CONTRE L’ABSOLUTISME
Je crois pour ma part que le gouvernement a outrepassé et cherche 4 encore à outrepasser ses droits en voulant être le maître absolu du peuple, en voulant contraindre toutes les activités sociales, en voulant | contrôler la presse, tout comme avant 1791 ou encore comme aux — premiers temps de la constitution de 1791, en voulant faire même de 5 nos prêtres éducateurs , de nos religieuses de la Charité, des dépendants de la politique, en tendant de les forcer à accepter de l’argent provenant d’une source qu'ils avaient abhorrée jusqu’aujourd’huiet ainsi, à accep- ‘à ter un principe qu'ils ont toujours condamné ; en voulant aussi exercer . sur les ouvriers, sur les cultivateurs, sur les agronomes, sur les fonctionnaires du gouvernement, un ‘pouvoir arbitraire, vexatoire, méconnaiïssant la valeur et le mérite, ne voyant que l'intérêt politique et l'intérêt de favoris , au mépris des plus saines théories du libéralisme.
Le 26 octobre 1922, à la Législature.)
CONTRE L’'ÉTATISME
Quant à l'administration de la province, je ne suis pas de l’avis du gpuvernement qui oriente plus que jamais sa politique vers l’étatisme. |
Bien que je reconnaisse à l'Etat le droit et la nécessité de se rendre compte des deniers publics qu’il dépense pour le développement de - notre province, pour la protection de la société et de ses institutions,
D nou
je ne crois pas que ce gouvernement doive exercer un contrôle absolu. Prenez tous les pouvoirs qui sont conférés au lieutenant-gouverneur en D. conseil, c’est-à-dire, le gouvernement, depuis quelques années, dans l’agriculture surtout, dans les affaires concernant le trésorier provincial et le secrétaire provincial, qui devient de plus en plus ministre de l’Instruction publique, de la Charité en attendant les Cultes, vous serez étonnés de quel empiètement dangereux nous afflige le gouvernement. | Quand le gouvernement ne s’impose pas lui-même, il nomme des. commissions, comme celle des liqueurs, qui est de l’étatisme même. Pour ma part, je crois injuste et néfaste cette politique du gouvernement qui blesse les plus nobles dévouements, qui rapetisse nos plus grandes oeuvres sociales par une intervention injuste et autocratique inspirée par l’étatisme ou le libéralisme doctrinaire; cette politique qui tue l'initiative privée, cette politique qui fait du gouvernement, non plus une autorité morale, un législateur sage et consciencieux, un professeur d'initiative, un éducateur du peuple, un protecteur des faibles, maïs enfin un gouvernement commerçant, un protecteur de spéculateurs, un étrangleur d'initiatives, un usurpateur de pouvoirs.
(Au Monument National, 9 avril 1921).