‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 152 sur 265 · CHAPITRE IX. De la préparation du minium · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. De la préparation du minium

Revenons maintenant à la préparation du minium. Quand les mottes sont bien séchées, on les pile dans des mortiers de fer, et l’on en fait sortir la couleur au moyen de plusieurs coctions et lotions. Cette couleur a quelque chose de la nature du vif-argent ; aussi est-elle très-délicate etsujette

confusum, si supra id lapidis centenarii pondus impona= tur, natal in summo neque eum liquorem potest onere suo premere nec elidere nec dissipare : centenario sublato si bi auri scripulum imponatur, non natabil, sed ad imum perse deprimetur, Ita non amplitudine ponderis sed genere singularum rerum gravitatem esse, non est negandum. Id aultem mullis rebus est ad usum expeditum !: neque enim ! argentum neque æs sine eo potest recte inaurari : cumque in veste intextum est aurum, eaque vestis contrita prop+ ter vetustatem nsum non habeat honestum, panni in fictilibus vasis impositi supra ignem comburuntur ; is cinis conjicitur in aquam, ét addilur ei argentum vivum : id autem omnes micas aurk corripit in se, et cogit secum coire; aqua defusa cum id in pannum infunditur, et ibi manibus premitur, argentum per pauni raritates propter liquorem extra labitur, aurum compressione coactum intra purum invenilur.

| De minii temperatura, (de chrysocolla ,' Armenio et Indico ). |

Revertar nunc ad mini temperaturam. Ipsæ enim gle- * bæ, cum sunt aridæ , pilis ferreis contunduntur et moluu« | tur, el lolionibus et cocturis crebris relictis stercoribus ! efticitur ut adveniant colores. Cum ergo hæ emissæ sunt ex minio per argenti vivi relictionem quas in se naturales

à se gâter aisément, à moins d’être employée dans deslieux renfermés, etcouverts comme des chambres et des salons; car dans ceux qui sont découverts,comme dans les péristyles, dans les galeries en forme de loges, et enfin dans tous les endroits où lalumière du soleil etde la lune vient frapper et donner en plein, elle perd bientôt sa force et son éclat, et elle se noircit. C’est ce que plusieurs ont éprouvé, entre autres le scribe Fabérius, qui, ayant voulu orner de belles peintures sa maison du mont Aventin, fit peiudre tous les murs des péristyles et des galeries avec du minium: mais au bout de trente jours tout fut gâté; la couleur changea en plusieurs endroits; et il fut contraint de les faire peindre une seconde fois avec d’autres couleurs. Mais les personnes curieuses de conserver à cette belle couleur son éclat, s’y prennent de cette manière : Quand le mur en est entièerement peint et qu’il est bien séché, on étend pardessus avec une brosse une couche de cire punique, fondue dans un peu d'huile ; ensuite on tient un réchaud de charbons allumés très-près de la muraille, et on l’échauffe en même temps que la cire, qui devient alors liquide; on la polit partout en la frottant d’abord avec une bougie, puis avec des linges bien nets, comme on fait Jlorsqu’on cire les statues de marbre. Cela s’appelle coniasis (1) en grec, et cette croûte de cire empêche que la lumière du soleil et de la lune ne mange et ne ternisse la couleur. La préparation du minium, qui se faisait autrefois à Ephèse, a été transférée à Rome, parce qu’on a trouvé en Espagne des mines de ce minéral, que l’on transporte

(x) Brülure.

habuerat virtutes, efficitur tenera natura et viribus imbecilla. Itaque cum est in expolitionibus conclavium tectis juductum, permanet sine vitiis suo colore : apertis vero, id est peristyliis aut exedris aut ceteris ejusmodi locis, quo sol et luna possit splendores et radios immittere, ‘cum ab is locus tangitur, vitiatur et amissa virtute coloris denigratur. Itaque cum et ali multi tum etiam Faberius scriba cum in Aventino voluisset habere domum eleganter expolitam peristyliis, parietes omnes induxit minio, qui post dies triginta facti sunt invenusto varioque colore.

- laque primo locavit inducendos alios colores. At si quis

subtilior fuerit, et voluerit expolitionem miniaceam suum colorem retinere, cum paries expolitus et aridus fuerit, tunc ceram Punicam igni liquefactam paulo oleo temperatam seta inducat : deinde postea carbonibus in ferreo vase compositis eam ceram apprime cum pariete calefaciundo sudare cogat, fiatque ut peræquetur : deinde tunc candela linteisque puris subigat, uti signa marmorea nuda curantur. Hæc autem xovizou græce dicitur : ita obstans ceræ Punicæ lorica non patitur nec lunæ splendorem nec solis radios lambendo eripere ex his politionibus colorem. Quæ autem in Ephesiorum metallis fuerunt officinæ, nunc trajectæ sunt ideo Romam, quod id genus venæ postea est inventum Hispaniæ regionibus , ex quibus metallis glebæ portantur, et per publicanos Roma curantur. Eæ autem officinæ sunt inter ædem Floræ et Quirini. Vitiatur mi-

plus aisément en cette ville, où la fabrication s’en fait par des gens qui n’ont pas d’autre occupation, et qui ont leurs ateliers entre le temple de Flore et celui de Quirinus. On sophistique le minium avec de la chaux ; ce que l’on reconnaît en le mettant sur une lame de fer que l’on fait chauffer jusqu’à ce qu’elle rougisse et que le minium paraisse noirci ; car si, en se refroidissant, il reprend sa première couleur, on est assuré qu'il est naturel; tandis que s’il reste noir, il est certain que c’est du minium artificiel.

Voilà tout ce que j'ai pu recueillir sur la préparation du minium. On apporte la chrysocolle de Macédoine, et on la tire des lieux qui sont voisins des mines de cuivre. L’armenium et l’indicum font connaître par leurs noms les pays d'où ils viennent. À

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