THE NEW YORK
PUBLIC LICRAllY
ASTOR. LENOX AND T1LUL.S FU'NDATIONS
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Invocation
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Les yeuxtournés sans fin vers Jessplendeui Nous évoquons J'efFroî, i'angoisse et le tourment De tes baisers, plus doux que le miel d'hyacinthes, Amante qui versas Impérieusement, Devant l'Aphroditâ dont le furtif sourire Dépasse en cruauté les flèches de l'Erôs, L'orage et l'éclair de ta lyre, O Psapphà de Lesbôs!
Les siècles attentifs se penchent pour entendre Les lambeaux de tes chants. Ton visage est pareil A des roses d'hiver recouvertes de cendre Et ton lit nuptial ignore le soleil. .
Ta chevelure ondoie au reflux des marées Comme l'algue marine et les sombres coraux, Et tes lèvres désespérées Boivent la paix des eaux.
Que t'importe l'éloge éloquent des Poètes, A Toi dont le front large est las d'éternités? Qu'importent le frisson des strophes inquiètes, Les éblouissements et les sonorités?
La musique des flots a rempli ton oreille.
Ce remous de la mer qui murmure à ses morts Des mots dont le rythme ensommeillé Comme de lourds accords.
O parfum de Paphôs! ô Poète! ô Prêtresse!
Apprends-nous le secret des divines douleurs.