CHAPITRE VII
Des couleurs naturelles.
Il y a des couleurs qui, en certains pays, se
oculorum reddunt visus; et ideo quod pretiosa sunt, legibus excipiuntur, ut ab domino non a redemptore repræsententur.
Quæ commonefacere polui, ut ab errore discedant in opere tectorio , satis exposui : nunc de apparationibus, ut suceurrere potuerit, dicam , et primum , quoniam de calce initio est dictum, nunc de marmore ponam.
De marmore quomodo paretur ad tectoria.
Marmor non eodem genere omhibus regionibus procreatur, sed quibusdam locis glebæ ut salis micas perlucidas habentes nascuntur, quæ contusæ et molitæ præstant [tectoriis et coronariis] operibus utilitatem. Quibus autem locis hæ copiæ non sunt, cæmenta marmorea sive assuleæ dicuntur, quæ marmorarii ex operibus dejiciunt, pilis ferreis contunduntur cribrisque excernuntur. Eæ autem excretæ tribus generibus seponuntur ; et quæ pars grandior fuerit, quemadmodum supra scriptum est, arenato primum cum calce inducitur, deinde sequens ac terlia, quæ subtilior fuerit. Quibus inductis et diligenti tectoriorun fricatione lævigatis , de coloribus ratio habeatur, uti in his perlucentes exprimant splendores; quorum hæc erit differentia et apparatio. Colores alii sunt, qui per se certis Jocis procreantur et inde fodiuntur : nonnulli ex
trouvent dans la terre, d’où on les extrait : il y en a d’autres qui se font artificiellement, au moyen de l'amalgame de plusieurs choses qui, mélées ensemble, font dans les ouvrages le même effet que les couleurs simples et naturelles. Parmi les couleurs qui se tirent de la terre, celle que les Grecs appellent ochra(1) est la première dont nous parlerons. On la trouve en plusieurs endroits, et même en Italie. Mais la meilleure ocre, qui venait de l’Attique, ne se trouve plus, parce qu’à l’époque où une grande quantité d'hommes travaillaient aux mines d'argent qui sont à Athènes, s’il arrivait qu’en creusant des puits bien avant dans la terre pour chercher ce minéral, on découvrait des veines d’ocre, on les suivait et on les fouillait aussitôt, comme si c’eût été de l'argent. Aussi dans ce temps-là avait-on uoe grande quantité de bon sil, dont on faisait de fort beaux ouvrages. La rubrique ou terre rouge se tire en abondance de plusieurs endroits, mais il est rare d’en trouver d’une bonne qualité ; la meilleure vient de Sinope dans le royaume de Pont, en Égypte, à Majorque et à Minorque, près de l'Espagne ; il y en a aussi dans l’île de Lemnos, dont les revenus ont été laissés aux Athéniens par le sénat et le peuple romain. La couleur parætonienne a prisson nom du lieu où elle se trouve. La méline est aussi appelée de ce nom, parce qu'il s’en trouve une grande quantité dans l’île de Melo, qui est l’une des Cyclades. La terre verte se trouve également dans plusieurs lieux ; mais la meilleure vient de Smyrne. Les Grecs l’appellent {héodotion, parce qu'elle fut premierement trouvée dans un endroit qui appartenait
(x) Jaune-pâle.
aliis rebus tractationibus aut mixtionibus seu temperaturis compositi perficiuntur, uti præstent eandem in operibus utilitatem.
CAPUT Vil. De nativis coloribus.
Primum autem exponemus quæ per se nascentia fodiunur, uli sil, quod græce œyox dicitur. Hæc vero mullis locis, ut etiam in Italia, invenitur, sed quæ fuerat optima Attica, ideo nuuc non habetur, quod Athenis argenti fodinæ cum habuerint familias, tune specus sub terra fodiebantur ad argentum inveniendum, cum ibi vena forte inveniretur, nibilomious uti argentum persequeban- {ur ; itaque antiqui egregia copia silis ad politionem operum sunt usi. Item rubricæ copiose mullis locis eximuntur, sed optimæ paucis, ut Ponto Sinope, et Ægypto, in Hispania Balearibus, non minus etiam Lemno, cujus insulæ vectigalia Atheniensibus Senatus populusque romanus concessit fruenda. Parætonium vero ex ipsis locis unde foditur habet nomer. Eadem ratione melinum, quod ejus vis melalli insulæ cycladi Melo dicitur esse. Creta viridis item pluribus locis nascitur, sed optima Smyrnæ : hanc antem Græci 6coëértoy vocant, quod Theodotus nomine fuerat, cujus in fundo id genus cretæ primum est inventum. Auripigmentum, quod aprévixov græce dicitur, fodi-
à Théodotus. L'orpin, qui, en grec, est appelé ursenicon, se tire du royaume de Pont. La sandaraque se trouve en plusieurs pays; mais la meilleure est encore celle du royaume de Pont, dont les mines sont auprès du fleuve Hypanis. Il y a d’autres endroits, comme les confins de Magnésie et d'Éphèse, où on Ja trouve toute prête à être mise en œuvre ; en sorte qu'il n’est point besoin de la broyer ni de la passer, car elle est aussi fine que celle qui a été longtemps broyée.