je suis protectionniste. Respectons les droits du capital et du travail, du producteur et du consommateur, pour le bien du pays et le bonheur de la société. /

Sachons reconnaître comme des braves les devoirs que nous imposent notre constitution, notre allégeance, notre position. Sachons bien ce que nous sommes et gardons-nous de reculer quand notre devoir nous commande d’agir. L'empire auquel nous appartenons est grand, le plus grand du monde. Notre devoir est de le respecter, de lui être loyal et de l’apprécier, non pas aveuglément, mais avec bon sens et Justice.

Le Canada doit rester aux Canadiens qui l’ont fondé et à ceux

qui l’ont conquis ou adopté. C’est ma conviction et je la crois respectable. Je partage les mêmes sentiments pour ma province. Je veux de plus qu’elle reste la province des Canadiens français, dirigée, conduite, administrée, développée par nous, suivant nos intérêts propres, sans injustice pour les autres et sans préjudice pour notre pays’.

(Arthur Sauvé, à Saint-Roch de Québec, 15 août 1921.)

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