‹ Ce qu'on voit dans les rue de ParisChapitre 26 sur 46 · ENSEIGNES ET AFFICHES · texte numérisé non relu

ENSEIGNES ET AFFICHES

Mais pendant que nous sommes en omnibus, ou en fiacre, nous n’avons rien de mieux à faire que de regarder les enseignes, lâche remplie d’attraits pour qui sait découvrir le beau côté des choses. C’était là mon occupation favorite autrefois, quand je faisais mon entrée triomphale par la carriole de mon oncle dans la sous-préfecture de l’arrondissement. Je passais sans cesse et précipitamment d’un côté de la voiture à l’autre, pour ne perdre aucun détail des belles devantures qui bordaient les deux rives de la rue ; je lisais chaque enseigne comme un bourgeois de petite ville lit son journal depuis le titre jusqu’à la signature de l’imprimeur. Ce qui me frappait surtout plus que je ne puis dire, c’étaient ces nègres de bois , couverts de vêtements rouges et tenant une longue pipe à la main , que j’apercevais devant la vitre de tous les marchands de tabac : combien de fois n’ai -je pas pleuré à chaudes larmes pour qu’on m’en achetât un î

Quel est le flâneur savant qui nous donnera l’histoire des enseignes , qui écrira les diverses péripéties , les transformations successives, les périodes de progrès et de décadence par où elles ont passé?

Jadis, — et quand je dis jadis je veux parler d’il y a quarante ou cinquante ans , aussi bien que du moyen âge et des deux derniers siècles , — le calembour était un élément presque indispensable de toute enseigne qui visait à l’effet. Alors florissaient les ca-

barets du Bon coing et de YEpi-Scié, et auparavant ceux de la Roupie (une roue et une pie), du Puissant ■* vin (un puits d’où on tirait de l’eau), de Y Assurance (A sur une anse), et de la Vieille science (une vieille qui scie une anse). C’était le beau temps! On voyait encore des fantaisies à la manière de Callot; telle était l’enseigne de la Truie qui file, laquelle, ,du reste, s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Puis il y avait la malice gauloise et la mordante épigramme , par exemple, le Tout en est bon, représentant une femme sans tête!

Voulez-vous savoir ce qu’a fait de cette spirituelle devise un charcutier bel-esprit? Allez dans la rue Sainte-Marguerite , et vous lirez en belles lettres d’or sur une devanture : Tout en est bon, depuis les (ici (fuatre pieds de cochon en peinture) jusqu à la (et l’on voit s’étaler par-dessous une superbe tête avec un grouin phénoménal).

Sauf de rares exceptions , les enseignes d’aujourd’hui sont moins innocemment et moins naïvement prétentieuses. En dehors de quelques-unes, reléguées dans les ruelles et les culs-de-sac, qui ont gardé les traditions d’une syntaxe vagabonde et d’une orthographe capricieuse, elles ont appris dans Noël et Chapsal l’art de parler et d’écrire correctement. Elles vont s’approvisionner dans l’histoire, dans le roman, le drame , l’opéra , la mythologie ; elles exploitent le succès de la veille et la mode du jour pour s’en faire un titre ; elles appellent la littérature et les arts à l’aide de l’industrialisme essoufflé, et les chargent de battre de la grosse caisse au profit du comptoir. Nos grands magasins ont pris pour devise : Au Prophète, au Prince Eugène, au Palais de l’Industrie, aux Trois Mousquetaires, au Colosse fie Rhodes, à la

CE QU’ON VOIT

Tour Malahoff. Vous ne pouvez faire un pas sans lire au front d’une boutique : A la Tour de Ncsle, au Sonneur de Saint-Paul , à la Dame, blanche, etc. Qu’une éruption de la butte Montmartre vienne à engloutir Paris, comme le Vésuve a englouti Pompéi, on pourra, après quinze cents ans, retrouver sur nos enseignes l'histoire de nos triomphes militaires et celle de notre littérature/

On pardonnerait encore à cesTurcarets de l’aunage et du prix fixe d’usurper des titres qui ne leur appartiennent pas et de se ranger sous un drapeau avec lequel ils n’ont rien à démêler, comme on pardonne à certains Georges Dandins, au demeurant les meilleurs fils du monde , de s’improviser gentilshommes h l'aide d'une particule et du nom de leur village natal. Le pédantisme est une prétention d’un genre plus impardonnable, que se permettent trop souvent les enseignes d’aujourd’hui. Les malheureuses * savent le grec et le latin , elles font des néologismes , forgent des mots baroques et ne craignent pas d’étaler en gros caractères des expressions telles que : chromoni'RO— phase, pommade philodontiqve et phh.aïxocome.

De grâce, ramenez -nous aux calembours d’autrefois !

Cependant, j’excepte de la proscription l’enseigne polyglotte que j’ai vue à un coiffeur de la rue Racine , disparu depuis deux ou trois ans. Cet artiste, fort érudit, bien que perruquier, réfléchissant qu’il était au centre du quartier savant, crut faire acte de bon ton en afüchant sur sa devanture un spécimen de ses connaissances variées en fait de linguistique : il ne doutait pas de voir aussitôt accourir à son officine, comme une des merveilles du monde, la clientèle du plus haut parage, les professeurs de la Sorbonne

el du collège de France, les maîtres d’études des lycées environnants et les étudiants studieux des quatre facultés, quoique la faculté de droit soit à peu près la seule qui se fasse raser, friser et coiffer. En tète on lisait : Kstpin vaxic-ra , xai etantS), — je travaille promptement et en silence , ce qui, on en conviendra, n’était pas trop mal choisi pour un barbier. De chaque cêté s'alignaient sur les volets et- les vitres des inscriptions latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole. I.a langue nationale était la seule oubliée, de sorte que sans le classique plat à barbe, le passant illettré eût cru voir la maison de quelque jongleur indien, toute couverte d’hiéroglyphes cl d’inscriptions magiques en guise de talismans.

El pourtant le barbier se vit contraint de fermer sa boutique : la fortune est aveugle! Cet homme était trop savant pour être barbier, sinon barbier de l'érirlès ou de Mécénas, en ces temps où les poètes, les jeunes patriciens et les riches affranchis se rassemblaient, pour causer des affaires du jour, dans l’échoppe du tonsor.

En général , les enseignes , on l’a déjà vu , ne pèchent point par la modestie. Il en est bien peu , une douzaine peut-être,* qui aient l’adresse et le bon goût de s’intituler : Au Gagne-Petit , voire au Bon Marché ; moins encore qui osent résolùment écrire sur leur drapeau, comme ce boutiquier des environs du Temple : Aux Prolétaires. MM. les commercants , qui sont de profonds philosophes , sans avoir lu Aristote ni Descartes, savent bien que de toutes les passions humaines, la vanité peut-être est la plus forte, parce qu’elle est la plus sotte et la plus ridicule. En conséquence, ils écrivent an liant de leurs magasins : A la Coquette, à la Gourmande , à la

Sultane, etc.; et ces daines d’accourir, pour Lien montrer au public qu’elles ont le moyen d’être coquettes et gourmandes , et qu’il ne tiendrait qu’à elles de faire les sultanes, comme ces jeunes gens qui, après avoir dîné à dix-huit sous , tracent des zigzags et des arabesques en marchant sur le trottoir, afin de faire croire aux passants qu’ils sont assez riches pour se griser.

Je suis persuadé que, s’ils n’étaient pas retenus par un reste de pudeur et par la crainte des quolibets, les fournisseurs à la mode inscriraient volontiers sur leur devanture : Le public est prévenu que c’est ici la maison la plus chère de tout Paris ; ou bien encore : Jm maison garantit aux personnes qui veulent bien l’ honorer de leur confiance (que tout objet est vendu ici le double au moins du prix qu’il coûte ailleurs. Alors duchesses, marquises et lorettes pourraient, sans déroger, faire arrêter leur équipage devant ces magasins. Elles ne risqueraient pas d’y heurter quelque bourgeois fourvoyé, quelque provincial ahuri, et le fait seul de leur entrée dans une boutique pareille serait aux yeux de la foule et du marchand une brillante démonstration de luxe et de grand ton.

Cet orgueil instinctif se retrouve partout dans les enseignes d’aujourd’hui. Parcourez la liste des cafés, hôtels, restaurants , etc., et vous en trouverez les deux tiers ad moins qui ont la fatuité de se dire cafés ou hôtels de Paris, de France, des Quatre-Nations , des Cinq parties du monde, de l’Univers, des Princes, etc. Je viens d’entrer dans un estaminet qui se proclame Européen, et j’y ai trouvé deux maraîchers qui prenaient des verres d’absinthe avec le garçon.

On rencontre, il est vrai, quelques-unes de ces enseignes qui laissent percer, en dessous de leur ein-

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phase ingénue, une sorte tic raillerie narquoise. C’est dans rette catégorie que rentre la vieille devise des écrivains publics : Au Tombeau des secrets, et celte autre, non moins connue, que j’avais prise longtemps pour une agréable plaisanterie des petits journaux, mais qui s’étale encore dans certaines rues détournées : Crépin, réparateur de la chaussure humaine.

J’aime à croire qu’il en est de même pour les magasins de nouveautés et les restaurants qui s’intitulent, les uns : Au Paradis des dames ; les autres : Au Banquet d'Anacréon.

Ce sont là de grandes phrases , sans doute , mais je trouve un orgueil mille fois plus superbe dans la plupart des enseignes ordinaires , composées tout simplement d’un nom propre, llicn n’est si prétentieux que l’affectation de la simplicité , et j’avoue qu’en contemplant ces longues files de devantures, qui portent ces seuls mots : Béraud , Dumont, Durand , Hk.vrion , Charboxnf.au, etc. , je suis effrayé de cette allure monumentale, grosse de prétentions, bouffie de suffisance. Voilà des noms propres qui se carrent à la façon d’un matamore ou d’un Hercule

des foires. Ils se campent le poing sur la hanche en plein soleil, ayant l’air de crier au public : « Regardez, admirez; c’est moi, vous savez bien, moi; est-ce qu’il y a quelqu’un au monde qui ne me connaisse pas ? « Nos bons vieux ancêtres , qui n’étaierit point si glorieux , mettaient en toutes lettres ; « Béraud, chamoiseur; Dumont, passementier; Durand, ferblantier. » Ils ne croyaient point inutile d’éclairer par un bref commentaire les énigmes de leur étalage, comme du temps de Sbakspearc on mettait une inscription sur un poteau pour aider à l’intelligence des

décorations sommaires du théâtre. Aujourd’hui il semble que ce soit entièrement superflu , et que ces noms illustres doivent nécessairement dissiper toute obscurité de leur propre lumière, comme si l’univers entier était tenu de savoir que M. Hcnrion est bottier et M. Charbonneau boulanger.

Si j’étais forcé de choisir, je préférerais de beaucoup à cette orgueilleuse concision la loquacité provençale d’un célèbre confiseur, mi-candide et mi-roué, lequel a jugé à propos de faire des réclames avec des sermons et d’afficher sur scs volets, côte à côte avec ses nougats, les commandements de Dieu et de l’Église.

Une autre tradition qui s’en va, c’est celle des vignettes et des tableaux de genre qui ornaient les enseignes du temps jadis. Au-dessus de chaque boutique un peu convenable s’étalait un petit chef-d’œuvre d 'humour, dans lequel la palette d’un artiste inconnu, d’un rapin désillusionné de la gloire, avait prodigué la verve, les couleurs et la fantaisie. Le pinceau complétait la parole, et la parole expliquait l’œuvre du pinceau; l’idée, apparaissant sous deux formes, exerçait un double charme, et séduisait à la fois l’esprit et le regard. Hélas! ces tableaux ont presque tous disparu r comme ces naïves scènes de genre qui illustraient autrefois les assiettes de faïence et jusqu’aux rideaux de lit de la moindre maison campagnarde. On rencontre bien encore de loin en loin quelques vestiges de cet usage antique, par exemple, un buveur couronné de pampre, le nez rouge, la face enluminée et le verre à la main, à califourchon sur un tonneau ventru, ou bien un gourmet émérite dégustant d’un air de suprême volupté une pincée de tabac délicieux ou de -moka superfin.

Mais , en général , ces peintures sont entachées du caractère moderne ; elles tombent dans le clinquant , le maniéré, le joli, et n’ont plus celte honnêteté de dessin et cette candeur du coup de pinceau qui donnent tant de prix aux enseignes des auberges de village.

Allez voir, sur la devanture d’un magasin du quai aux Fleurs , le tableau des Noces de Vulcain. Qui a fait cela ? Est-ce un grand prix de Rome s’exerçant à un pastiche de Prudhon ; un lauréat de l’école des Reaux-Arts, tombé de chute en chute de la grande peinture académique à la décoration des boutiques de nouveautés ; ou bien , comme il sied , un de ces honnêtes barbouilleurs , dont la brosse ardente et naïve jette sur la toile , sans nul souci académique , des créations saisissantes d’originalité et de fantaisie pittoresque?

Sur quelques points cependant, la tradition s’est conservée à peu près dans sa pureté primitive. Je citerai, entre autres, les enseignes de quelques charbonniers de haut parage, de la plupart des remplacements militaires, enfin des sages-femmes jurées , corps respectables qui demeurent fidèles aux vieilles coutumes et ne sacrifient point au papillotage artistique des pinceaux prétentieux. Il n’est personne qui n’ait admiré maintes fois ces charmants petits tableaux représentant un fort qui porte un sac énorme sur son large chapeau , une matrone qui reçoit et berce en ses bras un enfant cmmaillotté ; ou bien ce s toiles plus importantes, qui sont presque des tableaux d’histoire, et qui offrent tour à tour aux regards : un superbe lancier à cheval; un conscrit faisant, au détour du chemin , ses adieux à la payse baignée de larmes; un beau hussard frisant sa moustache de la

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main gauche et offrant galamment le bras droit à une jeune et rougissante cantinière; enfin une mêlée fougueuse destinée à porter l’épouvante dans le cœur du fils de famille.

J’ai vu dernièrement dans la rue Bcllechasso , à la porte d’un marchand de vin, le plus succulent trophée de jambons, verres, bouteilles, pâtés et gigots, peints en un fouillis vigoureux, d’une brosse franche et hardie qui semble dénoter la main d’un Rubens populaire. 11 y a encore. les toiles des saltimbanques, dont j’ai parlé ailleurs. Sî ce n’étaient ces derniers et vénérables vestiges, d’ici peu le peintre d’enseignes deviendrait un vrai mythe.

. Il ne faut pas mépriser ces chefs-d’œuvre anonymes, contre lesquels font rage le soleil, le vent, la pluie et les progrès du siècle. Hogarth a fait des enseignes avant de peindre les Comédiennes ambulantes. Horace Vernet en a fait aussi ; et n’est-ce pas Géricault dont on admire un cheval blanc à la devanture d’une auberge des environs de Paris ?

Mais gardons-nous d’oublier les gravures de mode alignées derrière les fenêtres des tailleurs, et qui représentent de petits jeunes gens au profil correct, bien frisés, bien peignés, se tenant droits et roides dans leurs habits neufs ; ou de jeunes dames souriantes , penchant la tête, arrondissant la bouche en cœur et minaudant à la façon d’une pensionnaire à marier qui débute dans le monde. Quant aux bustes de cire que j’ai contemplés bien des fois à travers les vitrages des modistes et des coiffeurs , jamais Pradier ni Canova n’ont fait de contours plus voluptueux, de formes plus arrondies, de galbes plus irréprochables. I,’Apollon du Belvédère n’a pas une chevelure si soyeuse et si bien peignée, des yeux aussi langoureusement

DANS LES HUES 1)E PAlllS.

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fendus, des dents et des ongles plantés avec celte proportion, celte grâce, cette symétrie. Ces bonshommes de cire ou de papier font vraiment honte aux hommes de chair et d’os, bien que j’en connaisse quelques-uns parmi ces derniers qui seraient tout à fait dignes, par la manière irréprochable dont ils mettent leur cravate et disposent l’élégant édifice de leur chevelure, de figurer au milieu des poupées de cire à la devanture d’un coiffeur.

Que l’industrie humaine est ingénieuse pour attirer l’attention du passant! Comme tous ces commerçants luttent d’efforts et de sagacité, rien que pour contraindre le regard indifférent à se fixer sur leur étalage ! Tantôt ce sont des moulins en papier peint qui tournent tout seuls, des automates aux mouvements rhylhmiqucs et anguleux, — des barbiers dp carton, par exemple, dont le rasoir passe et repasse sur le menton d’une pratique, ou bien un cordonnier frappant convulsivement de petits coups de marteau sur le soulier qu’il lient de la main gauche. Tantôt c’est un trophée de mâchoires de tous les calibres cl de toutes les puissances , qui s’ouvrent et se referment lentement devant un triple cercle de gamins , de provinciaux et de soldats atterrés d’admiration. Oh! les mâchoires ! N’y a-t-il pas quelque chose de profondément mélancolique dans ce mouvement continuel qui les lait s’escrimer à vide et recommencer sans cesse avec résignation ?

Et pourtant, tout cela ne vaut pas encore les affiches : c’est dans cette partie flottante et mobile qui se renouvelle sans cesse que triomphe le génie de l’industrialisme. La science de l’affiche a atteint aujourd’hui des proportions jusqu’alors inconnues : elle est arrivée à ce rare degré de perfection où l’habileté

CE QU’ON VOIT

devient de l’art. Et ici je ne parle point de ces placards extraordinaires , miracles de patience , où des professeurs de calligraphie exécutent au trait les scènes les plus dramatiques des Enfants d’Edouard, et parviennent à représenter Napoléon à cheval, par une ingénieuse combinaison de lignes où se trouve dessinée et racontée en même temps son histoire. Non , je veux me borner aux affiches ordinaires. Jusqu’où n’y a-t-on pas poussé l’éloquence typographique , les séductions de la vignette , les fascinations de la couleur, usant des teintes les plus variées et les plus éclatantes pour prêter un appui perfide aux ruses de la rédaction ! Combien de chefs-d’œuvre d’artificieuse éloquence , combinés par l’esprit sagace d’un commerçant aux abois, le colleur placarde tous les matins et le chiffonnier enlève tous les soirs ! N’avezvous jamais rencontré de ces affiches intelligentes et animées , vrais tableaux de genre , qui vous arrêtent au passage par une pluie battante , au milieu de la boue et des passants, fussiez-vous en retard de dix minutes sur l’heure du dîner? Le moyen de passer indifférent devant de petits carrés de papier rouge ou d’immenses parallélogrammes de papier jaune qui vous crient tout à coup, au détour d’une rue :

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