‹ Ce qu'il réclame pour sa provinceChapitre 38 sur 83 · LE PROGRÈS DANS L’ORDRE · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS DANS L’ORDRE

Soyons d’un patriotisme pratique, un patriotisme qui, à la lumière de l’histoire et de nos plus chères traditions, nous guidera dans la voie du progrès et de la gloire. Car tout en respectant les traditions, Je ne suis pas de ceux qui ne se laissent conduire que par la ‘volonté des morts” et qui veulent rester enfermés, enserrés dans un traditionalisme étroit et grincheux. Il faut'de l’air pour fortifier les poumons de la nation. Je suis de ceux qui comprennent la nécessité des évolutions économiques suivant les règles du christianisme, et les nouvelles données de la science et des besoins d’une civilisation progressive.

. C’est pourquoi, je suis de ceux qui veulent en politique comme ailleurs,

améliorer, relever, agrandir, restaurer. C’est pourquoi aussi je veux que le vaillant soldat de la démocratie ait sa juste part dans le partage du mérite et de la récompense.

(Dans le Monde Ouvrier, mai 1916.) JUSTICE ET ENCOURAGEMENT A TOUS

On a beau écrire et dire que la littérature nationale compte pour beaucoup dans l’accomplissement de la mission d’un peuple et qu’il importe pour l’État d'encourager tous les éléments qui peuvent constituer une littérature nationale, saine et féconde, le gouvernement ne fait rien pour l’art et notre littérature reste en friche; il récompensera plutôt le valet politique. Sous le présent régime, l'aristocratie fabriquée par la fortune ou par les pouvoirs publics est bien au-dessus de l’aristocratie de l’intelligence et du talent. On a laissé passer le centenaire de Garneau, de notre grand historien, sans songer même à ériger une statue à ce compatriote qui a fait et grandi notre réputation, notre prestige à travers les univers et les mondes; qui a fait tant pour cette cause des lettres, que Garneau lui-même appelait “la plus belle cause qui puisse occuper l'attention des sociétés”. Lareau avait pourtant écrit que Garneau passerait à la postérité la tête ornée d’une couronne d’'immortelles. Que l’on cesse done de mettre de côté l’essentiel point de vue économique de la politique et de ne considérer que le plus avilisant patronage, le plus mesquin fanatisme où tout n’est que mensonge et injustice. Sachons donc faire prévaloir pour l’honneur de notre Législature, pour la bonne gouverne de notre province, pour la prospérité de nos compatriotes, une politique vraiment nationale, foncièrement patriotique, positive, large, généreuse et juste envers

tous les éléments de la société, une politique qui fasse appel aux éner-.

gies, aux initiatives, au travail, au concours de tous les citoyens de

la'province. J ustice et encouragement au modeste ouvrier, à l’humble

cultivateur, à l’homme d’affaires, à l’industriel, à l’homme de pro-

fession, à ho de science, à l'artiste, au littérateur, à l'historien qui tous, dans leurs sphères respectives, contribuent au progrès, à. l'expansion de la renommée, à la grandeur et à la gloire de notre

province.

(Le 21 mars 1910, à la Législature.)

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