‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 89 sur 265 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des briques, de quelle terre , en quel temps et de quelle forme elles doivent étre faites.

Il faut premièrement savoir de quelle terre les briques doivent être faites ; car la terre qui est pleine de gravier, de cailloux et de sable ne vaut rien, en ce qu'elle rend les briques trop

(x) Ténébreux.

ignem. Democritus quique eum secutus est Epicurus, atomos , quæ nostri insecabilia corpora, nonnulli individua, vocitaverunt. Pythagoreorum vero disciplina adjecit ad aquam et ignem aëéra et terrenum. Ergo Democritus etsi non proprie res nominavit, sed tantum individua corpora proposuit, ideo ea ipsa dixisse videtur, quod ea,

cum sunt disjuncla, nec læduntur, nec interitionem reci-: piunt, nec sectionibus dividuntur, sed sempiterno ævo # perpetuo infinitam retinent in se soliditatem. Ex his ergo | congruentibus cum res omnes coire nascique videantur, |

et eæ in infinitis generibus rerum natura essent disparatæ, putavi oportere de varietatibus et discriminibus usus earum, quasque haberent in ædificiis qualitates, expo-

pere, uti, cum fuerint notæ, non habeant qui ædificare ! cogitant, errorem, sed aptas ad usum copias ædificiis

comparent.

De lateribus.

Itaque primum de lateribus, qua de terra duci eos L

oporteat, dicam. Non enim de arenoso neque calculoso neque sabuloso luto sunt ducendi ; quod ex his generibus cum sunt ducti, primum fiunt graves; deinde, cum ab imbribus in parietibus sparguntur, dilabuntur et dissol-

pesantes, et qu’elle fait qu’elles se détrempent et se fendent, si elles sont mouillées par la pluie. D'ailleurs, cette terre, qui est rude, n’est pas assez liante pour faire corps avec les pailles qu’on y mêle : il les faut donc faire avec de la terre blanchâtre, semblable à de la craie, ou avec de la terre rouge, ou bien encore avec du sablon mâle, parce que ces matieres, à cause de leur douceur, sont plus compactes, ne pèsent point dans l'ouvrage, et se corroient aisément. Le temps le plus favorable pour mouler les briques est le printemps et l'automne, parce que, durant l’une et l’autre de ces saisons , elles peuvent sécher également partout; au lieu qu’en été le soleil, consumant d’abord l’humidité du dehors, fait croire qu’elles sont entièrement sèches, et n’achève néanmoins de les sécher qu’en les rétrécissant; ce qui fend et rompt leur superficie aride, et les gâte tout à fait. C’est pourquoi le meilleur serait de les garder deux ans entiers; car, lorsqu'elles sont employées nouvellement faites, et avant d’être entièrement sèches, l’enduit que l’on met dessus s'étant séché promptement et ayant pris de la consistance, elles s’affaissent, et,°en se resserrant, se séparent de cet enduit, qui, n’étant plus attaché à la muraille, n'est pas capable de se soutenir de luimême, à cause de son peu d'épaisseur. Il finit done par se rompre ; et alors la muraille, s’affaissant çà et là inégalement, se gâte et se ruine aisément. C’est pour cela qu'à Utique le magistrat ne permet point qu'on emploie de brique qu'il ne l’ait visitée, et qu’il n’ait reconnu qu'il y a cinq ans qu'elle est moulée. Il se fait detrois sortes de briques. La première est celle dont nous nous servons , qui est appelée en grec

xuntur, paleæque in his non cohærescunt propter asperitatem. Faciendi autem sunt ex terra albida cretosa, sive de rubrica ,aut etiam masculo sabulone. Hæc enim genera propter levitatem haben firmitatem, et non sunt in opere ponderosa, et faciliter aggerantur. Ducendi autem sunt per vernum tempus et autumnale, ut uno tenore siccescant : qui enim per solstitium parantur, ideo vitiosi fiunt, quod summum corium sol acriter cum percoquit, efficit ut videantur aridi, interior autem (humor) sit non siccus, et cum postea siccescendo contrahit et perrumpit ea, quæ erant arida , ita rimosi facti efficiuntur imbecilli. Maxime autem utiliores erunt, si ante biennium fuerint ducti; namque non ante possunt penitus siccescere. Itaque cum recentes et non aridi sunt structi, Lectorio inducto rigideque obsolidato permanente, subsidentes non possunt eandem altitudinem , qua est tectorium , tenere, contractioneque moti non hærent cum eo, sed a conjunetione ejus disparantur : igitur tectoria ab structura sejuncta propter tenuitatem per se stare non possunt, sed franguntur, ipsique parietes fortuito sidentes vitiantur. Ideoque etiam Uticenses latere, si sit aridus et ante quinquennium ducfus, cum arbitrio magistratus fuerit ita probatus, tune utuntur in parietum structuris. Fiunt autem laterum ge-

didoron(1) ;elle est longue d'un pied et large d’un demi-pied. Les deux autres, qui sont le pentadoron (2) et le tétradoron (3), sont employées par les Grecs. Le palme est appelé doron par les Grecs , parce que doron, qui signifie un présent, se porte ordinairement dans la paume (ou palme) de la main : et ainsi la brique qui a cinq palmes en carré est appelée penfadoron, et celle qui en a quatre, {étradoron. Les ouvrages publies se font avec le pentadoron, et les ou— vrages particuliers avec le tétradoron. En faisant toutes sortes de briques, on fait aussi des demi-briques; par ce moyen, lorsque l’on bâtit une muraille, on met alternativement d’un côté un rang de briques, et de l’autre un rang de demi-briques ; en sorte qu’étant mises en ligne à chaque parement, celles d’une assise s’entrelacent avec celles d’une autre. De plus, le milieu de chaque brique se rencontrant sur un joint montant, cela rend la structure encore plus solide, et plus agréable à la vue. Les briques que lon fait à Calente, ville d'Espagne, à Marseille, ville des Gaules, et à Pitane, ville de l'Asie, pagent sur l’eau lorsqu'elles sont sèches. Cette propriété leur vient de ce que la terre dont elles sont faites est de la nature de la pierre-ponce, et qu’elles joignent à la légèreté une grande dureté, qui empêche que l’eau ne les pénètre. Telle est la raison qui fait que l'humidité ne peut rien sur ces briques, et que, quel que soit leur poids, elles sont soutenues sur l’eau , comme si c’étaient des pierres-ponces. Ces espèces de briques sont d'une grande utilité dans la construction; car, d'un côté , elles ne chargent point les murailles,

(x) De deux palmes. — (2) De cinq palmes. — (3) De quatre palmes. “

nera tria : unum quod græce Lydium appellatur ; id est, quo nostri utuntur, longum sesquipede , latum pede : ceteris duobus Græcorum ædificia struuntur. Ex his unuim pentadoron, alterum tetradoron dicitur. Doron autem Græci appellant palmum, quod munerum datio græce è&pov appellatur : id autem semper geritur per manus palmam. Ita quod est quoquo versus quinque palmorum , pentadoron, quod quatuor, tetradoron dicitur :et quæ sunt publica opera pentadoro, quæ privata, tetradoro struuntur. Fiuntautem cum his lateribus semilateria, quæ cum struuntur, una parte e lateribus ordines altera semilateriis ponuntur : ergoex utraque parte, ad lineam cum construuntur alternis choris parietes, alligantur, et medii lateres supra coagmenta collocati et firmitatem et speciem faciunt utraque parte non invenustam. Est autem in Hispania ulteriore civitas Maxilua etin Galliis et in Asia Pitane, ubi lateres cum sunt ducti et arefacti, projecti natant in aqua. Nalare autem eos posse ideo videtur, quod terra est, de qua ducuntur, pumicosa : ita cum est levis, aëre solidata, non recipit in se nec combibit liquorem. Igitur levi raraque cum sint proprietate, nee patiantur penetrare in corpus humidam potestatem , quocuuque pondere fuerint, coguntur ab rerumnatura, quemadmodum pumex, uti ab aqua sustineantur. Sic autemn

et de l’autre elles ne sont point sujettes à se détremper par la violence des orages.

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