‹ Célestin Port, 1828-1901Chapitre 2 sur 6 · C. Port · texte numérisé non relu

C. Port

Cette lettre est du 28 février. Le 4 mars, Célestin Port n'était plus.

Le matin du 1®' mars, il s'était rendu à la gare où il devait trouver notre ami Auguste Michel, conservateur du Musée Saint- Jean, pour faire avec lui la course de Chalonnes. Celui-ci fut frappé de Tair fatigué de Port. Le

* Il s'agissait d'une petite somme due au Département pour vente de volumes de Y Inventaire des Archives. Le versement de cette «somme avant le 1" mars, clôture de l'exercice financier, était impatiemment attendu par Port. Ce versement devait, en effet, permettre de payer, sur l'exercice courant, une gratification votée par le Conseil général à l'un des employés des Archives.

temps était atroce. Son compagnon essaya vainement de persuader à Port de remettre la visite à un autre jour. Port ne voulut rien entendre. L^excursion fut des plus pénibles. Par la pluie, par un vent glacial, par un temps sombre qui permettait à peine de distinguer les objets, Port se traîna tout raprès-midi, appuyé ou plutôt accroché au bras de son ami, trébuchant à chaque pas, à travers les guérets détrempés. Le soir, il était à bout. Il ne rentra chez lui que pour mourir.

Le Conseil général de Maine-et-Loire, en votant que le buste du < vieil archiviste », remis par ses enfants, serait placé dans son ancien cabinet de travail, le Conseil municipal d'Angers, en décidant que le nom de rue Célestin Port serait donné à ce chemin de Saint-Léonard si longtemps habité par lui, ont témoigné de la profondeur des regrets du département et de la cité. Mieux encore qu'un buste ou qu'une plaque de rue, Tœuvre historique que Célestin Port laisse après lui conservera la mémoire de ce bon travailleur, de ce consciencieux chercheur de la vérité.

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