DE J0SSIEU ET DE ÇALVÀNDY
. . Votre trinité m'eipbarrasse i e{; j^i besoin de distinguer pour vous répondre. , La; mesure et le respect que pai'iii^pQse M., le^yicomte^ dô Ciiâr teadbriant \, je ne les dois nia un \exake officier dje l'empire , ni. à un compagnon d^études: Yo^ écrit3 y, d'ailleurs <, diffèrent par le fonds,; on Toit .encore le njohle . paiir prosterné aiipL pi^ds. du trône , invoquer Vho/ineur et.la rc//^o/i.dumor narque^ .Mais M. de. Jussieu pxroclame la ré-^ Tolution commencée sans retour i et dans les longues périodes du jeune écrivain, flotte déjà l'étenda^ d'un nouveau prinjçe d'Oi^ange^ Quant à vojpis M, de/Salyandy, siJie^tf/7 des tempêtes a été dépassé, si le pied ^> été mis dans le rubicon, cette, vogue énergie: nous^pj^rmet d^e^pérerj^y
(6) qu'à la fin. Vous aiuamioeaf^ il est vrai, une grande bataille entre la France et le pouvoir*; mais vous placez si bien les combattans du même côté , qu'il ne ,peut . y avpir beaucpup de morts ni de blessés. Aussi je dois le dire*; vos argumens et vos anathèmes ne muont .guère paru que du délayage de journaliste, et de l'enflure doctrinaire.
Si l'écrit de M..de Châteaubriant, et les phrases de M. de Jussieu révèlent une pensée difierente ; le gouvernement n'a pas deux luttes à soutenir. Ci^e%àS{>éi*atîon et la haine servent trop bien Une fkctibn \ ^ui depuis long-temps ftit guerre à mbrt à la dynastie. Toutefois je ne confondrai pas les personnes;' et si Af . dé Châteâiibriant rend à M. de Jussieu, le service d'annoincer ses brochures , je Jtaè souviendrai qu^ a rendu des services à la monarchie. Que le nôblé "pair annbnce maintenant' 4es J)amphlets libéraux , la France n'oubliera point qti'il a fait des rapports au Èoi.
L'oracle devaît*i! être sitôt accotnplî ! A peine qudqiies mois sont écoulés, depuis, bue M. le baroïi 'Dupin appelait la génératixm nouille a la possesëioîl du tnonde. Et voici M. Jiissieu, na-
(7 ) guère sur les bancis, qui prend le ton du inaitre, régente le pouvoir et l'opposition , enseigne les Chambres et menace le Roi. C'est aller un peu' vite à l'entrée de la carrière; et il est à regretter que M. le baron Dupin , qui n'est ni un novateur y ni mu faiseur Ae sjrstèmesj n'ait pas signalé les abîmes de la route où il nous pousse. Mais par quelle déplorable fatalité , M; de Châteaubriant se fait-il Fintroducteur de ces nou- Teaùï propriétaires? Placé par sbn'âge entre les deux générations , et àppàrtenkiit a' fei prénlière par les doctrines et les sffFections de toUte sa yie ; il y a quelque chose de' théâtral et d'indigne , à' le Toir donner la main à un membre de la' génération nouvelle et envahissante. C'est une' entrée en scène qiii n'a dû beaucoup plaire qu^à' M. Dupin.
n ne me reste plus de scinipules. Si M. de'Châteaubriant seul accusait le parti religieux et royaliste y j'attendrais patiemment qu*un adversaire plus digne se présentât et ïui répondit. C'est la génération nouvelle que f on met en avant, ce sont des jeunes gens qui agitent l'jopinion ^ et appellent la révoltq } il appartient à des jeunes gens de prémiunir Topiinion contre des agitateurs insensés v et de défendre ik tiio-
(8) narchie. contre de funestes provocations. S'il
m'échappe des paroles sévères , elles ne s'a-
dressent point au noble pair ; qu'elles retombent
toutes sur MM« de Jussieu et Salvandy, je ne
leur dois que la vérité.
L'ordonnance de censure du 24 juin dernier , est le texte commun de vos accusations et de tos menaces* L'origine de cette mesure , on le pense bien , s'est trouvée dans le sjrstème^ rétrograde des Jésuites y dans leur pensée secrète Sl absolu-tisme* M. de Montlosier^ Messieurs, est encore tout vivant dans tos souvenirs , malgré le talent et la loyauté de M. MadroUe , malgré les efforts de plusieurs écrivains distingués. Je n'ai point mission de défendre la Société de Jésus ^ que j'aime et que je révère. De lumineuses discussions, des docwnfins (i) décisif répondent au- 'joujrd'hui aux mensonges des parlemens, à l'impudence <les journalistes. Je ne justifierai pas non plus cette congrégation, où des chrétiens s'imposent une vie plus sévère et plus sainte , où des catholiques s'excitent plus vivemept à la
(i) Documens historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de Jésus. Chez M^ Carié rue de l*Êcole-de-Afédecine , n^ 4-
(9) piété et aux bonnes œuyres.. Coxnment St'intéresser à des hommes qui renoncent aux.voiè^ larges. du monde , pour marcher dans la Toie étroite de rÊyangile et de Jésus-Christ? Y.à-^-t^l moyei^ide ne pas eiécrer des fidèles ^ qui , pour ojiéir au Saw^ur du monde ^ implorent la prpteption de son auguste Mère ?
Qu'il me soit permis du moins de déposer ici mon témoignage , sur des hommes que l'on assaillait naguère d'injures atroces et d'absurdes calomnies. J'ai yu ces héros de la layeur et de la puissance , j'ai vu ces reWrends-pères , dont le troisH^omes dans tes conseils du roi de France ^ semble plus terrible que la botte de Charles XII dans le sénat de Stokolm. L'Etudiant de la rue Saintr-Jacqùes n'aurait rien à disputer, au chétif ameublement qui garnit leurs chambres ; et leur triste grabat effraie encore ma mollesse mondaine. Jamais on. ne troiiva nulle part, dette onctueuse éloquence, cette piét^ touchante, cette incroyable humilité (i).
(i) GeUe humilité même est le motif le plus rigoureux qui m'ait interdit de parler de ces hommes vénérables ; outre que je n'y suis point autorisé , el que j'espère une occasion plais fayortUe.
( lO
Mais je reviens à yous^ Messieurs^, je roms entends crier à la tyrannie^ kV absolutisme. Une fois pour toutes , il faut s'expliquer sur ces- raotk fastidieusénent répétés ; il £iut voir si un parti menteur et odieux n'en a pas fait le pins ridicule épouTantail. Qui veut la tyratldie, et comment la veut-on ? Qu'est-ce que la liberté -, où tend cette expression vague et métaphysique , telle qu'elle circule dans les salons et dans les pamphlets ?
Il y aurait d'abord une rare igncM^ance de l'homme et des faits , à supposer que les gouvernemehs puissent^ à leur gré, imposer la servitude ou donner l'indépendance. Ce sont là des mots de vieux style , qui ont perdu leur emploi dans la civilisation moderne. On croit avoir fait merveille, quand on a cité la révolution et ses trente années de ravages , les idées qu'elle a émises, les intérêts qu'elle a fondés. Mais on ne se doute guère de toute l'étendue de cette révolution, on ignore tout-à-fait ses commencemens et sa portée.
Chaque société a ses besoins qui la travaillent^ chaque ^M>que a son Imt d'activité qu'elle poursuit» Le but actuel de la France , les besoitft qui
poussent ime ^ partie dé l'Europe ^ saut Vindustrie tt\^ science. Dans Fancien ordre de choses, tout etaitc^Héctif ; dans le nouveau , tout veut détenir individuel . La division du travail et de la propriété^ fait de chaque personne ^ un cfehtre vivace et résistant; et les pouvoirs politiques s'afiaiblissent nécessaii*ement de toutes ces forces personnelles. Ne voyez donc pas la révolution dans le drame anarchiquè de 1 78g ; là véritable rês^olution consiste dans V industrie qui a remplacé la gueire, dans \t savoir Kjxà a diminué là Jbi. Tout cela était accompli, quand oiit paru les acteurs àti hi constituante. Et ne croyez pas qu'à aucun acte de ce drame sanglant, on aîk compris le^ intentions du graiid mouvement qui s'opérait ç voyez plutôt le dénoûment, Bubnaparte avec se% conquêtes et sa féodalité.
Ni lès organisations décrétée^ , ni- les garanties de parchemins ne sont dans les' besoins dé l'époque ; ce que veulent les masses , è'e^t travailler et savoir. 11 y avait contre -seni dans les Sjejes et les Target ^ dans les Coït'dorcet et lés Brissoty alors Qu'ils réclamaient si instamment une constitution. écrite ^ alors qu'ils stipulaient avec tant de soin les clauses d'in-i dépendance des citoyens. 11 y a aujourd'hui de la
niaiseide et du don Quichotûsme , à parler de tyrannie , àe ppu/voir absolu. Lesindividualités ont grandi de. toutes parts ^ chacun a solfx .traTsôl et sa science ; . le pouvoir seul ^t re^té .^ans .grandir ^ stupé&it qu'il était de i^e pl^s tpour ver ses soldat3 enthou^ia/stes, ni se^ wje^ ojbéisr sans.
Elle est telle. , pette révolution,, sans eçsse invoquée et sans cesse méconnue; que , FindéT pendance individuelle n'a besoin ni de jdiai^te , ni de constitution ; qu'elle vivrait malgré toutes les chartes et toutes les constitutions. Quan^ les individus sont enrégimentés pour la conquête , ou pressés sous la fépdalité, je conçois qu'ils veuillent des garanties de liberté^ contre leiurs che& ou contre leurs seigneurs. Mais quand la puissance est dans les individus , quand la vie sociale est une vie libre , quand tout mouvement est indépendant par sa nature; qui donc pré* tendez-vous défendre y et que voulez-vous garantir? ^ .
. V industrie et la science ^ voilà encore \ine foi^ U liberté àt l'époque. La science recule-trrelle ; l'industrie est-elle comprimée; ce serait là la tyrannie ? et sur quoi régnerait le .pouvoir 7 Y a-
t-il du sens à craindre de nos jours la stupidité d'un suicide ? mais vous ne réclamez ni pour les industriels ^ ni pour les ^âtva/z^ ; ceuxr?là savent à quoi s'en .tenir, ils vous, démentiraient. Et ne reprochez-vous pas les essais du crédit , les opé^ rations de la bourse , l'afiranckissement de Saint-- Domingue 7 Jamais en effet , chez aucun peupie, nidans aucun temps , on ne vit cet étonnant progrès d'une immense industrie ; jamais le sawirne se communiqua avec cette incroyable rapidité de la lumière. Le monde n'a pas offert deux fois le spectacle des dix années qui viemient de s'écouler. Moi aussi , j'invoque l'mexori^le; stoÉistique dsi M. Dnjiin (î) y
En i8i!2 , la France filait seulement dix millions de kilogrammes de coton; dès 182 5, elle enfilait vingt-huit millions :
En 181 4) on fabriquait cent millions de kilogrammes de, fonte de fer; en iB^5, on en fabriquait cent soixante millions :
(i) Je trouverai bientôt l'occcasion de répoudre aux con^ jectures éhciôrcdes de l'auteur. Je prends en ce moment les faits incontestables du liVrè.
En 1818, lestninsportspar eau ne comptaient , sur nog fleuves et^nos rivières, qu« cent cinq entrepreneurs; dès 18:25 , ils en comptaient deur cent quatre-vingt-six. En 1818, le nombre des voitures publiques était de six mille; en 18 35, il était de quatorze mille :
Les transactions commerciales produisaient au timbre, en 1818, vingt millions; en 18^5,
elles prodùisaî^tit déjà vingt^oinq millions :
On einployait aux mines y en 181 8, qûatrevingtf^onze mille kilogrammes' de pinidre; en 1825, on en employait qiicttre ûént vingt-dnq mille.
Et ]s( presse^^ ce^te presse si chère , elle a laissé bien loin tous ces accroissemens prodigieux. Lisez les calculs de M. Dupin ; voici les totaux : en 181 4? on avait publié quarante-cinq millions dé feuilles; en 18^6, on â été jusqu'à »cent qtiaraiite-quatré millioùs. Maintenant,; dîtes où est la puissance , et parlez dé poUVoit^ absolu.
Loin de grandir, la royauté s'est mutilée; et les, individualités , de plus en plus divergentes , se sont fortifiées de toutes, les sanctiops poli-
tiques. Ce qui est à r^ôuter^ ce â'e$t d<m€ pas le dçspotUme cbi gouVet^nepient ]^ c'esj; l'anarchie de riAdjiyiduaU3itie«.Car la SQoiétéiaLe pèutsuJ^ister
par des intérêts isolés ou contraires.; les déye** loppemeiis knéme die la. civiliaaliQn. exigent .une forte dépendance et une puissante unité. . Mais cette dépendance , qui la maintiendra ? et cette uxiité, jçoii^Lm^nt iaj p^od^^re^? Qj*el^ sw>nt désormais les «ppuiç.de la rpywté ? quels potiwirs imposeroXit mx ^^tç^is^ d'ui^e .^mj^iei^^ int-. dustrie? quelles^ .Umjites i^erpiit )ais$é(^s;à up aur dacieux et frivole isayoirî Telles sQnt< les gmves queftdoos.qui :préQeçiipc»t fe$ hpnoeties; ^t^H ^^ eiierc€int 1^, v#i^bles jMrf>liçiste§. • ;
Pluç . les indii^idualit^s ^çnÇ puis^an|;e$ \ .pl^&. M fw% de viguwr et d'^pcri^ie, aii gafty^ç^eipienfi qui J e;s. régit « C'est imevjérit^yuJgf^ire^qiiie tQUtfç Pçeuyre ppjiitiqi^e es|^ dajis< la cçi^fpjçiaiiM:^^ . .d^l^ : actes ipdiyi^^els/à; un- but <;aipiu,^ qu ^u^type ; donné. Les ;p^rleme^$. oi^t disparu , i^] noblesse n'eju3te plus que, vd,ans i'ini^gi^i^^ les^our, ' ven^si}. ditjçs pu la, , r<}ya.u»t4 : ijvpHvjeça ses P.tais? ; J'arrive au point le plus délicat .; « La^ Charte ^ dit-on, a stipulé tous les droits; hors de la
Cha^t^. 9 il n'y a p^s qia'usu|'pait;ion et parjwe ; et les jé^w^ep ont.rpjwis le parjure,, ils ont. ex^
( t6) cofiamimié la Chaii;e. »- J'ose vous demander dV bord, noble Pair, si la loi des Sections et la septermatité étaient écrites dans la Charte. Il y arait bien quelque importance à savoir quels seraient nos maîtres, et de quelle durée serait leur règne?
Que Ton y songe. Ce n'est pas la monarchie quHl faut bâtir ^elon la Charte y c'est la Charte qui doit s'organiser ^elon la monarchie (i). La tribune des deux chambres pourrait nous redire les éloquentes paroles de M. de Ghâteàubriant , alors qu'il appuyait , de toute sa puissance , deux mesui^es dont les libéraux ne perdront jamais la mémoire ; la loi du 2g juin et la loi septennale^ abrogations Jbrmelles de l'art. Sg et de Fart. 4o de la Charte. Cette Charte n'était point alors aussi sacrée : on osait y toucher. Mais, que demande donc ce parti religieux et royaUste que
le noble vicomte se reproche d'avoir poussé au pouvoir? Laissons-la les anathémes de la polémique; quelles sont les usurpations ^ quels sont les privilèges conquis ou invoqués par les /Vsuites et le clergé?
(i) C'est un livre tout entier à faire ; mais les plus belles pages ont déjA paru , et je saurai bien oà les trouver.
( »7) Les registres de l'état ciyil ^ l'éducation publique, des tribunaux ecclésiastiques, le mariage religieux? Voilà les privilèges que demajtde le parti, car on ne saurait dire ceux quHl a obtenus. Je ne vois dans tout cela ni renperse^ ment^ ni parjure. Il m'est permis de n'avoir aucun doute, «que l'éducation publique ne doive être remise entre les mains des ecclésiastiques et des congrégations religieuses , aussitôt qu'on le pourra : c'est le vœu de la France (i). » Il m'est permis encore d'applaudir à quelques opinions du Conservateur et de M. de Ghâteaubriant , sur les registres de Vétat cwil et le ma* riage religieux.
Souvenez -vous, noble pair^ des hurlemens de iSao , des conspirations de 1821 , du bataillon de la Bidassoa en iSiiS; tous ces crimes avaient pour prétexte le rens^ersement de la Charte. Que fellait-il croire alors, que faut-il croire aujourd'hui? Un seul point est changé; vous avez maintenant pour allié , ce parti que vous dénonciez à Vérone, et combattiez à Paris. Une faction républicaine et régicide, est-elle devenue tout-à-coup monarchique et amie des
(i) Monarchie selon la Charte,
( »8) Bourbons? Encore un mot; cet homme qui tous (épojUY^ntait à ^aint-^Denis (t)^ cet homme funeste que TOUS avez poursuivi et abattu aux pieds de la monarchie ; si Fouché vivait , dans
.quels rangs irait-il se cacher 7
Sans doute M. le vicomte dé Châteaubriant a le droit de se plaindre ; il a été indignement traité , «chassé comme le dernier des humains».. Sans doute il y a dans le noble vicomte , du génie pouï* tout faire ; il peut être à son gré défenseur du trône, ou tribun du peuple. Mais ce n^est pas en France que l'on pactise avec son Roi ; il y aura toujours déloyauté à dire : Si les Rois ne veulent pas de moi , je me donne aux républiques. Ce n'est pas avec les fils de saint Louis, qu'il faut venir jeter son génie dans la balance ^ cotnme un officier de fortune ou un
( i) « Je me rappeUeri4. toute ma vie la douleur que* j'^ prouvai à Saiut-Deuis.D était à peu-pré^ neuf heureadu.Aoir; î'ëtais resté dans une des cLambres qui précédaient celle du Boi. Tout-4^oup la porte s'ouvre , je vois entrer le président dii conseil, appuyé sur le bras du nouveau ministre.... O .Louis le Désiré ! ô mon malbeuréuz maître ! vous avez prouvé qu'il n'y a point de sacrifice que votre peuple ne puisse.attendre de votre cœui^ patemeL »
barbare. Le temps des barbares et d^ officiers 4e fortune est passé. ,
Quelque chose de plus stable et de plus %vt doit défendre la royauté \ c'est le sacerdoce catholique. LV/i</2^^r/e a tué Teiithousiasme çheTaleresque ; mais le savoir n'a pu tuer la Joi\ Âpres trente années de défaites et d'abaissement, l'église a reparu en i8i4 dans toute la splendeur dé sa divine origine. C'était un spectacle assez extraordinaire dans ce siècle des lumières ; que le Vicaire de Jésus*Qhrist replacé sur son trône par les baïonnettes des hérétiques. Jamais triomphe ne dût tant frapper les incrédules e£: émerveiller les croyans.
Est-il aujourd'hui une autre puissance que la rdigion ^ pour commander le sacrifice ^intérêts individuels 2 Esl>-il une autre puissance qui fassi; jamais aimer ce sacrifice > par nos industriels. et nos savons? Des affections satisfaites , des intérêts triomphans ; voilà le t^harme tout-puissant du siècle. Où sont les hommes qui déracinent leurs goûts et brisent leur volonté, par une oonsidération humaine 7 Si , à toutes les époq;u€^ de gloire et de bonheur pour les natioAS , l'h^ toirenous montre ta part immense de la religion.
( ao )
jamais ce liei> puissant ne fut aussi indkpensable que de nos jours. Aussi je n^hésite pas à le dire ; ce n'est que par la religion , par cette église catholique qui est la religion Vivante ^ que la royauté peut maintenir ses droits et vivre en sûreté. On pourra toujours sacrifier la: terre au ciel 5 mais aujourd'hui , sacrifier la terre à la terre , c'est un phénomène introuvable.
Et que l'on ne m'accuse pas de faire du catholicisme un instrument politique. Toutes les fois qu'il est besoin d'exprimer une pensée profonde et une bonne doctrine; on peut emprunter la manière pittoresque et brillante de M. de Châ* teaubriant : «Jetez ainsi la religion et la justice dans les fondations de votre nouveau temple » , disait ; encore le noble pair. Non , la religion, ne sera point un levier humain ; laissons cette fille du ciel planer librement sur la société , et nous verrons les époux plus affectueux, les pères plus tendres , les fils plus respectueux , tous les sujets plus dévoués.
Malgré l'affectation d'incrédulité, malgré Fignorance des industriels et des savans sur les premières notions de la foi catholique ; la religion n'a point perdu son empire dans les ânies.
(ai)
Ssais doute la race des hypocrites est ce qu'il y a de plus misérable et de plus ignoble dans Thuinanité; « mais fùt-il vrai qu'il n^ eût pas de . catholiques en France , le devoir du ministère serait d'en faire. Loin de gouTemer dans le sens de la philosophie moderne ^ de fortifier les principes philosophiques essentiellement impies ; il serait coupable de ne pas employer tous ses efforts pour amener le triomphe des opinions re//*gieuses. Ainsi , trouvant sous sa main ^ par miracle , une chambre des Députés purement catholique; le ministère devait s'en servir^ pour changer la mauvaise opinion qu'il supposait exister dans la majorité de la France. Et qu'il ne soutienne pas que ce changement eût été im~ possible; les moyens d'un gous^emement sont toujours immenses. C'est bien après avoir été témoins de toutes les variations que la nouvelle philosophie a produites , de tous les rôles que la plupart dés hommes ont joués, de toutes ces adorations adi'essées à la déesse raison , à un être suprême par décret; que l'on peut désespérer de ramener au catholicisme des pensées si mobiles ! Et, si au lieu de supposer la majorité phiïosophiste , vous la supposez seulement indifférente et passive ; quelle facilité de plus pour la' faire pencher vers les principes religieux! C'est dotic
i)àr goût et par choix , que v<ms ia déterminer a. tomber du câté de Fimpiété. Vous avez dit qu'un ministre doit diriger Topinion; eh bien! je tous prends par vos propres paroles : faites dés catholiques , ou je TOUS accuse de n'être pas cathiolique Tou^méme (i)- »
Le noble pair ne désavouera pas ce langage ^ il est le sien ; j'ai substitué seulement Vimpiéii k la révolution sa digne fille ; les catholiques aux I royalistes que l'on ne peut en séparer. Le satut. est un peu plus important que la poUHque ; il y a plus de trésors ouverts dans le ciel pour i^amener les incrédules à hijbiy que pour mottar^ ehisér les républicains. Et ce n'est pas à l'illustre écrivain qu'il £iut apprendre que «le système des intérêts révolutionnaires est surtout incom«> patible avec la religion ; » que u les plus grands efibrts du parti se dirigent contre elle , parce qu'elle estla/xerre angulairedehilégitimitén (a)«
Mais ni la religion ni la rt>;^ai^^ n'ont besoii^ de la censure ^ avez-vous dit : c'est un prétendu parti religieux qui veut bâillonner l'opinion et
(i) MùnmdUe selon la Charte.
(a) Ié$m»
l^fouler l'intelligence hutaiainê* La censureaiMan" th le régipae neprésentatif^ ellie étouffe ioitte la vitalité de la Charte, elle n'est organisée que pour détruire une rés^obition indestructible. ' Telles sont les accusations dont on a chargé l'or^ donnance du24 juin. ■ ' \
Dans une discussion aussi grave, il faudrait d'abord s'abstenir des injures; et toutes les qua^ kfîcations vileâ* ou odieuses', vous les avez épin-^ sées. Pourtant, Messieurs, est-il absolument iwi-* possible. de peiilser avec leë de Bonald^ de Fré-f nilly^ de Castelbajae , de.Sallabéry, sans être un; £matiqu6 ou un imbécile , un renégat ou'iin sa-? larié 7 En vérité , il faut plus que dvLcoùràffey il feut de la Jbi pour descendre dans Farêne telle que vous l'avez. préparée; les hérauts sont, vos amis, et 1^ première lance n'est pas rompue^ que vob*e adversaire, est déjà chargé des hUiées de toute l'assistance. Mais' tout ce dévergondage est impiiissant, sur qui combat; pour la religion de ses pères et le ROI TRÈS - CHRÉTIEN ; aussi, imposez à la tourbe ;> et renoncez à effrayer tout ce qui a de la distiûcKion dans
l'esprit et de la dignité dans l'âme.
Je sais que l'on accuse MM. les censeurs d'un
grand nombre d'iniquités ; j'ignore qu'elle est la valeur réelle de ces accusations. Les méfaits de tel ou tel censeur ne seraient, du reste, qu'an pauvre ai^ment contre la censure* Je m'en tiens donc à l'organisation de cette censure ^ telle qu'elle résulte des ordonnances insérées au M(h niteur; et il n'est personne qui n'ait applaudi à l'institution généreuse du conseitde swveillance. Les hommes honorables qui siègent dans ce con^ seil, seraient partout une garantie de justice et de loyauté. Vou^-mêmes, Messieurs, vous n'avez pas osé toucher leur caractère ; et l'illustre ami de M. de Châteaubriant , M. le vicomte de Bonald , est resté une imposante autorité en Êh veur de la censure,.
Ce n'est pas seuIementl'ordonnancedu!24 j^^ qui soulève l'indignation des Libéraux; c'est un système complet de lois^ préi^entives , qui va , disent-ils , se réaliser à la prochaîne ses^on. On sait à l'avance quelle est l'opinion de M. le vicomte de Bonald et de ses nobles amis , sur le mode de législation applicable aux^aiis quelconques de la presse.
Il faut commencer par le reconnaître; des hommes vraiment religieux et royalistes se sont
trouvés^ qui ont combattu le mode préventif* Cest dans les écrits si profondément catholiques de M. le baron d'Ecksteim^ que' la liberté abso^ lue de la presse a été le plus vigoureusement défendue , que le système préventif a été le plus fortement attaqué. Ceci , pour le dire en passant , répond à certaines calomnies dont les révolu^' tioimaires aiment à chargei* le sacerdoce et la rojrauté. Mais il ne s^git pas de rechercher , d'une manière doctrinale et absolue , si le ca^ tholicisme et la monarchie peuvent l'emporter sur V impiété et la rés^olution. Moi aussi, j'ose le dire : « la chose vraiment importante , c'est l'activité des forces morales , le renouvellement de la vérité vivante : tant que le bon parti ne trouvera pas dans ses propres doctrines , de profondes inspirations ; nul salut pour sa cause » (i). Est-ce une raison toutefois pour permettre les blasphèmes et les appels à la révolte 7
Que M. d'Ecksteim se rassure ; les ordonnances n'ont pas le privilège de chasser le mau-^ vais esprit , ni d'arracher les funestes doctrines. La censure la plus rigoureuse protégerait le
(i) Le Catholique^ n^, 17. — Ghap. de la liberté de la presse dans ses rapports, arec la religion et lamonardhfe.
pays , que lé mal à passée des iii^res dans la SO" ciétéy qviil est impossible d'empedier la drcu-lotion clandestine d'un pamphlet. Pérsoiuie donc n'alliera le pouvoir au repos, ht paresse de r esprit à la domination sur la pensée ; pei>sonne ne songe à placer le bonheur de la Froncé soùs la saUve-garde de la policé (i). Plus que jamais la monarchie et la religion ont besoin d'hommes courageux et capables, de* fortes doG*> trines €tt de profondes inspirations. Des pensées monstrueuses ont envahi la société ; denx places nous restent encore : la Joi catholique et la royauté légitime. C'est .)à <}i|^ faut combattre et triompher ; c'est là qu'il i^ut rassembler toutes les £>rces de l'etistence morale , toits les hauts développeméns de l'intelligence , toutes les pnis-^ sahces de la foi et de la raison.
Je veux m'abstenir de méta|]lhysique sur Id presse; mais je ne puis m'empécher de dire, que toute législation répressive ne sera jamais qu'une impuissante décejiition. Si la pressera des délits qu'il faut punir ; il n'y a de peine possible que la cènsiÂre. Gomment en efiet atteindre une pensée
(i) Lb CéUhbUque^ n^ 17.^— Ghapv de lA libertlé dé la pcea9^ dan» ses rapports ayecla relîgîen et b monarchie.
( *7 ) 'c{Ue lé public s'est déjà appropriée 7 Qu'importe que l'auteur soit sous les yerroux? Quand on dé-^ tient. un voleur, on sait qu'il ne peut plus voler j la pensée qui circule, ne cesse point de faire des dupes ou des complices « Le corps du délit , l'objet volé , on le rend à son maître , toutes choses sont rétablies dans la justice ; rétablissez donc dans la vérité des déclarations athéei ou anarchiques. Et que l'on ne dise pàs que d'autres déclarations seront opposées, qu'il y aura combat ; je puis aussi casser la tête du vo-^ leur qui demande ma bourse , j'aime mieut des gendarmes qui me défendent.
.plus je médite sur les lois de la presse , plus il m'est évident que Vétrangeté du mode pré^ ventifeslt la principale raison qui ait empêché dé l'adopter.-^- Tous les autres délits sont réprimés et non prévenus ; comment punir ce qui n'existe pas7-^~Tous les autres délits sont des aetes^ etles délits de la presse sont des pensées. Là pensée n'a pas les conditions d^existence d'un acte matériel , elle n'a pas besoin de se pi^oduire pour être ; on la trouve complète ^ bonne ou méc^anté^ dans intelligence humaine. Dès qu'on la veut produire^ qu'on là montre, elle est jûgeable. Si Ton pouvait savoir qu'un homme se dispose a
voler , si chaque voleur était tehu de faire sa^ déclaration au commissaire de police; hésiteraiton à* le faire arrêter , à avertir les gens ^ et à prévenir le vol ? U n^y aura point, si vous voulez, de délits , de peines de la presse; il y aura des moyens d'empêcher que des délits ne se commettent par la presse. Cest là le but de toute loi pénale , ne disputons pas sur les mots. Qu'il y ait deux ordres de justice ; dans l'un on juge des actes y dans l'autre on juge des pensées. Mais si l'on frappe les premiers , on ne fait qu'avertir et repousser les secondes.
Vous avez pu voir , Messieurs , que je ne me flattais pas trop sur les efiets de la censure; les pensées ont été produites, il n'y a plus moyen de les arrêter. Pour ce mal^ je l'avoue, il ne reste que la lutte des bons contre les méchans. Mais il ne faut pas que la bonté d'une cause ins^ pire trop d'orgueil ; la vertu a succombé si souvent , le crime a triomphé tant de fois ! puiis la sagesse sociale ne doit pas éûre la fierté individuelle ; ce qui est force et génie dans un homme supérieur , serait témérité et folie dans un corps politique. Si la loi d'ailleurs peut aider à l'établissement de la mérité; il y aurait complicité, de mensonge dans son inaction.
Les secours de la censure ne sont pas à dédaigner; si elle est impuissante dans le passé et pour les douanes ^ ses forces sont immenses sur d'autres points» « La vérité a besoin de se renouveler pour vivre , » il lui faut revêtir les formes de chaque époque ; l'erreur a des conditions plus dures , ce n'est point par choix que le libéralisme est un Protée. — « Voltaire, individuellement considéré , ne signifie plus rien , trop de personnes pensent comme lui ; il a disparu absorbé dans le voltairianisme » . — L'athéisme , il est vrai, a passé de mode ; mais nous avons la religiosité sentimentale. Après d'Holbach il est venu Cabanis , et Volney a mieux fait que Diderot. On s'est dégoûté des impiétés gros*sières,et des déclamations furibondes; mais chacun absout ou condamne « toutes les révélations , tous les sacerdoces ; tous les livres saints. . . l'Evangile comme le Coran... La science de l'absurde est la condition de la science du vrai» (i).
(i) J'ai été trop sensible aux politesses de Messieurs du Globe, pour ne pas citer en entier leurs doctrines^ et mériter de notiveau. leur bienveillance. « Les intelligences se sont proclamées souveraines chacuAe de leur coté. Cette anarchie de» esprits' est aujourd'hui notre premier bien , notre vie.... Et voilà pourquoi la loi a consacré l'anarcbie. Ainsi sçnt tomw béa sous la jurisdiction de chacun, toutes les révélationSi tous-
On a froidement aligné tous les prodoits de la ceryelle humaine ; ils ont reçu pour motnl^ordre^ égalité et tolérance. Le ciel et l'enfer en seront réduits à se jurer Jratemité. . .
Les pamphlets de la Belgique , les éditions même de Voltaire ne circuleraient pas si facilement; à supposer que les colporteurs fussent punis avec sévérité , que les mauvais livres fassent poursuivis et jugés. Mais il est un objet audessus de- toutes ces considérations, un objet décisif pour les destinées de la monarchie et du catholicisme en France; c'est l'éducation de la jeunesse. Sans la censure^ les efforts sont inutiles, le but est impossible. Les capacités cour-. rageuses n'y peuvent rien , pas plus que les hommes du, repos et les esprits timides. Le libé» ralisme a £dl l'essai de ses poisons , leur eiSet est connu. « L'homme , malgré la noblesse de ses facultés <, la divinité de son âme, apporte la corruption en naissant. » Il n'est pas donné à de
left sacerdoces , tous les livres' saints.. . L'Evangile oonme le Gonn... Le ^ritoalisme ne Téekune point la liberté ponr loi seul... La science de l'absurde est la condition de la science du vrai... Poor interdire Pabsorde, il feut une douane ; Tinquisition devient ni^ nécessité ^ et l'inqnisitiini , c'est la mort. »
jevmes intelligences de se défendre contre la d^ mination des sens ^ contre TentraÎDement des passions. Le livre qui flattera les sens , qui caressera les passions, aura toujours raijson; et le plus mince des journalistes peut défier tous les Pères de l'église.
Ne ravalons pas la nature humaine , mais ne Texaltons point outre mesure; et surtout ^ue Ton n'aille jamais contraindre le ciel à des miracles. «Douze apôtres , à une époque de corruption profonde , ont conquis la plus belle part du
^lobe ; alors la doctrine dominante était un épicuréisme absolument semblable à celui de notre ère. Ces apôtres n'ont appelé à leur secours ni la censure ni la police. » Les apôtres avaient reçu beaucoup mieux ; et , comme le dit Bossuet de saint Paul : «Le Saint-Esprit lui a fait connaître que la volonté du père céleste , c'est que cet ouvrage divin soit soutenu par l'infirmité.» Càm enim injirmor , tune potens sum^ nous dit saint Paul lui-même. Faudra-t-il donc que le miracle de la rédemption se renouvelle , pour nous sauver du libéralisme?
Le gouvernement fera bieli de n'y pas comp-.
ter; les libéraux ne croient point aux miracles ^^ et ils craignent la censure. La jeunesse en efièt^ nourrie de fortes études , pourrait lire les pampUets et juger le voltairianisme. Quand la reli<^ gion pourra donner ses enseignémens ^ ayant que le cœur ne soit dépravé ; quand une forte appli^ dation et des travaux sérieux exerceront l'intelligence des jeunes gens, avant qne les sophismes du mensonge et les formules de Fignorance ne s^en soient emparés ; les libéraux ne seront plus à craindre. TToute Partillerie des résumés^ toute la mitraille desjoumauûc , expireront devant les véritables développemens de l'histoire , et des doctrines sociales profondément établies.
* La révolution , avec ses échafauds , est restée bien loin de tout ce que le libéralisme a opéré depuis dix ans. Ce n'est que depuis 1814? que les masses populaires ont été pénétrées en tout sens. On a soumis aux boutiquiers de Paris, aux industriels des provinces, tous les problèmes les plus élevés de Tordre moral et politique. Tout homme qui paie cent écus d'impôt^ se croit sérieusement le droit de se moquer de l'Evangile comme d'un ancien préjugé, et de siffler la royauté comme une vieille décoration. Je ne sache rien de plus misérable au monde
que cette impudence d'un demi-^roir, cette ignorance lourde et tranchante.
Les nobles instiucts de l'âme , les inspirations de la foi , sont difficiles a exciter chez des hommes engloutis dans l'industrie et la personnalité. Toute l'activité s'est portée sur la matière et les grossiers intérêts de la vie. Pourtant, il faut que la science et les lumières aient pour contre-poids, la foi et les vérités religieuses. Si cet équilibre n'est pas maintenu , il n'y a plus qu'aveuglement et corruption. Je le demande, la religion a-t-elle marché h l'égal des sciences et de l'industrie; l'église ést-ellè en vénération comme les industriels et les savans ? On sait à quoi s^en tenir; il n'y avait que la censure qui pût nous garantir d^un tel débordement.
J'explique ma pensée tout entière. La situation morale de la France est fort compliquée. Il faut embrasser le domaine nécessaire de la foi , et le champ désormais conquis de l'intelligence. Autant il est absurde de retrancher de la nature -Wmaine, la partie la plus noble et la plus élevée ; autant il serait ridicule d'imposer l'instinct et l'exaltation. Dés objets qui étaient restés danâuné nuit profonde , sillonnés seulement par quelques
éclairs y ont été produits au gxrancl jour. Mais la foi catholique ayec ses dogmes, la royauté avec ses grands attributs; voilà ce qui doit être imposé à la médiocrité rebelle, à la turbulence ambitieuse. — La censure ne peut tout faire à elle seule; elle ne peut empêcher le mal déjà fait , j'en conviens. Mais ne croyez pas que le marchand quitte son comptoir , et encoure une amende, pour acheter des écrits clandestins, ou des livres condamnés ; les traditions vieillies du mensonge iront en s'afiaiblissant. Il n'y a plus d'enthousiasme nulle part, pas plus pour le mal qi^e pour le bien:; et au-dessus d'une société apathique , on ne voit surgir que les intérêts cupides et les dédains de l'indifTérence.
L'argument le plus spécieux cpntre la censure est, sans aucun doute, Vordre constitutionnel dont on la suppose destructive. La Charte , a-ton dit , est tout entière dans la liberté de la presse; il n'y a point de régime représentatif sans cette liberté »% Il faut s'entendre , et je répondrai franchement.. Si la Charte a. voulu oiv g^nîser le régioie parlementajire de la Grande- Bretagne , les çhartistes ont raison ; la censure est destructive. Mais les ckartistes se sont fait illuskuQ , et nou^ n'avons point soi^i du régime
wonarchique. Je sais bien que l'on s'est efforcé de ployer la monarchie ispus la Charte; encore une fois,'€'étaît cette Charte qui clevait se mouvoir, et s'orçaniser dails la monarchie. Là est toute la difficulté.
Que les chambres entourent le trône , qu'elles soient de grands corps politiques , ce n'est pas a dire que les Journalistes et Voplnion soient appelés à faire les lois. Cçtte . France , en jafjfet) n'est -elle jUvis Jolie de r égalité? Et cependant, vous invoquez un trône héréditaire , ui^e pairie transtnissible et d'autres distinctions encore. Le règne de Vopinion est le règne de la majorité ^ c'est retomber dans la république, dans les délires dé la démagogie.
Est-il. dans le pays une seule barrière contre les envahissemens de l'opinion déchaînée ? La pairie; vous vous abusez étrangement. Pairs de France , il est un parti dans lequel votre procès est déji jugé ; laissez venir le gr.and/our, et le rabot de l'égalité passera impitoyablement sur vos têtes! Ne se souviéntK>n plus d^in tehîpi^; où les journaux parlaient à peine de la chambré des pairs,' où les libéraux ne regardaient que les
(.36) députés? Ce temps était celui où la noble cham— bre, repoussait les élections démocratiques eties prétentions de la foule. Les pairs ont depuis été célébrés par toutes les trompettes libérales ; c'est que le droit d'aînesse , les privilèges de succession avaient déplu aux nobles seigneurs; c'est que la paine française semblait se déclarer pour la souveraineté de Vopinion, de la majorité populaire.
L'essai a été fait. Chacune des deux chambres a été flétrie tour à tour; l'opinion n'a rien respecté ; la royauté elle-même a été outragée dans son sanctuaire. Les journalistes agitent froidement jusqu'à quelle époque le Roi peut renvoyer ses ministres , après quelle autre il devra s'en aller avec eux (i). Si l'opinion doit gouverner, le Roi n'a qu'à descendre du trône; on l'a dûment averti. Charles X est solidaire de la désaffection publique , puisque le ministère a resté (2).
(i) Le journal du Commerce, « La dissolution delà garde nationale a été un éyënement ; l'élection de M. De la Fayette en est un autre. Il serait encore possible à une administration nouvelle 4^ transiger avec la France : qur sait jsi dans deux ans cette transaction serait praticable. »
(2) Le ministère ) dira-t-on , dans noire système de gou-
( 37 ) Imprudens qui se sont trahis! ils avaient tant lait pour soutenir en Fraiice l'éclîafaùdage iiés fictions anglaises ! et voilà tout à coup qu'ils renversent leur ouvrage. Us ont bien senti qu'uii' petit-fils de Louis XIV né serait jamais le 'mannetien d'un parlement.
Il y avait une dérision trop maladroite , dans ces perpétuels rapprochemens de Polygarchie anglaise et de la monarchie dé France. On ne pouvait parler sérieusement d'un Roi dans la Grande-Bretagne ; ce n'est pas même ùiie relique curieuse et vénérée , on irait la consulter plus souvent. Le parlement ; voilà le souverain régnant en Angleterre, souverain véritable, qui consulte ses pensées et dédaigne l'opinion quHl n'a pas faite. ,
Ccrmment donc arguer dé la liberté de la presse en Angleterre? eh! que peuvent les journaux et la presse contre une olygarchié aussi compacte que ce parlement anglais ! on l'a vu ,' quinze ans, allumer la guerre continentale, mal-
vernement , demeure seul solidaire de la désaffection publique. Oui , quand il s'en va. Non , quand il reste.
( Extrait du Courrier Français. )
gré les cris de la cite et les apostrophes de Top* position. On le voit repousser toujours les radicaux et la réforme ; et démolir^ depuis cinq ans ^ cet édifice de Vacte de nasngation^ que les masses industrielles regardent encore comme Je palladium de leur fortune.
Que l'on montre en France ces corps gigantesques, qui possèdent toutes les richesses territoriales et industrielles, exercent toutes les sortes 4e puissance matérielle ; et la liberté de la presse sera possible. Quand l'opinion est bonne , on doit s^en réjouir ; comme on la brave ^ quand elle est mauvaise. Ainsi fait le parlement anglais.
Singulier destin de cette reine ^vl monde tant prônée I quand on l'écoute, c'est qu'on la peut dédaignera Là où elle se ferait obéir, il faut l'inspirer et la conduire ; ainsi a toujours fait la monarchie de France. La presse, il est vrai, a servi une fois à renverser un ministère libéral ; est-ce une raison pour lui continuer obéissance, si elle doit briser le sceptre dans les inains du Roi tf^ès^ chrétien. La royauté, avec tous ses prestiges, pourrait-elle se défendre long-temps contre les attaques de l'opinion? les chambres se défen-^ draient-elles davantage ? les faits déposent contre
( 39 ) une telle puissance : ii n'y a donc qu'k opter entre le Peuple sous^erain et la Censure.
Le régime parlementaire a séduit un instant les royalistes eux-mêmes, enivrés qu'ils étaient des défaites répétées du libéralisme. Qu'ils voient maintenant où conduisent ces triomphes! Les li- . béraux ont fait d'immenses copcpiêtes depuis 1820. Il n'est de refuge pour le pays, que dans ^ cette monarchie qui l'agquverné quatorze siècles. Là indépendance de la parole peut avoir son orgueil et sa noblesse ; je ne veri'ai jamais qu'une folle audace à méconnaître le génie des nations. Que la république et ses libertés aient pris racine quelque part , nous savons ce que la presse et sa licence ont produit dans le royaume.
Je ne parle plus des blasphèmes de Diderot ,
des mensonges de Voltaire , imprimés et répan-
dus sans relâche.
Mais c'est la presse qui nous a donné hi gent libérale y ignorante et bavarde par nature ; secte médiocre et infime, s'il en fut jamais. La religiim, l'histoire, la politique; tout a été faussé et raccourci pour les^ intelligebces. industriel-^-
les. Au monjent où j'écris; des iiUllions de piiblicistes parlent coqramnieiit des Amériques^, de TEspagne , du Portugal , de la Russie et de l'Angleterre. Que sera-ce de la France ? Des bourgeois en uniforme se sont crus terribles; ils ont Toulu enlever un ministère à la baïonnette. Des écoles entières se sont constituées les oracles de la science ; et tel qui la veille sollicitait un diplômè, ordonnait le lendemain des professeurs. Une tourbe d'hommes sans métier a pris le métier d'écrire^ les classes les plus ignorantes ont voulu lire et juger. Tout a été absorbé par le dogmatisme le plus ignare *et la plus révoltante ineptie. Voilà les lumières du Journalisme. Si la religion et la royauté ne commandaient pas la censure, elle serait indispensable pour l'honneur de l'intelligence et des lettres.
Cest la ix)yauté qui gouverne, en France; c^est la royauté qui doit £iire Vopinion. Des pouvoirs ont été départis aux chambres; il est naturel qu'elles concourent au mouvement , dans la proportion de ces pouvoirs. Je. n'ai point la prétention d'exposer un système de censure^ après Vopiaion de M. de Frénilly, dans la dernière session, après Yéaii si remarquable de riUustre auteur de la L^islatiwt primiti%^. Je
<Urai seulement que , par l'organisation de la censure^ telle que la comprend le noble pai^^ plusieurs scrupules constitutionnels doivent se. calmer, et les plus graves difficultés disparaissent. Il est facile de n'avoir ni les Ëphores de Sparte, ni la Police impériale.
Les acclamations de Saint-Omer ont cessé d'effrayer la foule crédule et mobile; on dit as-' sez hautement que le ministère va livrer la bataille des élections, qu'il la hâte même au lieu de la différer. Les libéraux comptent pourtant sur la victoire ; M. le baron Dupin et les soixante mille électeurs de la France noui^elle (i) paraissent invincibles. -^
La fameuse brochure de Syeyes, Qu'est-ce que le Tiers-Etat? n'a guère produit plus d'effet que la Statistique électorale de M. le baron Dupin. De toutes parts on disait les élections impossibles au ministère; et la France s'était 'eu un instant couverte de libéraux. Mamers et Meauœ étaient cités comme exemples; M. Du«
(i) Situation progressive des f(>r^^es de la France depuis i8i4 9 p«r M. le baron Charles Dupin.
pin et M. Lafayette^ voilà lés types choisis et arrêtés par totis les collèges. Là aussi ont commencé les bruits de coups d'État.
Je n'ai point de listes délecteurs à în»a disposition , je n'ai point de chiffres à opposer à M. le baron Dupin ; et peut-être y a-t-il quelque ridicule dans ce mimdumregunt numeri. Mais puisque les géomètres et les mécaniciens sont revenus à la mode, il faut vérifier leurs calculs. Je prendrai ceux-là même qu'ils croient le mieux prouvés , et soit l'élection de Mamers. Dans les deux premiers scrutins , il n'y a eu qu'une différence de trois voix entre le candidat royaliste et le candidat libéral; un autre royaliste obstiné a emporté dix voix. Où donc se trouve la force du nombre ? Là encore la royauté a trouvé ses Fidèles; car M. Daiilières ne fait pas de contre-opposition , il n'a fait qu'une maladresse.
Et voyez comme ces calculs si puissans, ces chiffres si rigoureux sont frêlement échafaudés ; la plus petite chose les fait crouler. Je ne suis point un personnage important , je n'ai pas la moindre liaison avec homme du pouvoir quelconque. Eh bien ! si j'eusse été à Mamers, au lieu d'être à Hambourg , quelques jours de mai
seulement^ le candidat libéral était repoussé, lecandidalt royaliste triomphait. Sans doute Pautprité locale ne sera point accusée de cette défaite; et j'aime à me persuader que les royalistes ont fait leur devoir (i). Seulement je suis né à ]\f simers ^ ma famille Fbabite , mon père est électeur; il est tout naturel que j'y dispose de quelques voix. J'en pouvais donnier cinq , dont trois peut-être on t* été libérales ; dès-lors au second, tour de scrutin , le président du collège était proclamé député. Je rougis en relisant ces détails, je. sens toute l'inconvenance de parler de soi; maij|^)e suis lassé d'affirmations tranchantes, et il fallait une réponse arithmétique à ce dogmatisme'en chiffres.
Pourtant les libéraux travaillent le renouvela lement sèpteftnal; M. Dupin leur a donné l'éveil et rendu- l'espérance. La lutte sera difficile , et les ministres seuls peuvent répondre du succès. Ce n'est pas toujours le gouverne- Ci) J'ai reçu beaucoup de renseignemcDs sur les manœuvres locales. Je ne veux accuser personne de tiédeur, personne de violence : c'est au gouvernement de veiller et de punir. Mais je m'empresse de rendre un hommage public à M. de R, pour son activité et son dëvoûment.
ment qui a domine les élections; il est un parti violent et audacieux qu'il faudra contenir. Dass la nation électorale est une masse indififerente et passive ; les libéraux vont l'activer et réchauffer à tout prix. Quand les déclamations seront repsussées par le bon sens ^ les railleries auront prise sur la vanité , et Pégoïsme redoutera la calomnie. Les lampions et les sérénades , lés menaces et les attroupemens suffiront au reste.
U n'y a pas même de liberté dans la licence des libéraux ; et la science du parti est aussi violente que sa politique. Le libéralisme flétrit ou bafibue tout ce qui ne subit pas son empire. Vous verrez la science libérale parquer les idées comme des têtes de bétail ; et le génie d'un grapd peuple s'exprimera par deux chiffres , 55 ou 56. Tout ce qui a dépassé 55 ans, est dans la génération j^trograde ; tout ce qui ne les a pas atteints^ se trouve dsiUslsL générationprùgressii'e. On laisse à l'ancienne toutes ces vieilleries de la ' Jbi catholique et de la royauté; on jette à la nouvelle Vindustrie et la liberté. Quelle force de tête ! quelle hauteur de génie ! Il est bien entendu, dans le parti, que les vieillards sont ignorans et ineptes; les jeunes gens, pleins de science et d'esprit. El c'est ainsi que Ton ose
traiter là plus noble partie d'une nation ! encore on ne veut être ni un nos^àteury ni xkn faiseur de sjstèmes ; on prétend donner les conseils de la sagesse et de la nécessité. Il n'y eut jamais d'hypotiièse plus folle , de système plus extrayagant que cette Situation progressi{>e (i). On sait bien à soixante ans ce qu'il faut, accorder à des besoins impérieux ^ à une activité dévorante \ on sait bien à quarante ce qti'il faut imposer à une industrie avide , à des esprits qui s'égarent. Il est des écrivains au langage doucereux et pacifique ; que l'on se garde bien de ces hommes à la langue double , qui ont toujours des paroles de respect pour la royauté qu'ils craignent, et trouvent sans c.esse des mots encourageans pour la révolution qu'ils aiment.
Ceci -me ramène aux élections ; j'ignore quand et si elles auront lieu ; j'ignore ce qu'elles doivent nous apporter. Mais je prérois tin acharnement libéral^ tel que le ministère ne l'a point encore éprouvé. Les royalistes auront besoin d'unir leurs efforts; le pouvoir est surtout dans la nécessité d'écarter tous les attachemens faibles, de répudier tputes les molles convictions.^
( i) Ouvrage de M. Charles Dupin , déjà cité.
Si la foule a cessé de s'occuper du camp de SaintrpOmer^ les écrivains du parti s'agitent toujours dans la pensée de quelque grand changement. La certitude d'une élection libérale a ramené pour eux la nécessité d'un coup d'état. Admirable instinct du libéralisme ! il a senti que la royauté ne pouvait pas subir son tiîomphe (i).
« Des agitations^ des secousses; tra fichons le
» mot, une révolution Je ne vois pas pour-
» quoi je craindrais de dire ce que tout le » monde pense. . ^ . . La cause du prince d'Orange » fut gagnée; le jour oii déployant son éten- » dard sur le sol de l'Angleterre , il y fit lire au j) peuple ces simples paroles : je maintien- » drai (2).
» Ajoutons que la session prochaine est né-
.. (i) C'est ici le. véritable tàraîn.des rérokitidiMaires , et îe ne m'adresse plus à M. de Gbâteaubrlaat , oatxe qae j'emprunterai tout-à-l'heure l'autorité de ses paroles. Les libéraux affublés de la légalité avaient quelque cbose de eontraint et de gêne ; leur amour pour les Bourbons était étrange et pénible. Mieux valent leurs mouvemens libres et leun cris spontanés.
(2) Comment on fait des réifolutions ^ par M. Alexis de
Jnssien. ,
( 47 ) » cessairement la dernière de l'assemblée qui a » fait la.septennalité. Un an de plus, et ce se- » rait ]e long parlement de la monarchie ; ses » pouvoirs seraient périmés. La France, suivant » toutes les probabilités , ne paierait plus l'im- » pot (ij. »
Messieurs , il n'y a plus de ménagemens à gar-« der, vos masques sont tombés; vous appelez hautement la révolte. Je le savais dès long- * temps, c'est l'expulsion des Stuart qu'il vou$ faut. « il passe pour constant, dans un certain parti, qu'une révolution de la nature de la nôtre, ne peut finir que par un changement de dynastie ; d'autres plus modérés disent , par un hangement de successibilité (2). » On connaît la république que veulent les uns , on sait le prince d'Orange qu'appellent les autres.
Cette çojaspiration flagrante a vivement excité quek[ue& esprits religieux et royalistes. L'im^ pression du danger , l'inspiration de la crainte n'onl; pas toujours permis une juste mesure.
( t ) Seconde léttfû à M. le tédàcteur du journal des Débats, par M. de Salvandj.
(3) . Moiiarebîé (wton la Charte.
(48) Pour moi , Je ne chercherai point rorigihe dtt pouvoir royal , pas plus que je ne veux assigner son étendue métaphysique. Je n'attaque ni les Pairs ni les Députés; la monarchie ne sait point détruire I, elle sait édifier. Mais la royauté ne périra pas sous les coups d'une faction ; les partis que l'on ne contient plus par les lois, on les dompte par la force.
Nous n'en sommes pas là. La pensée de la royauté est toute vivante dans une des chambres ; il est Kgitime de ranimer cette pensée affaiblie dans l'autre. La religion et la monarchie peuvent encore s'aflPermir par cette voie simple et paisible.Combien de choses deviendraient faciles^avec une loi de la presse qui réduisit les déclamateurs au bon sens . et forçât les brouillons au silence ! Quand la politique sera une science, qu'il faudra la connaîtie pour en parler; la société abandonnera un champ où l'on ne Pavait attirée que pour l'égarer, le sacerdoce et la royauté retrouveront leur place et leur fondement.
Je ne voudrais pas que l'on se méprit à mes paroles; je n'ai l'honneur de connaître aucun des ministres du Roi, et je sub tout>À4âit étian-
ger aux résolutions du gouTex7ieio,ent. . Ci j'essaio de pénétrer ravcnir, je n'ai jamais reçu de confidences; ce que. je puis^d^re retçmbe sur mi| tête! . •'.,*.
. jCe . n'est pas que je partage l'effroi de plu-r sieurs , royalistes , et. pourtant les c^constances sont graves. Comme en 1816 ,on. disait les royalistes inhabiles et en minorité; aujourd'huiji on les ^\t' faibles et perdus, parce que' de bruyantes défectiaos ont éclairci leurs jangs> Il est vrai que la mort a abattu des. têtçs vénérable^^ et qu'une faction impie l^oqdit de joie sur ]e|s tombeaux de nos pères; mais la faulx de M. le baron Dupin (i) a été plus vite quç la mort*
Vous comptez , Messieurjs , sur la génération nouvelle pour appuyer la révolte; U jeunesse que vous soulevez dans les écoles, prend danjs ses foyers les habitudes.de l'ordre et les besoins de l'indifférence. Puis, ne comptez pas sans nous^ Messieurs; il est une jeunesse ferventQ^par sa
^ (i) N'y- a-t-il pas danii cette joie de M. Dupîn et de not libéraux , cjuelque chose qui Tes9emble aux daosea des aaurr yages, autour des cad^yres qu'ils vpnt dévorer?
ibi , dévouéis par ses ' ddctrînes. Vous Tonbliez ^ pàtce' 'qtCtOe û^est ni *baTarde m tnrliulente ; fats ia troùveWîz^aiu'jotir'dil danger^ ëllc^sera sur les marches du troue. Si tous appelez la tempête, si le tonnerre vient à gronder; la Providence du pays est la rojrauté^ il faut obéir à ses décrets. Une' monarchie de quatorze siècles ne s'engloutira pas^ pbur réaliser* lès i*éves de dir années. " .•..'■.- «'^«- • -/• ^
C'est ici qu'il faut rappeler les paroles d'une grandfe'reine, qui' ddmpta les parietnenk' rebelles et donna Louis XIV à là France : « Il y a de 'la i^évdlteà supposer qu'on puisse se révolter; ce Sônt'lâf Fès fcctotes ridicules db ceux 'qui: la" veulent, l'autorité du roi y mettra bon ordre. »
Mais que la France se rassure ; docteurs de la résistance passive , vous paierez Pimpôt ; fanfaicôhs'de laréi^olte^ vous ne bougerez: pas.'Ces; iféz de nous effrayer avec les soldats de l'empire et les forfanteries britanniques.' Qu'y à-t-il de èôm'mun entre les inaiioeu vres de' l'industrie ^ et les -vainqueurs de l'Europe? M. le Dauphin et l'armée d'Espagne , nous répondent de M. Ganning.'et deses 'ra'diteauxv SU la fallu- le canon de la Biddsisba^'potir donrier'ùhè armée aux
Bourbons ; le canon qui tonnerait k Madrid et à Lisbonne , assurerait mieux que jamais Fa venir de la dynastie.
Et par quelle fatuité ridicule vous faites-vous donc les héritiers d'illustres victoires ? Il vous sied bien de parler de Marengo et d'Austerlitz , après les pauvretés de Béfort et les lâchetés de Saumur. Berton et ses trois cents n* osent entrer dans une ville à moitié complice ! Dix chouans avec leur crucifix , l'auraient soumise au nom du Roi. Nous aussi , nous sommes les Français de ces grandes journées, dont on veut nous effrayer. L'émigration ne se fera pas deux fois. Osez planter votre drapeau ; et nous combattrons sur les tombeaux de nos pères , pour l'autel et pour le trône.
J'ai l'honneur d'être, etc.