‹ Ce que dit la musiqueChapitre 48 sur 103 · LE ROI ÉTIENNE, DE BEETHOVEN · texte numérisé non relu

LE ROI ÉTIENNE, DE BEETHOVEN

encore trouvé des accents pareils. Le chant s’élargit, se complète par les modulations de l’orchestre.

On est heureux, on remercie cette divine musique de vous entourer d'une atmosphère de paix, de concorde universelle, car, à l’entendre, ce chant dit que tout est joie et repos sur la terre. Et cette paix nous vient d une ame si orageuse dans tant d’autres oeuvres! Ces effets sont obtenus avec si peu de moyens! Juste le contraire de ce qu’on fait aujourd’hui.

Le second morceau, le Chœur des jeunes filles qui présentent au roi Etienne sa fiancée Giselle, est adapté sur cette même mélodie jouée par l’orchestre, tandis que le chœur n’est pour ainsi dire qu’un accompagnement, une cantilène dont les paroles sont soutenues par les instruments. Celte mélodie continue ainsi par la voix des violons et avec le chant à l’unisson des jeunes filles. Jamais fleur printanière qui va s’épanouir au soleil n’a été peinte avec des couleurs plus délicates.

Après la troisième reprise faite avec tous les instruments et avec une grande force, la flûte termine le chant par un refrain d’une grâce enchanteresse.

Quant au renversement mélodique, le chant dans l’orchestre, l’accompagnement dans le chœur, il prouve que les novateurs n’ont rien innové et que Beethoven faisait déjà usage, il y a soixante-quinze ans, de ce procédé ingénieux ; mais il n’en a point abusé.

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