‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 91 sur 265 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la chaux , et quelle est la meilleure pierre dont elle se fait.

Après avoir dit de quel sable on se doit fournir, il faut rechercher avec soin ce qui appartient à la chaux, et prendre garde qu’elle ne soit faite avec des pierres blanches ou des cailloux. Il faut aussi savoir que celle qui sera faite avec les pierres ou les cailloux les plus compacts et les plus durs sera la meilleure pour la maçonnerie, et que celle qui sera faite avec des pierres un peu spongieuses sera préférable pour les enduits. Quand la chaux sera éteinte, il la faudra mêler avec le sable, en telle proportion qu’il y ait trois parties de sable de cave ou deux parties de sable derivière ou de mer, contre une de chaux. Telle est, en effet, la plus juste proportion de leur mélange, qui sera encore beaucoup meilleur si on ajoute au sable de mer et de rivière une troisième partie de tuileaux pilés et sassés. Or, pour savoir

sunt de arenariis recentes. Si enim exemptæ diutius jaceant, ab sole et luna et pruina concoctæ resolvuntur, et fiunt terrosæ. Ita cum in structuram conjiciuntur, non possunt continere cæmenta, sed ea ruunt et labuntur, oneraque parietes non possunt sustinere. Recentes autem fossitiæ cum in stucturis tantas habeant virtutes, eæ in Lectoriis ideo non sun utiles, quod pinguitudini ejus calx, palea commixta, propter vehementiam non potest sine rimis inarescere : fluviatica vero propler macritatem, uti Signinum, bacillorum subactionibus in tectorio recipit solidilatem.

De calce.

De arenæ copiis cum habeatur explicatum , tum etiam de calce diligentia est adhibenda , uti de albo saxo aut silice coquatur ; et quæ erit ex spisso et duriore , erit ntilis in structura, quæ autem ex fisluloso, in tectoriis. Cum ea erit extincla , tune materia ita misceatur, ut si erit fossitia, tres arenæ et una calcis confundantur ; si autem fluviatica aut marina, duæ arenæ in unam calcis conjiciantur : ita enim erit justa ratio mixtionis temperaturæ. Etiam in fluviatica aut marina si quis testam tusam et succretam ex tertia parte adjecerit, efficiet materiæ temperaturam ad usum

par quelle raison ce mélange de chaux, de sable et d’eau fait un corps si dur et si solide, il faut considérer que les pierres , de même que tous les autres corps, sont composées d'éléments, et que ceux qui contiennent le plus d’air sont les plus tendres, ceux qui contiennent plus d'eau sont plus tenaces, ceux dans lesquels il y a plus de terre sont plus durs, et enfin ceux qui renferment plus de feu sont plus fragiles. Il faut encore remarquer que si on pilait les pierres dont on fait la chaux sans être cuites, et qu’on mélât cette poudre avec du sable, on n’en pourrait jamais rien faire de propre à lier de la maçonnerie; mais si Jon cuit tellement les pierres que la force du feu leur fasse perdre leur première solidité, elles deviennent poreuses et pleines d'ouvertures. Alors leur humidité naturelle s’épuise, et l’air qu’elles contenaient se retirant pour ne laisser qu’une chaleur cachée, il est aisé de concevoir que lorsqu'elles viennent à être plongées dans l’eau avant que cette chaleur soit dissipée, elles doivent acquérir une nouvelle force et s’échauffer par suite de l’humidité qui pénètre leurs cavités, et qui, en les refroidissant, pousse en dehors la chaleur qu’elles avaient en soi. C'est ce qui fait que les pierres à chaux ne sont pas de même poids quand on les tire du fourneau qu’elles étaient quand on les y a mises, et que si on les pèse après qu’elles sont cuites, on les trouvera diminuées de la troisième partie de leur poids, quoiqu’elles aient conservé leur première grandeur. Ainsi les ouvertures qu’elles ont dans toutes leurs parties sont cause qu’elles s’attachent avec le sable quand on les mêle ensemble, et qu'en se séchant elles joignent et lient fermement les pierres pour faire une masse fort solide.

meliorem. Quare autem, cum recipit aquam et arenam calx, tunc confirmat structuram , hæc esse causa videtur,

temperata, et quæ plus habent aëris, sunt tenera, quæ aquæ, lenta sunt ab humore, quæ terræ, dura, quæ ignis , fragiliora. [laque ex his saxa si, antequam coquantur, contusa minute mixtaque arenæ conjiciantur in structuram, non solidescunt, nec eam poterunt continere : cum vero conjecta in fornacem ignis vehementi fervore correpta amiserint pristinæ soliditatis virtutem , tunc exustis atque exhaustis eorum viribus relinquuntur patentibus foraminibus et inanibus. Ergo liquor qui est in ejus lapidis corpore et aër cum exustus et ereptus fuerit, habueritque in se residuum calorem, latentem, priusquam ex igni vim recipiat, intinctus in aqua , et humore penetrante in foraminum raritates conferveseit, et ita refrigeratus rejicit ex calcis corpore fervorem. Ideo autem quo pondere saxa conjiciuntur in fornacem, cum eximuntur, non possunt ad id respondere; sed cum expenduntur, eadem magnitudine permanente, excoeto liquore, circiter tertia parle ponderis imminuta esse inveniuntur. Jgitur cum patent foramina eorum et raritates, arenæ mixtionem in se corripiunt et ita cohærescunt, siccescendoque cum cæmentis coeunt et efficiunt structurarum soliditatem.

quod e principiis, uti cetera corpora, ifa et saxa sunt,.

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