‹ Ce que dit la musiqueChapitre 74 sur 103 · LA SÉRÉNADE, DE BEETHOVEN · texte numérisé non relu

LA SÉRÉNADE, DE BEETHOVEN

Je veux fixer ici le souvenir d’un beau concert au Châtelet.

La Sérénade de Beethoven a été exécutée entièrement; on s’attendait à un morceau très court, trop court, comme à l’ordinaire, et voici toute l’œuvre en cinq parties; les trois dernières surtout sont d une tendresse incomparable. Quel mot! L’inspiration du Maître ne s’épuise jamais, il se surpasse sans cesse.

Tout ce que l’àme peut éprouver de passionné : attente, mystère, inquiétude, prières, tendresse, joie, félicité suprême, tout cela est exprimé, gradué dans la Sérénade. Elle s’avance pas à pas, avec la timidité, l’hésitation de l’amour naissant; peu à peu enhardi, mais toujours idéal.

Celte éloquence passionnée, cet art délicat, le riche coloris, le sentiment adorablement expressif de cette

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