‹ Ce qu'on voit dans les rue de ParisChapitre 42 sur 46 · SI ON EST CONTENT , ON EST PRIÉ 1)K DEMANDER UN ANNEAU · texte numérisé non relu

SI ON EST CONTENT , ON EST PRIÉ 1)K DEMANDER UN ANNEAU

Plusieurs ont la ruse de remplir leurs casiers de serviettes sales et roulées, pour faire croire qu’ils comptent leurs abonnés par centaines.

Ce qu’on mange là dedans sous prétexte de bifteck, ce qu’on y boit sous prétexte de vin , on l’a déjà dit bien des fois. Je ne suis pas assez versé dans l’étude de la chimie et de l’histoire naturelle pour affronter de sang-froid les mystères de cette périlleuse analyse.

Voici seulement un petit fait, complètement historique, que j’emprunte à la Gazette des Tribunaux , où il y a tant de choses à prendre pour quiconque veut approfondir les mœurs et les petites industries parisiennes. I.a scène se passe au Veau français , vers l’heure du dincr. La salle est encore à peu près vide, lin habitué du lieu, impatienté d’appeler vainement le garçon sans rien voir apparaître, pénètre familièrement dans la cuisine, et là, que trouve-t-il? Le garçon demandé, le garçon lui-même, absorbé tout entier dans une préparation culinaire, qui n’a point été définie par Carême ni Brillat-Savarin. 11 s’occupait, si vous voulez le savoir, à faire des yeux au bçuillon, par un moyen aussi ingénieux qu’économique: pour ce, il avait rempli sa bouche d’huile, jusqu’à se gonfler les joues en forme de ballon, et à l’aide de petits coups secs, frappés de chaque côté à la fois avec la paume des deux mains, il faisait jaillir vivement , par les lèvres entr’ouvertes , un jet qui, tombant dans un grand vase plein d’un liquide jaunâtre.

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produisait à la surface un œil superbe cl bien propre à chatouiller la convoitise d’un épicurien. La chronique rapporte que le client, indigné, s’oublia jusqu’à lever la main , même le pied , sur le garçon : comment lit-il pour n’étrc pas désarmé par la simplicité pleine de grandeur de cette invention , digne en tout point du siècle qui a porté si haut l’industrie?

Je me suis étendu sur ce chapitre plus longtemps que je ne croyais et que je ne l’aurais voulu. Que conclure de tout cela, car on dit qu’il faut une conclusion à toutes choses : ô tjiuôo; 8r,)/>î ô’xt, Paris mange trop, Paris boit trop, Paris se livre, sans pudeur et sans retenue, aux instincts sensuels qui l'entraînent à la dérive Et puisque je suis en train de morali-

ser, j’aime autant poursuivre sur ce ton pour me décharger tout d’un coup.

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DANS LES RliES DE PARIS.

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