ACTE DEUXIÈME
Vous l'avez dit, je suis le rêve et dois passer Sans qu'il en reste trace, Comme s'efface Un reflet du ciel que l'on voit glisser
Sur l'eau, que le vent ride et pousse, Et qui bientôt ira se perdre dans la mousse...
LE PRINCE
ije te perdrais, moi, non... non... plutôt le trépas!. Qui que tu sois, partout, je veux suivre tes pas... ^ CENDRILLON.
z I Non, je vais fuir, hélas !
\ Et vous ne me reverrez pas!...
LE PRINCE
Ail! cette parole cruelle.
Est-ce bien toi qui l'as dite? Comment Ta lèvre si douce peut-elle La prononcer? Ton œil candide la dément...
CENDRILLON, tendrement.
Vous êtes mon prince Charmant, Et, si j'écoutais mon envie.
Je voudrais consacrer ma vie A vous complaire seulement...
Vous êtes mon prince Charmant.
Vous êtes mon prince Charma^t Et mon âme gémit, blessée Jusqu'à mourir à la pensée •/ De vous attrister seulement...
Vous êtes mon prince Charmant.
LE PRINCE
Eh bien, laisse ta main dans la mienne pressée
Car, si de toi j'étais abandonné, Lors, je serais ton prince infortuné!...
CENDRILLON, à port, très émue.
Sa voix est comme une harmonie Qui ravit mon oreille et tient mon cœur charmé.,.
LE PRINCE
Ah! reste et prends pitié de mon cœur alarmé I... Éveille en mon esprit la douceur infinie Et le charme innocent de l'avril embaumé !
Oui, du seul souvenir de cette heure bénie, Mon esprit restera pour toujours embaumé!.
LE PRINCE
Je t'aime et t'aimerai toujours...
Elle écoute anxieuse le premier coup de minuit qui sonne au loin.
Ah! je frissonne I
LE PRINCE, tendre et pressant.
Rien ne m'éloignera de toi... rien, ni personne!
CENDRILLON, se détachant peu à peu des étreintes du Prince.
L'heure! déjà! mon Dieu! déjà l'heure qui sonne 1...
LE PRINCE
L'heure? Qu'importe l'heure? Il la faut oublier! Je suis à tes genoux pour te mieux supplier ! Je t'aime!
Cendrillon s'enfuit. La Fée, voilée, surgit rapidement. Elle arrête le Pr4nce Charmant qui allait s'élancer à la poursuite de Cendrillon, puis disparaît immédiatement.