‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 32 sur 265 · L'encens administré à la dose de P · texte numérisé non relu

L'encens administré à la dose de P

dans deux verres de vin, fortifie la voix.

16. On combat la difficulté d’uriner avec les substances suivantes : poivre long, castoréum, myrrhe, galbanum, larmesde pavot, safran, costus, de chaque une once; styrax et térébenthine deux onces, miel et absinthe de chaque un verre. En donner gros comme une fève d’'Égyptele matin et après diner.

17. Voici comment se prépare le remède contre les maladies de la trachée : easia, iris, cinnamome, nard, myrrhe, encens, ana p. *. 1.3 safran P.*1.—.;grains de poivrexxx.On fait bouillir le toutdanstrois setiers de vin de raisins secs, jusqu’à consistance de miel. Ou bien l’on prend : safran, myrrhe, encens,ana P.*.1., mêlés dans la même quantité de vin, et traités aussi par ébullition. On peut encore faire bouillir trois hémines dece vin, jusqu'à ce que les gouttes qu'on en retire se durcissent, puis on ajoute de casia trituré P. *. I.

XXVI. 1. Après avoir exposé les vertus des médicaments, je vais faire connaître les diverses manières dont le corps peut être lésé. Ces lé-

* site

12. Colice vero Cassii ex his constat : croci, anisi, castorei, singulorum p. *. 11. petroselini p. *.1v. piperis et longi et rotundi, singulorum p. *. v. papaveris lacrimæ, junci rotundi, myrrhæ, nardi, singulorum p. *. vi. quæ melle excipiuntur. Id autem et devorari potest, et ex aqua calida sumi.

13. Infantem vero mortuum, aut secundas expellit aquæ potio, cui salis Ammoniaci p. *. 1. aut cui dictami Cretici p- *. 1. adjectum est.

14. Ex partu laboranti erysimum ex vino tepido jejunæ dari debet.

15 Vocem adjuvat thuris p. *. 1. in duobus cyathis vini datum.

16. Adversus urinæ diflicuitatem : piperis longi, castorei, myrrhæ, galbani, papaveris lacrimæ, croci, costi , unciæ singulæ , styracis, resinæ terebinthinæ , pondo sextantes, mellis, absinthiüi, cyathi singuli : ex quibus ad magnitudinem fabæ Ægyptiæ et mane et cœnato dari debet.

17. Arteriace vero hoc modo fit : casiæ, iridis, cinnamomi, pardi, myrrhæ, thuris, singulorum p.*. r eroci p. *.1.=—. piperis grana xxx. ex passi tribus sextariis decoquuntur, donec mellis crassitudo his fiat : aut croci, iwyrrhæ, {huris, singulorum p. *. 1. conjiciuntur in passi eumdem modum, eodemque modo decoquuntur : ant

CELSE

sions sont de cinq espèces, savoir : celles qui résultent d’un agent externe, comme on le voit pour les blessures ; celles qui dépendent d’un vice interne, comme le cancer; celles qui tiennent à la formation de corps étrangers, comme les calculs dans la vessie; celles qui sont dues à un développement anomal, ainsi qu'on l’observe pour les veines variqueuses ; enfin les lésions par défaut, c’est-à-dire celles où une partie est trop courte. Parmi ces affections, les unes réclament le secours des médicaments, et les autres sont plus spécialement du ressort de la chirurgie. Jene m’occuperai pas en ce moment des maladies où l’on fait surtout agir la mair et l’instrument , et je traiterai de celles qui nécessitent plutôt l'emploi des remèdes. J'adopterai, pour cette partie de l’art de guérir, l’ordre que j'ai suivi pour la première; je parlerai d’abord des affections qui peuvent se manifester sur tous les points du corps, puis de celles qui ont toujours un siége déterminé. Je commencerai par les blessures.

Sur ce point, il importe avant tout que le médecin sache distinguer les blessures incurables, celles qui sont difficiles à guérir, et celles dont la cicatrisation est plus prompte. La prudence en effet conseille au praticien de ne pas se charger d'un malade qu’il ne peut sauver, et d'éviter ainsi l’apparenee d'un meurtre qui ne doit être imputé qu’à la destinée. Il convient ensuite, lorsqu'on a de vives inquiétudes, sans cependant désespérer tout à fait, de faire connaître à ceux qui sont près du malade que le cas est grave, afin que si le mal triomphe des ressources de l'art, on ne puisse l’accuser d’avoir ignoré le danger, où d'avoir voulu le dissimuler. Mais

ejusdem passi heminæ tres usque eo coquuntur, donec extracta inde gulla indurescat ; eo adjicitur trilæ casiæ Paire

XXVI. 1. Cum facultates medicamentorum proposuerim, genera, in quibus noxa corpori esl, proponam. Ea quinque sunt : cum quid extrinsecus læsit, ut in vulneribus ; cum quid intra seipsum corruptum est, ut in cancro; cum quid innatum est, ut in vesica calculus ; cum quid increvit, ut vena, quæ intumescens in varicem converlitur; cum quid deest, ut cum curta pars aliqua est. Ex his alia sunt, in quibus medicamenta, alia in quibus plus manus profiait. Ergo, dilatis iis, quæ præcipue scalpellum et manum postulant, nunc de iis dicam, quæ maxime medicamentis egent. Dividam aulem hanc quoque curandi partem, sicut priorem; et ante dicam de iis, quæ in quamlibet partem corporis incidunt; tum de is, quæ certas partes infestant. Incipiam à vulneribus.

Jn his autem ante ompia scire medicus debet, quæ insanabilia sint, quæ difficilem eurationem habeant, quæ promptiorem. Est enim prudentis honïnis, primum eum, qui servari non polest, non attingere, nec subire speciem ejus , ut occisi, quem sors ipsius iuteremit; deinde, ubi gravis metus sine certa tamen desperatione est, indicare pecessariis periclitantis , in difficili rem esse, ne, si victa ars malo fuerit, vel ignorasse, vel fefellisse videatur. Sed

si cette conduite est d’un homme sage, en re- | celles qui sont considérables sont toujours à

vanche il est digne d’un charlatan d’exagérer

le péril, pour se donner plus d'importance. En !

reconnaissant que l'affection est facile à guérir, on s’oblige à des soins plus attentifs, parce que, bien que légère en elle-même, elle pourrait, par la

négligence du traitement, devenir plus sérieuse. :

2. Il n’y a pas de remèdes contre les blessures de la base du crâne, du cœur, de l’œsophage, de Ja veine-porte, de la moelle épinière, du milieu du poumon, du jejunum, de l'intestin grêle, du ventrieule, ou des reins. Les blessures des jugulaires et des carotides sont également incurables.

3. Il est très-rare qu'on puisse guérir les blessures qui intéressent une partie quelconque des poumons, du foie, de la membrane quienveloppe le cerveau, de la rate, de la matrice, de la vessie, des gros intestins, ou du diaphragme. La mort est encore imminente, lorsque la pointe du corps vulnérant a pénétré jusqu'aux grands vaisseaux du creux de l’aisselle et du jarret. En gé— néral, toutes les fois qu’un vaisseau considérable est ouvert, il y a lieu de craindre, parce que l'hémorragie peut enlever le malade. Cet accident ne s’observe pas seulement à l’aisselle et au jarret, il résulte encore de la lésion des veines qui se rendent à l’anus et au testicule. De plus, toute blessure est grave quand elle occupe l’aisselle, la région inguinale, les cavités, les articulations, l’espace qui sépare les doigts, les muscles, les tendons, les artères, les membranes, les os ou les cartilages. Les plus favorables sont les blessures qui n’intéressent que les chairs.

4. Ces lésions entraînent plus ou moins de dangers d'après leur siége ; et quant à l’étendue,

ut hæc prudenti viro conveniunt, sic rursus histrionis est, parvam rem attollere, quo plus præstitisse videatur. Obligari æquum est confessione promptæ rei, quo curiosius etiam circumspiciat, ne, quod per se exiguum est, majus curanlis negligentia fiat.

2. Servari non potest, cui basis cerebri, cui cor, cui stomachus , cui jocinoris portæ, cui in spina medulla percussa esl; cuique aut pulmo medius, aut jejunum, aut tenuius intestinum , aut ventriculus, aut renes vulnerati sunt ; cuive circa fauces grandes venæ , vel arteriæ præcisæ sunt.

3. Vix autem ad sanitatem perveniunt, quibus ulla parte pulmo, aut jocinoris crassum , aut membrana, quæ continet cerebrum , aut lienis, aut vulva, aut vesica , aut ullum intestinum, aut septum transversum vulneratum est. li quoque in præcipiti sunt, in quibus usque ad grandes intusque conditas venas in alis vel poplitibus mucro desedit. Periculosa etiam vulnera sunt, ubicumque venæ majores sunt, quoniam exhaurire hominem profusione sanguinis possunt : idque evenit non in alis tantum, atque poplitibus, sed etiam in is venis, quæ ad anum tèsticulosque perveniunt. Præter hæc malum vulnus est, quodcumque in alis vel feminibns, vel inanibus locis, vel in arliculis, vel inter digitos est : item quodeumque mus-

craindre.

5. La forme des blessures est aussi pour quelque chose dans leur gravité : ainsi une plaie contuse est plus fâcheuse que celle où les parties sont simplement divisées; d’où il suit qu'il vaut mieux être blessé par un trait aigu que par un trait émoussé. Les blessures avec perte de substance, ou dans lesquelles les chairs sont enlevées d'un côté et pendantes de l’autre, offrent de même plus de danger. Les plus désavantageuses sont les plaies de forme circulaire, et les plus simples ceiles qui sont faites en ligne droite: par conséquent la blessure donnera plus ou moins d'inquiétude, selon qu'elle se rapprochera de la ligne eourbe ou de la droite.

6. II faut reconnaître encore l'influence de l’âge, de la constitution, du régime ordinaire de la vie, et des saisons. C’est ainsi qu'un enfant ou un jeune homme guérit plus facilement qu’un vieillard; un homme robuste, plus aisément qu’un sujet débile; celui qui n’est ni top gras ni trop maigre, plus vite aussi que s'il étaitaffligé d’un excès de maigreur ou d'embonpoint. De même la guérison est plus prompte quand l'habitude générale du corps est satisfaisante, que lorsqu'elle

| est viciée; quand on prend de l'exercice, que

lorsqu'on mène une vie oisive ; quand on est sobre et tempérant, que lorsqu'on s’adonne au vin et aux plaisirs de l’amour. La saison la plus favorable à la cicatrisation des blessures est le printemps ; etil faut au moins que letemps ne soit nitrop froid nitropchaud, car elles ontégalement à souffrir d’une chaleur excessive ou d’un froid rigoureux. Rien n’est plus à craindre cependant

culum, aut nervum, aut arteriam, aut membranam, aut os, aut cartilaginem læsit. Tutissimum omnium , quod in carne est.

4. Et hæc quidem loco vel pejora, vel meliora sunt. Modo vero periculum facit, quodcumque magnum est.

5. Aliquid etiam in vulneris genere figuraque est. Nam pejus est, quod etiam collisum, quam quod tantum discissum est, adeo ut aculo quoque, quam retuso telo, vulnerari commodius sil. Pejus etiam vulnus est, ex quo aliquid excisum est; ex quove earo alia parte abscissa, alia dependet. Pessimaque plaga in orbem est ; tutissima, quæ lineæ modo recta est. Quo deinde propius huic illive figuræ vulnus est, eo vel deterius vel tolerabilius est.

6. Quin etiam confertaliquid et ætas, et corpus, et vitæ propositum , et anni tempus : quia facilius sanescit puer vel adolescens, quam senior; valens, quam infirmus; neque nimis tenuis, neque nimis plenus, quam si alterum ex his est; integri habitus, quam corrupti; exercitatus, quam iners ; sobrius et temperans, quam vino venerique deditus. Opportunissimumque curationi Lempus, vernum est, ant certe neque fervens, neque frigidum : siquidem vulnera etnimius calor et niuium frigus infestant ; maxime tamen horum varietas : ideoque perniciosissimus autumnus est.

que lesbrusques variationsdetempérature; et c’est là précisément ce qui rend l'automne si pernicieux,

7. La plupart des blessures sont exposées aux regards. Pour quelques-unes les indices se tirent du siége même qu’elles occupent , ainsi que nous l'avons démontré ailleurs en décrivant la position des parties internes. Mais comme certains organes sont très-voisins l’un de l’autre, et qu'il importe de savoirsi la plaie est superficielle ou pénétrante, il devient nécessaire de reproduire les signes qui font reconnaître la lésion de telle ou telle partie, et sur lesquels on peut fonder un pronostic heureux ou funeste.

8. Ainsi dans les blessures du cœur le sang s’échappe avec abondance, le pouls s’affaiblit; le malade, d’une pâleur excessive, est comme arrosé d'une sueur froide et de mauvaise odeur ; les extrémités se refroidissent, et la mort ne se fait pas attendre.

9. Quand le poumon est blessé, il y a difficulté de respirer ; le sang qui sort par la bouche est écumeux, celui de la plaie est vermeil, et en même temps l'air s'échappe par l'ouverture avec siftlement; les malades tendent à se coucher sur la blessure, les uns se lèvent sans raison , beaueoup d’autres ne parlent qu'en s'appuyant sur la plaie, et ne peuvent plus articuler dès qu'ils changent de situation.

10. Les blessures du foie ont pour signes un épanchement de sang considérable sous l’hypocondre droit, la rétraction des flancs vers l'épine, le soulagement qu'on éprouve à se coucher sur le ventre, les douleurs pongitives qui s'étendent du foie à la clavicule et à l’omoplate : signes auxquels s'ajoute quelquefois un vomissement bilieux.

7. Sed pleraque ex vulneribus oculis subjecta sunt : quorumdam ipsæ sedes indices sunt, quas alio loco demonstravimus, Cum positus interiorum partium ostendimus. Verumtamen , quia quædam vicina sunt, interestque, vulnus in summa parte sit, an penitus penetraverit, necessariüm est notas subjicere, per quas quid intus ictum sit, scire possimus ; ct ex quibus vel spes, vel desperatio oriatur.

8. Igitur, corde percusso, sanguis multus fertur, venæ languescunt, color pallidissimus , sudores frigidi, malique odoris, tamquam irrorato corpore oriuntur, extremisque partibus frigidis matura mors sequitur.

9. Pulmone vero iclo, spirandi difficultas est; sanguis ex ore spumans , ex plaga rubens , simulque etiam spiritus cum sono fertur; in vülnus inclinari juvat; quidam sine ratione consurgunt; multi si in ipsum vulnus inclinati sunt, loquuntur ; si in aliam partem, obmutescunt.

10. Jocinoris autem vulnerati notæ sunt : mullus sub dextra parte præcordiorum profusus sanguis; ad spinam reducta præcordia ; in ventrem cubandi dulcedo ; punctiones , doloresque usque ad jugulum, junctumque ei latum scapularum os, intenti : quibus nonnumquam etiam biliosus vomitus accedit.

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