ET
LA JARDINIÈRE
Bien, petite Violette. Sa joie sera ta récompense. Tu ne voudrais pas, toi, belle Rose ?
LA Rose (avec langueur).
Oh, cela m'est égal! Ce ne serait qu’une injustice de plus, faite à ma famille. L'autre jour n’avez-vous pas mis la plus jolie de mes sœurs à la boutonnière d’un vieux garçon ?
LE COQUErICOT.
Si vous croyez que c’est bien plus amusant d’être à la ceinture d’une vieille fille ! Mon frère aîné y a péri suffoqué dans l’espace de deux minutes...
[LA JARDINIÈRE
Ah! voilà qui n’est pas clair, parexemple.(Lisant.) ‘ Les élèves de l’école vous prient de leur préparer un bouquet qu'ils veulent offrir À leur maître.” Mais c’est qu’il y a bouquet et bouquet ! J’en ai de deux sous pour la jeune ouvrière et J’en vends pour
! trois piastres aux jolis damoiseaux. Ces écoliers ne
sont pas riches, et tout de même, pour leur maître. LE CoQUELIcor.
Donnez-leur donc des pavots. Pour des gens qui ne savent pas ce qu’ils veulent, cela fera l'affaire.
Le PAvor (courroucé).
Tais-toi donc, petit polisson ! Personne n'a encore
| songé à te demander, toi.
a le LE CoquEerIcor.
Tiens, je te croyais endormi!
LE Pavor.
Tu devrais rougir d’oser insulter tes supérieurs. LE CoQuErIcorT.
Rougir ? Regarde-moi donc. Est-ce que je le puis ? LA JARDINIÈRE.
Le pavot, d’ailleurs, a l'honneur d’être retenu par un savant professeur de chimie.
LE PAvor.
Tu vois bien, bavard!