ACTE IV
^ MARIANNE. '
Ah ! daine, parce que la nuit est noire, et que vous déviés
passer auprès du lac qtii est débordé...
GEORGËj i Btiinchf*. - ‘ '
Vous êtes bonne ! (a part.) Voilà, toujours la rrêmc chose! maintenant, je ne trouve plus rien à lui dire...
Planche, ipan.
péja sa pensée est ailleurs» ^Matîanoa m iIî>pcsa a aorur.j
GEOHGK^ v.venut'Dt*
Restez donc, Mananiie, asseyez-vous. '
BLANCHE, • atieyant , apré* un moment de Silence. "
Monsieur George, vous n’avez rien à me raconter de votre
voy^e? (Mariaane t’esl assise près du feu et, peu à peu, s’assonpil.)
GEORGE 9 cberchant à lecoiicr sa prcoccopatioiia
Mon Dieu ! non, si ce n'est ce que m'a raconté en venant votre cocher, au sujet de monsieur Antoine. 11 parait que, depuis sa dernière visite, sa sauvage nature, qui s'était /
assoupie un instant, s'est réveillée tout à coup, et qu’il ne se passe pas de jour où il ne soit mêlé à quelque bagarre. Ah ! c’est un singulier cousin que vous avez là !...
BLANCHE, avec repeoche. ^ .
Il ne faut pas m’en vouloir. George, de ce que mmisieur Antoine est de notre famille... ' '
GEORGE, TÎTement. ,
Oh! Blanche!... c'est vrai, j’ai eu tort de vous parler de
lui... Pardon!... (ii loi prrnrt la main atec tendrene.)
' ' BLANCHE, heiireuiè.
Oh! je VOUS pardonne!...
GEORGE. ’ ' -
*e vous remercie, (ll i|utue la main de Blancbii et ratorabe daes ae rèterie.)
BLANCHE, A part.
Il y a huit jours, il disait : Je vous aime!... . '
GEORGE, irgardaut Mariaena.
üst-ce qu’elle va s’eudorrair? (a BiaBche,) Que faisiez-vous hier, à celle heui’c?
•CKNDKILLON
' ' BLANCHE; avec liécauragemeat.
^ Je ne IDC le. rappelle |ias...
<bEORGE^ qui cherche toujours à cacher ton esrbarras^ et qui paHe Uaht \ parfois pour rëveillcr Marianne*
Ab! c'est une question que je me suis souvent a<icehsée - quand je pensais à ceux qui étaient loin de moi : Que font- Us à cette heure? Cette préoccupation m’avait donné l’idéé, quand j’étais en Crimée^ de faire mon journal, jour par jour, heure par heure ; un de mes cousins , selon nos conventions, faisait de même le sien ici; et, pendant ma conva- ' lescence, en mettant en reeard de mes notes celles que mon cousin m’avait envoyées, j’ai trouvé des résultats assez singuliers. La vie est ainsi faite ! c’est très-drôle! (Avee a«é lé-
gtr,:lé qiiM veut Jâther dp rendre gaie.) Pour la jouméc d lllkei’—
mann, par exemple, 5 novembre 1831, voici ce que j’avais trouvé : A quatre heures du matin, comme toutes les cloches de Sébastopol sonnaient le signal du combat, mon cou- ■^sin sortait de son cercle, où il avait perdu une dizaine de mille francs, et il se mettait au lit dans son petit hôlcl de la Chaussée-d’Antin, juste à l’iu ui e où une colonne russe, que l’on n’avait pas aperçue dans le brouillard, venait interrompre notre sommeil à grand coups de baïonnette. Mondit cousin donnait un lin déjeuner à une douzaine de fils de (bmille, juste à l’heure où l’on nous apportait à grand’- ^«■ine, au milieu même d’un engagement furieux, quelques morceaux de biscuits que nous déchirions, en môme temps .que la cartouche, avec des dents longues... de vingt-quatre heures. El... •,
BLANCHE, avre im(>alience, riiilerrompant.
C’est très-philosophique ! (Api uyam.) Très-signiflcalif surtout! (atoc nnp iDteoti«n marquée.) Et je regrette bien, monsicuT George, que vous ne m’ayez pas raconté cela il y a un an.
(Etle va à !a chèminép.)”
GEORUE, élouDC, ^
- Gomment?
BLANCHE, à part.
Oh ! je voudrais pleuçcr. (Ham.) Tiens, Marianne s’est endormie. .
* Blanche, Marianne, George,