‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 61 sur 80 · RIO · texte numérisé non relu

RIO

X vous a peint ma vie en racontant la sienne : ir Rio la fortune est de Phistoire ancienne; s fruit depuis dix ans je professe à Paris*

in , Tabbé Fayet sous son ailé m^a pris; :;enseur candidat jVi quitté: tout! de suite n brevet d^archiviste el me suis fait Jésuite.

LOURDOUBIX.

Messieurs, de ce bourbier vos p€u seront tirés "^ ; D^iin frivole public écrivains ignorés , EflEroi de Fimprimeur et fléaux du libraire , Vous avez tous des droits aux faveurs de Corbière. Je sais que deux diseurs d^insipides bons mots LWt nommé dans leurs vers le Mécène des sois; Que vous imparte à vous? Son regard de justice Sur vos bumbles écrits s^est abaissé propice; Et vous serez payés par ses soins généreux Avec For qa*û soutire à la ferme des jeux. Digne emploi de cet or que Chalabre dispense Au ministre moral qui gouverne la France ! Mais un doute imprévu m^assaillit malgré moi : Je vous suppose tous au fait de votre emploi; Je crois pourtant qu^il faut répéter notre rôle ; Je tiens à vous voir tous formés à mon école. Ecoutez commençons écrivain libéral ,

Je vais pour un moment rédiger un journal. Premier article : « On dit que Pamiral Cochrane )> Poursuit avec ardeur une flotte ottomane ; )> Les Grecs tiennent encore; enfin, chacun pressent » Que rétendard chrétien abattra le croissant. »

TOUS ( en sextuor. ) Biffé !

LOURDOUEIX.

C^est bien ! • • • . <c Chayez avec son amazone y » Comme un simple hidalgo se promène à Bayonne. j>

TOUS

Biffé!

LOURDOUEIX.

Bien !.. « Le Dauphin par son grand cœur guidé, » Au conseil des prisons hier a présidé. »

TOUS

Biffé!

LOURDOUEIX.

De mieux en mieux!... « Son altesse royale

i> Monseigneur d^Orléans, d^une main libérale,

» A donné mille écus aux chrétiens d^Orient ,

)» Par les mains de Choiseul et de Chateaubriand. »

TOUS

Biffe!

LOURDOUEIX.

« Deux malheureux, assis sur la sellette , )» Dénonçaient au jury Chalabre et la Roulette. »

TOTJS.

Biffé!

LOURDOUEIX.

« L^inquisiteur, dans un auto-da-fé, >» A brûlé deux négros à Se ville. »

TOUS

Bifie!

LOURDOUBIX.

bon ! <( Uabbë baladin , en disant son office ' ^ » A mêlé Parsemé au vin du sacrifice. »

TOUS

Biffé!

LÔURDOUBIX.

Bien ! if Molitor , aumônier apostat ' , ïi Du criinc de Tarquin a souillé son rabat. »

TOUS

Biffé !

LOURDOUEIX.

Bien ! u Un Français nous écrit de Lausanne » Que le curé IMaingrat s*y promène en soutane '**.!»

TOUS

biffé !

LOURDOUEIX.

<c L^abbé Madine a dit.... *^ »

Biffé;

Cestbira!

■ Le martvrL.orembru(>L- . .

a Eorichi des deniers mia -vr

B taisait valoir des fonds r-^^

coaqu,3 en NorouDdie; Il Hier des créanciers au'i'l -»

^ ""Po convertir, u A Versaille OQt reçu le hiU^ j

"uan da martjr. .

LVr,,cle est i.o„ce„^ e. s„„, ,„^,„^ ^^^ On pourrail le laisser glisser en pelil-leite.

LOUBDotElX.

L'article es. innocent ! Cest Couvret q„i fc j-, , Vo„le.-v„„s à Mont-Ronge enlever ,„„, J^.', t. que les ah„nn« d'une feuiBe maud,-,, O'-n jVsuite banquier apprennent h f^^^.

COCVRRT.

Birte!

tots.

Biffé!

LOURDOURIX.

« Biffé !... Je poursuis mon journal :

« Le curé de Bensfeld au sacré tribunal *% )> Par de secrets moyens catéchisait des filles; » Les pères s^en sont plaint....»

TOUS

Ce sont des peccadilles ; Biffé !

LOURDOUEIX.

(( L^abbé Monchy, dans un fougueux sermon '^, >: A voué le Royaume et la Charte au démon. »

TOUS

Biffé!

(ÏO)

« Certain curé, d<Hit Faudace épomnte.

» A fosOé T dwz lui, ranii de sa serrante '^. j

TOUS

Bi£ËI

LOmiNHIKlS.

« Sur le parris da temple Saint-Martin **. » Asàstè de sa fiDe, no pieux sacristain • A batta Tertemnit une dame en prière ^ a Qu^à dix benres dn soir confessait )e vicaire. •

tocs.

Biffé!

LODKDOCnX.

Ken! « Lav^roiix, le coré de Jnmeanz " » Béait ses peniteos par des soufflets jiuneaok. a

(ai )

LOURDOUBIX.

« Les deux auteurs de la Villéliade.... »

TOUS (se levant).

Biffé!

LOURDOUEIX.

Vous êtes tous dignes de votre grade ; Il suffit. L'encre rouge, à ce que je prévois, Laissera chaque nuit sa teinte sur vos doigts. Votre instinct tous conduit bien mieux que votre tète. Vous êtes nés censeurs comme Ton nait poète ! Pourtant s'il vous fallait dire par quels motifs Vous portez si souvent des arrêts trop actifs, A Fécrivain biffé , ravi de vous confondre , Voy ons,Messieurs,voy ons que pourriez-vous répondre?

couvRET (rf'a/2 ton de dignité).

Des journaux de Baal vertueux assassins , Nous ne rendons qu'à Dieu compte de nos desseins \ Vers notre tribunal quand un auteur s'avance ,

Oq le condamne à morl > saus ouïr sa défense ;

BJitonner sans appelf vttili notre devoir:

La raison des censeurs est de n^en point avoir.

i.oukdoi;eix.

Admirable!... grand Dieu, qui reillez sur ces riveî. Faites que tant de mains ne restent pas oisÏTes .'.■

Ainsi parlait Lourdoueîx, quand le choc du marteau Ebranla par six fois Vhorloge du château ; Sur la colline sainte en même temps éclate Une triple fuse'e , an bouquet écarlate ; Il Victoire, compagnons ! voyez ces feux amis ! u Ils pétiUent dans Pair ! c^est le signal promis ; Il Nous Toilà dictateurs de la littératm-e ; » i'Imbrassoo/^-niius. >l(':>ï.ien[->, aoasavons la Censure, •• \ daler de vc suir, nouf regnons , et demain f Xj» sceptre des journaux tombe dans notre main, binltoanl , rroutez mes dernières parcdes :

» Apprenez le secret etrejsprît de vos rôles;

» Il faut , parfois ^ aux yQui^ d^Vin piibliç héh^té

» Donner à Pesclavage un air de libert;e ,

2> Souffrir des libéraujs: une attaque légère^

» Et laisser au besoin drapf^ I^ minisjtère.

» Mais voici du conseil rimmuabl^ ^t^ut ^ .

» De la nouvelle loi voici Punique but :

» Ne permette^ jamais qu^un article profane,

>i Incrimine en public le froc ou la soutane , ;

» Et révèle au lecteur justement indigné,

)> Le délit d^un jésuite au greffe consigné ;

» Dérobez aux regards sous un voile pudique ,

)) Des faiblesses des saints le récit véridique ;

» Veillez soigneusement à Thonneur des Maingrat.

)> Le camp ultramontain ne sera pas ingrat; ,

» Par votre zèle ardent , par votre obéissance ,

» Ménagez-vous des droits à sa reconnaissance :

» Mont-Rpugc servira ceux qui Pauront servi.

n Si le nom de censeur vons est jamais ravi, » Si jamais dans vos mainSf mais je n^ose le croire, « La Chambre anéanlil on pouvoir transitoire ; M Crojez , qu'au même instant vos généreox palroiti, M Sauront récompenser ces injnstes a&onts ; ■ Des faveurs de l'Eut comme ik sont les aifcitres. » Ils vous prodigueropt des emplois et des titres, » Et dignes possesseurs d'un prix qui vous est dâ, tVoos direz : For5 fAoniMur, nouj ft Won* ™ny»rdu. ■

NOTES

NOTES

' Sur la colline qui domine Saint-Cloud , s*élève une tour , bâtie sur le modèle de la lanterne de Diogène à Athènes ; du sommet de cette tour on jouit d'un coupd'œil magnifique; la porte en est gardée par une femme noire et ridée; lorsqu'elle se tient immobile sur le seuil, on la prendrait pour une momie sculptée sur la porte d'un monufnent égjptien. Elle perçoit deux sous par personne,

^ Comme la fête du matia.

Dans la province , pays peu civilisé, les exécutions à mort se font sans avis préalable au public ; mais à Paris, où la police est toute paternelle, il est permis, dans ces cas terribles , à de vieilles femmes de parcourir les rues, en annonçant au peuple que la Grève attend une victime ; ici l'écbafaud ne doit jamais passer inaperçu.

' Réglait les pas sur \c gazon.

L'ordonnance de censure a été signée le 24 juin. Il y avait

bal dans le parc de Saint-Cloud ; cette fête avait été annoncée li veille dans quelques journaux : on avertissait qa*on ne poonit entrer dans le parc en uniforme ou en éperons. La journée était superbe ; une foule immense remplissait le bois et courrait les pelouses; tout était en mouvement, les eaux, les orchestres , 1rs jeux de bagne , les tirs, les carrousels; et le bon peuple dansait sous les jeux même des ministres qui rédigeaient le prognmme des funérailles de la presse.

^ Littéraires styllites.

Le ^surnom de StylUte fut donné à saint Siméon qui pisa trente ans sur une colonne, d'après la Légende.

' . . . Par De Liège embrasées.

M. De Li^e est secrétaire du conseil de censare.

^ .... Je ments oomme un père Danîd.

Le père Daniel de la compagnie de Jésus a fait douze volume de contes à dormir debout, qu'il a intitulés gravement HisUA de Pramee depuis lafondation de la monarchie jasqu à noijoui- Ctsl la seule bistoire de France en usage dans les petits séminaires; on en lit ordinairement trois chapitres au réfectoire , pcnJ^' les repas* Le père Daniel est regardé par les jeunes abbés r^^^

riciens, comme le Tacite des jésuites à cause de son éloquente con-^ cision ; il a écrit vingt pages pour prouver que la Sainte-Âm<poule était un fait historique et un article de foi.

^ De ce bourbier tos pas seront tirés. « Voyez Voltaire dans le Pauvre Diable.

" L'abbé Saladin en distot son ofûce.

Uabbé Saladin y desservant à Pierre -Late, a été renvoyé devant les assises du département de la Drôme j comme prévenu d'avoir empoisonné son curé avec du vert-de-gris infusé dans une burette.

( Voir le Courrier Français^ du^^ mai 1827.)

' Molitor , aumônier apostat.

Un prêtre nommé Nicolas -Joseph Molitor va comparaître devant les assises de Seine -et-Oisc, sous la triple accusation de vol , de faux et d'attentat à la pudeur avec violence.

( Courrier des Tribunaux , du i*^ juin 1827.)

'° . . . lin Français nous écrit de Lausanne, Que le curé Maingrat s*y promène en soutane.

Il est inutile de rapporter ici un crime qui fait époque dans les

fastes des Iribanauz ; ce prêtre antropophage jouît d*uiie boiriLic ccldiirité à côté des Paparoine et des Ligier. Trancpûlie aajoDFd'hui au-delà de la frontière , il nargue la justice de son pays.

■' L*abbé Madiiie a dit.

Le père Madine , en prêchant à Vienne , a prétendu qte 1« savans et les naturalistes étaient des diables.

( Courrier Français, du \S jtuM.]

Le maitvr Lo^rembniGk.

M. Tabbé Lovembruck j dont le nom se rattaeke à la hmtwx mission de Rouen où il (ut martyrisé j d'après VEioiU , a fait faillite à Versailles. Ses créanciers l'ayant fait citer devant le triboiul de cette ville ^ et M. l'avocat du Roi ayant foit observer qoe le caractère sacré du failli ne lui permettait pas de co^iaraitre a l'audience , M. l'avocat Marie demanda si son caractère Tempe, cbait aussi de payer ses dettes.

(^Courrier des Tribunaux ^ <2tf 3i avril tS37.)

■> Le euiè de Bcnsfdd.

Les détaib de l'affidre du curé de Bensfeld sont si d^oûtans, que nous n*c»sons les rapporter ici. Ce curé a été arrêté le 17 juio dernier, et conduit à Scbelestadt.

(^Courrier du Bas^Kkin, igj'uîn iSs*.

'^ L*abbé Monchy.

Cet abbé Monchj , préchant à Mantes , fit publiquement sa profession de foi politique ; il prétendit que tant que la Charte mbsisterait , il n'y aurait point de salut pour la France ; c'était là >ans doute un pécbé véniel : aussi n'a-t-il été jugé qu'en police correctionnelle.

' ' Certain curé.

Le curé de Y y département de la Moselle, dans un accès

le jalousie , déchargea un coup de fusil à un jeune paysan qui aisait la cour à sa servante ; le lendemain après avoir bu du vin m quantité , il fit l'aveu de son crime ; les gendarmes n'osèrent l'abord l'arrêter de crainte de se compromettre^ enfin ils s'enlardirent y et le coupable fut conduit à Metz , puis à Sarreguemiles , chef-lieu de l'arrondissement.

(Voir/tf Courrier Français, du iS juin 1827.)

'^ Sur le parvis du temple Saint-Martin.

Le 16 mai dernier, M. Sarrasin, bedeau à Saint-Martin (Marseille ), assisté de sa fille, a battu la demoiselle Ailhaud, parce (ju'elle restait jusqu'à dix heures du soir, dans l'église, pour se confesser.

( V. la Gazette des Tribunaux, du 2i juin 1827.)

'^ . . . LaTeyroax, k coré de Jameanx.

Le rare de Jumeaux , M. Louis Lavejroux, a rompani k 3o mai, devant le Tribunal correctionnel de la ville d'Issoirc ( Pnj-de-Dôme ) ; il était accusé d*avoir donné, dansFégliàe, deux sonlHets à Anne Mathieu, femme de Claude Gallot, marinier à Jumeaux , le a5 mars dernier.

( Gazette des Tribunaux, du t3juîm 1817.)

n nous aurait été facile de prolonger cette énnmératioa,carces derniers mois ont été très-féconds en peccadilles jésuitiques. Novi croyons avoir mis le doigt dans la plaie ; la censure , nous le répétons, n*a été rétablie qu'au profit des jésuites; on a vouln couvrir leurs écarts d'un voile épais, et cette mince liberté qat le Moniteur accorde à la presse périodique , ne s'exercera qa*aax dépens des ministres, lesquels n'ont plus rien à perdre ni à gagner. Aussi nous ne serons pas étonnés de voir pendant qocltpK temps encore quelques articles d'opposition mitigée sur les actes ministériels, mais le mot jésuite doit être exclu pour jamais d: vocabulaire des journalistes. On appelle eela en stjie de VEi9:.{ servir les intérêts de la Religion , comme si la Rdigion , cette fil* céleste, pouvait recevoir quelque atteinte dés crimes des Saladi^ et des MoUtor !

P. S. NoMis apprenons â l'instant que MM. Rio et Caix ont donné Imr démission. Si cette nouvelle nousjut parvenue plus lot , les noms de c^f Messieurs n'aurtdent pasjigurë dans cet ouvrage.

TOUTE PDiaSADCI EST FAIBLE, A HOtHS QUE D'£tIIB DHII.

LA CENSURE

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