‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 3 sur 107 · DE FRANCE · texte numérisé non relu

DE FRANCE

La terre de France, elle est ici tout près ; elle commence à ma porte ; elle fait partie de mon village ; mais voilà qu'elle s'étend, qu'elle s'étend à partir du kilomètre qui avoisine mon clocher et qui se multiplie indéfiniment là-bas, là-bas, tout droit, tout droit, jusqu'aux montagnes, jusqu'aux rivières, jusqu'à la mer ; et puis, après, plus loin, plus loin encore, en Algérie, en Tunisie, au Congo, à Madagascar... Ah ! je ne verra; jamais tout!... Du moins, j'aurai battu du pays et ramassé des souvenirs pour mes vieux jours, quand il faudra en revenir, comme le grandpère, à chauftér la couche et à soigner mes rhumatismes, en fumant la pipe et en crachant dans les cendres, au coin du teu.

Oui, mais tout le monde ne peut pas voyager ; il faut du temps, il faut de l'argent. Certes. les heures filent vite légère. . . légèrement, quand on arpente la campagne; mais il y a un moment pénible et qui revient trop souvent : c'est le quart d'heure de Rabelais. L'aubergiste est sans pitié.

LES XIBLN. — 1

Eh bien, à ceux qui sont, bon gré mal gré, retenus au logis, à ceux qui sont gourds, à ceux qui souffrent de ce mal si difficile à guérir, platitude de bourse, je dédie ces pages pour qu'ils fassent, au moins en imagination, le tour de notre beau pays de France. Je les invite à me suivre ; sous leurs yeux, je vais essayer de dérouler le ruban des routes, comme on développe la bande du télégraphe où des caractères mystérieux sont écrits. Nous lirons la France de compagnie, non sans baguenauder et faire un brin de causette, chemin faisant.

montons, montons encore à 2000, 3 000 mètres, nous verrons, au près et au loin, la terre de France dessiner sa forme et son relief dans un panorama immense.

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