‹ Censure de 1827Chapitre 2 sur 91 · DES AFFAIRES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DES AFFAIRES PUBLIQUES

Monsieur ,

Yous avez eu tant de fois la bonté de in'ouvrir Tos colonnes ^ que j'ai contracté Thabitude de correspondre avec le public sous voti'e couvert. Permettez-moi d'y recourir encore. J'aime à em^ prunter un nom qui se lia, on sait parmi quels hasards , aux destins de la religion et de la monarchie exilées, et qui, depuis les jours de profr^ périlé , depuis que la restauration n a rien à craindre que de ses fautes , a pu devenir cher aussi aux libertés* publiques. >

Le moment est venu où tous les hommes at^

tachés à cette grande cause des institutions que 1 ère de i8i4 nous a données doivent en prendre en main la défense , sans exception ^s rang^; et des' partis. Il y va d'un avenir qui nous est commun, qui nous est cher à tous. Il y va d'une France que nous appelons du saint nom de patrie , que des expériences aventureuses , des nouveautés subversives , quel que fût leur nom , des révolutions, quelles que fussent leurs fprmes, détourneraient des grandes destinées qu'il nous fut permis de rêver pour elle. Que notre première pensée soit pour la maison royale ou pour la liberté y pour le salut du trône compromis par des boule versemens , ou pour la dignité di^ pays intéressé au maintien de ses franchises , nous voulons tous Tordre par les lois, l'ordre, premier biesoin' des^ états, les lois, première richesse des natiohsr civilisées, première sauvegarde des grande pouvoirs. C'est là le triomphé des affections natioBaSes, qù^enfans d'une même mère ,. passagers sur un même uavice , en butte aux mêmes orages» nous ûoûs trouvons toujours après les plus, yf'mos diseordes, àss intérêts, des voeux ^ un biit coo»* muné. Ce but , il faut l'atteindre ; ce» vneux., hs pvddu&e; ces intérêts , leflidéfenda«e. Il n'y a plus des oppositions, div^nsieei de senthnens. et de maxiyiMs. H n'én^ est qu'une, luDttonA tout entière

pourterioiâaUeade6 lois, pour la saintiçié de la foi ppOmise > pour 1^ re^ct dea œuvres du temps. D'un cô(é eit uo pouvoir qui, prenant la place et Fi^pdt des facljîons ^ s^égare dans la passion des cbangemens : il af^pelle à' soi quiconque veut détruire , quiconque poûrsatt des utopies , qui*. GOt&que aspire à jouer sur un tapis verd les don*c^urs du io7<er dome^que , les biens de la pui»* sanfô9, le repos de 1^ patrie elî la paix^ dn monde contre le^ fantaisies . d'une aakbition irritée par

les silG^èâ*

De Vautre, est nm griande nation, calme eè si^e comme un gouFearnemenI: habile , st avide de re^ po^ qu'elle laisse. £ttr6 les ni^vateurs pour ne pas s'émouvoir; si s<nsiDtse aux lois qu elle les respecte efiicoi^, tandis qu'on l'emprisonne. dans lesirem« part^ tiUs pour sa défense ; si patiente , que ks agresseurp s^eocooragenl à leuts excès par sa ré^ si^Odtion riiême , let tournent contre elle juscpt'à » loyauté, jusqu'à ses veiius.

Cette cause est liégiAlme et sacrée s'^l en fut sur la terre. A Dieu ne plaise donc que nottf foi hésite sw les cfaancès de l'avenàr ! Là où- est la justièe , là sem h vic|b6ire. Getf;e prophétie est écrite «li ottwftères sacrés dans, les annales de tous les peuples , dans la conscience de tous les hommes: Hais p6uiY|uoi y aurpit41 cofahbat>?'^usqû'au der»

nier inoméût tout pourrai être sauve éficoré ; et qu'on y songe bien , les triasses éminentes , les grands corps ,• les hommes considérables , quiconque ne fera pas tout ce qui est en sa pui^ sance pour briser le charme de la manie fatale qui nous entraîne dans les abîmes , tous entreront en partage de la responsabilité de l'avenir. Les intérêts dont une mollesse coupable aura négligé ladéfensC; trouveront, quelques jours plus tard« d'autres défenseurs. On sera tout surpris d'apprendre que le peuple s'est réveillé, qu'abandonné il se protège, qu'outragé il s'exaspère, qu'armé il rend violence pour violence , et rémunère , à sd façon , les folies des perturbateurs de la paix pu* blique. Que rariatocratie légitime , celle qui est dans.nos mœurs et nos lois*, se porte courageuse^» ment pour interprète des doléances publiques, pour garante de la foi jurée. Sa voix peut-être sera enfin entendue , et une protection redoutable sera évitée. Les masses ne songent point à ressaisir le pouvoir lorsqu'au-dëftsus d'elles on ne l'abdique pas.

Il;est utie vérité qui frappe, qui attriste tous les esprits $ c'est que depuis quelques jours la face des affaires a: changé. Une carrière nouvelle s'est ouverte , ou plutôt la crise qui nous tourmente s'est mûrie. Des masques sont tombés. Le

drame a 'marché au dénouements L'arme' de- lu légalité s'est usée dans les mains qui en ont fait depuis quelques années un si funeste usage. Le temps des hypocrisies constitutionnelles passe ; celui des emportemebs va venir.

Par l'ordonnance qui a détruit la liberté légaie de la presse , le pied a été mis dans le Rubicon. Les auteurs de cette entreprisé doivent tomber sous le coup qu'ils ont porté, ou force leur sera de se jeter à corps perdu dans la tyrannie.

La tyrannie ! Quels seront ses biens , son principe, sa force, ses chances, grandes questions qu'on rencontre avec douleur, qu'il faut savoir aborder avec courage ! Les hésitations et les délais seraient des félonies.

S'il e&l une opinion ignorante et frivole, c*est le sentiment de ceux qui proclament qu'une révolution, victorieuse trente années, fille, compagne, mère de trois générations, redoutable au monde , et habituée à traiter avec les rois de couronne à couronne , fut un incident que des incidens pouv^ent changer , qui ne se serait pas aocompli si jjlrouet était demeuré à la Bastille , s'il y avait eu un prince de moins dans la maison royale, quelques démagogues de. moins au sein des trois ordres.' Étrange manière de comprendre la Providence q^e de croire les choses de ce

moiide livrées à de mobfles^ hasards 1 Boimisé^ i*aible qiM cellp qui iaipoée à on peuj^le les^bdres mon^^ques qu'il 'irepousse*^ «t dénié à Dieu oès 1<MS ipQMEiuii>les , cette ëtemeile sagesse qm^idtsant graviter le monde moral «tfAiiitîque sur Vkxe de la justice divine , donnent «n digiie mot-Â J'é- B^ihe de l'univers ! ^ > ,

La rév^^tion fran^se fie fut antre chose qu'uni euchaifitement de réactions Tengeressés qui se précipitèrent : réaictionç contre lu monarchie corrompue , éclatante en scandales , absolue sans puissanfce , et licenoieuse ^s gloire des derniers temps ^ réaction contre une noblesse qui^^ alliant le privilège à la servitude ,, eocerçait unemptiiie sans compensation et • sasis excusées ; réactiisn contre un clergé que leç entraînemens , suites de ses richesses, avaient appauvri dans le respect des peuples $ réaction contre les înégalitéà , les abus 9 les excès ssrns nombre dont la racine se liait à la conquête et se perdait dans la nuit des âges. Ainsi que toutes les réactions , celle-là fut violente et cruelle. Les hommes n'arrivent au bien que comme le pendule au repos, par degrés ^l^nte^ ment, et en passant et repassant sur ce milieu que cherche la sagesse.

Il fallait réformer ; on détruisit. Au lieu dV)bli^ ger l'aristocratie à devenir bieMfaisanie et libre.

(7) od ia flGfy8^dfiiisle«9ag.' 'Âillieude r4;fa<iri6 le clergé MK ^f avaldix et aux vertus de son mmistère^ 4^ biisa les a:ii£el&y etil'faUatàrÊtre^iiprême, pom* obt^air (}roi€ de cité, le^crédit de Bobespierre: Au lieu- d'entreF dans le VŒjur de Lwis XYI, et de llonBer à' rautorké royale des appuis en iui don« fiant des contre-poids , une aveugle fiarie porta çur sa tète innocente et sacrée le poids* des £^u tes y des scandales, des usurpations de tou$ les règnes précédens^. Enfin , ce fut le destin et le châtiment de cette résolution qui avait tout renversé au cri de philanthropie ^t de liberté ^ qu'elle 'ne fit que tnaverserle crime pour arriver k la .servitude, qu'elle ne déposa ta hache que pour, toimber toute sanglante et hontense d'eUe- .iVkême^sDnsies faisceaax d'un 001^^.

Mais; veuillez remarquer, inon^ur^>que, daofi ces excès contraires, rien ne fut durable ^ 'que la tyrannie, impériale elle^mênxe r^er 4ura iqu'autsin/t qu'il fallait pour étouffer les haines, rs^ptother les partis , fermer les blessures du dedans* Ati. milieu de tant de vicissitudes , dominèrent deux besoins im^^rieux, celui *de l'ordre et de' la liberté; Ja Jiberté tour à tour poursuivie jujsqu'à J'anarchie , l'ordre jusqu'à la servitude;. mais chacun' de cè^ intérêts toujours prêt, dès qu'il était^vaincu, à ressaisir la Tictoire ; la terreur, et la royauté toujoui^.

prêtes à hériter Tune de l'autre , tant la force des deux principes était égale, ou plutôt tant la raison publique avait besoin d'une transaction qui les accordât en les enchaînant Tun à l'autre !

La restauration vint et promit cette transaction. Elle fit plus que promettre : elle donna ; et depuis nos premiers troubles , nul gouvernement ne s'était vu , qui pût supporter autant de liberté en gardant autant de puissance, qui affrontât, avec tant de force , tant de résistances et de combats.

A quoi ont tenu ces succès , sinon à ce que la Charte fut donnée , à ce que les intérêts nouveaux et les droits acquis furent consacrés , à ce que la révolution ne fut pas traitée comme une révolte d'un jour, comme une sédition vaincue, à ce que les Bourbons reconnurent dans les Français de i8i4 un* autre peuple que celui de 1789, dans le trône, relevé d'autres élémens de pouvoir et de stabilité que ceux avec lesquels la royauté s'était perdue au milieu du déchaînement des factions ?

La royauté ne fit-elle alors que des concessions trompeuses ? les immunités de la Charte n'étaientelles que des pièges tendus à la bonne foi des Français? Non sans doute, et nous en avons pour garans la puissance des faits , l'autorité de l'expérience, la voix des siècles. Qui pouvait penser

(9) que quarante années /fécondes en travaux et en nouveautés , pussent être par un ^oup de niain effacées* de ^histoire et * réduites à néant ? Qui aurait osé' dire que cette monarchie / que nos pères avaient vue tomber malgré le point d'aippùi de quatorze cents ans de durée, devait , arrivant toute neuve et toute faible de l'exil; se contenter des étais corrompus qui iTavaient point soutenu sa vieillesse chenue et respectée?

Les nations ont un progrès coiûme les simples homrmesi Quand leurs lisières sont tombées, elles ne retournent pas à Tenfance. Quand la tutelle dn pouvoir absolu a été une fois brisée , il n'y a plus de possible que "le frein des lois.

' Et cet esprit de liberté qui vivait dans le sang des Français, que nous avons hérité de nos pèreè, que les derniers temps n'ont fait qu'éclairer et qu'anoblir, est-il bien incommode, bien mutin, bien tracassier pour l'autorité royale? Sommesnous ingouvernables enfin ? Non assurément ; |è ne sache pas que peuple sur la terre se soit jamais prêté aussi docilement aux expériences du pouvoir. Un gouvernement arbitraire, avec le système qui nous travaille, aurait déjà oui lie fois mis le pays en feu. On maudit, on condamne la liberté ! C'est elle , ce sont ses réparations et ses promesses infinies qui ont conservé in-

( ta) tacljiifl«pir'à:ce!}oiii^ W^l^pôt 4e*la piMxpMbli(}tte,

Yoyéi: la différence desteno^, des isMitu|jo»$, déa itticBUt» ! I^es gëtiératîoii6':de Tatficicïi régime , élevées lon ^fii^ttftar quii^tcopomeat^ ant ^CN:igé leA'odbtes let ,\eis (irètree , tué )Leiiis XYL, tué Marie<^afiQiaette / 1»ié Mâdiime'£Ufia]»eUi>5 taé.... Gerfliècle a été une kii^e.orf^e, 4^oiiiineMée diaas.lft déhrMicbe.'etâAié dans iensaog. I^^génér rations nouvelles ^"aéea^ur les^uHffdhe^d^Si'éohafotada, grandies à la liieiir des incendies et des J^taiUea, ont reievé les aateb., rétabli le troue , rii[^0lé è ce trône vénéré le vieux sangde3 comtes d0 Paris , reûo&stitné l'^dre «ocial, rei^onAU le légitime empire des notn$, des richieSBes., des talens , des vertus, eonsacré'^ttne aristocratie ^litiqiie investie^ de privilèges et d'hérédité. Telles soiit et'la ^sc^eâse et la loyauté publi^pies, que la couronne, dans tou&^es oaitirage^, au milieu des osâUations des partie ^ a tou joui» vu la puissance natiDyaale' se presser à ses pieds, tromper l'attente des factions^ et assurer le triomphe légal de la royauté.

Sûrement, il n'y a pas un autre exemple Uu monde ^'one nation agitée de bouleversemeji* si profonds» où le sol ait été remué jusqu'à ses en<traiUes, qui ait porté des armées de quatorze cent mille hommet», ciiressé *m^e chimères ^ nourri

et des éclaira , une ç^pas^liç aoDV>^lle, ^iicbez iaqiielle en quelques annéestpuf l^s4r/Q9ats.^soieal; ÎDclmiés sous^l^jo|ag fies lois, ^tous l^gi^os de fffxen^ fixés à la vie.^iyîle^et jçt^s ds|Bs la canièFe 4^ utiles traraux, touslessouy^&icsconfondusdaasle sentime&tdii bietn-èfre préseut^toulie^lje^tlaiofifjB soumises à l'adopiio]^ di^^çQ^muay,^ d'un, royal ^mbole. Yofis vous spuveaef comme moi, etxaieuz que luoi, Monsieur^ de. ces joursd'augpisseet.^^ terreur où sur la irQfitiè/e ^n nord .les |>nace^ prièreut les jaunes mloataires atJtachés à leur^ pas de ne ms suivre leur fortune sur un sol ëtrasr ger, parce qiiç ie^pain çi^ l'exil pourrait ne .pas suffire à tant 4e sénateurs fidèles^ Qu!il y a Jtoi^ de ce. momaat à celui oà, nous sommes ll«es nobles larnj^es qiûnEu>uillèrent^le pain, dfe l'exil, sont Bssuyéejsi; Içs Bourrions régnent en paix i4h ont une armée, ^i^eqtjei, et un iBi)liQ0|Sxile-s4JQts^ un milliard *4'i?a^ts^ .Pas un oij séditieux ne trouble de dissonances importunes le cour^4ecf^ prospérités , et quand la police dans ses alarmes croit voir naître .1^ factions , elle est oUigée de s'en {>retidre 401 /cri^tvmultueèuc.é^ : Vive le &x>U . Faut-il le .4ire ? f^^ ^SQtit. ces vif^ireç inespérées qui ^Qt 'taiiB l^^daupigQrs de :)a; saonavchîe. CHt <^t qii^ ce/cbàiipip de ti^mpb^ ^est sans limite)^

comme Ta bonté divine, qu'il suffit d'aller toujours 'en avant pour toujours conquérir. Parce qu'on a retrouvé mieux que la monarchie de Louis XIV , les conseillers abondent, qui veulent' mettre toutes ces destinées sur une carte pour voir si par hasard on ne pourrait pas obtenir du sort la monarchie des Cyrùs ou celle des' Pharaons.

Il serait temps cependant de reconnaître qu'on a doublé lé cap des Tempêtes , qu'on a dépassé le terme des victoires, que les prospérités sont finies;'car sans doute on n'appelle pas dû nom de succès la nécessité de bâillonner la France, de disgracier Paris , d'interdire à l'Académie fran- •çàise l'accès du trône / de livrer à l'opposition dés noms glorieux de plus. De tels coups de force 'dont la réussite n'a rien avancé , dont l'insuccès aurait tout perdu, ne compteront pas au nombre des travaux prospères ; ce sont des calamités, ce sont des périls, ce sont des revers.

' Ainsi la fortune a changé ; où s'arrêteront ses disgrâces?

Ses disgrâces ont commencé le jour où l'autorité royale a cessé de gajgner dés forces, où l'opposition s'est fortifiée à ses dépens , le jour où la magistrature s'est étonnée de là carrière ouverte devant le pouvoir , où les dissidences de la Chambre des Pairs se sont prononcées , où les ta-

lents se sont placés sous la protection des libertés publiques. Un parti en ppuYorr, qui ne grossit pas ses rangs , s'égare à. coup sûr ; car les hommes . courent où va la puissance. Poqr qu'ils. ne la suivent pas , il faut qu elle fasse des folies , . qju'elle ait sur leS yeux un, épais bandeau , . et se pejrde au vu et . su. du nionde entier. /

On attribue à la liberté; de la presse tout le mal;. mais cette liberté existait au< temps. des exé^ entions de Strasbourg,, de Poitiers, de «Paris, et elle. n'empêcha ni la paix de renaître en présence de ces tristes scènes, !ni les majorités des deux Chambres de fortifier de leur alliance un ministère contre lequel ces majorités avaient été formées. La liberté de^ la presse existait un an. plus tai^^ et elle n'empêcha point laguerre d'Espagne d'éclater, ni de réussir. Elle existait plus tard encore , quand laGhambre septennale sortit des élections: que l'on connaît ,v qu'une opposition de seize voix; dans la chambre populaire, égayait tous, les public istes de la Trésorerie , et qu'une isoixantaine de pairs, sue* ces^vement. introduits dans la chambre, haute., mettait aussi à peu près à néant l'opposition , nullement systématique, nullement hostile ^ de l'Jl-" lustre assemblée. Si .donc tout a changé depuis lors, à quiJa faute? . . '^ . . •■ ,

La liberté dé la presse n'a point de reproches

k- se fiiice/ Louic de- «ieriemè eà WeîUiflsanfc pLus: dcrimonieu» , leccude de ses pombats se irés-* treôgBsilf àà jdiir éa joav. Ses dttstqi^es étaient bionufesdahis les derniers. teBBps. au mioistère et à la société di Jésus^ Puisse^trOâp quelque jour né pas vegl^tter i^raèrément cette lîb^té sage et circonspecte qu'on a calomniée et abattuelQnaml «rt-feUe: élevé ses regards jbsques sué là maison royale,' &n sùsl gdûts;, sur ses: piMBohans^ - sur ses. opinions pevsbnhelliés, sur Femplt» de ses jountéesi ? Quand a^tt^elle attisé le feu des diaciûfÙMs dé clàâse ou de pairti? Quand a^^t-^Ue eoDcité 1» hebfesse aftoienne et la nouvelle à se hair> le peuple & èlivifir ou dépoiss^er les grands , la lu^ th>n à écaorter le feeih diss lois , les justidiablés à iasulter ka trili^ùnaux? qjaahd? j^uDaaiis. Tout au phia est-41 arrivi quelquéfods qu'on pût la croire uialveiHante pour le sàceodoce etdjbposéeàcon^ fidndré le ' clergé avec là isociété de Jésus. Maie , pour Dieu, qu'en veuille aussi 'songer de quels UeQK partirent lés premiers foudres , et leà plus déeisîft.' Sans doute, lé ministère' akscuse aussi l^iori^ionie dia là polémiqué^ laipiéUe il était en bûttei Je de Toildrais: pas que ma plume tmç&t rien quF pûl resseinbler à deS' personnalités; lùdiâ quelmalbeur plus grand pour déafiomines d'état^ qnb^ iefsqu'ùn éor^yatn met en tète de ses eo-

hmnes mensongeê dèé....^ iatetrrienne' im ari«èl| qui èéeiare qu'i^n'ya pas moyen de eondamii^p QO gâtant hotm^f^ poar avoir appelé' de son nost^ ee que ]e moode eittleF a entendu! qu'on le saebe bien', la pf<eisse , gênée pap les .dif&enkës du langage qui n'e^t' pas (^endu etvarié coinme le oœuf des hommes , gênée plus^ eneere par les Qntra^e^ ^ législation la pI\is.omèrageuse.et la plus en^i nemie qui f)if jamais , ta presse' n^él^it dès-4oag^ temps qu'uq éclnv ineomplet et' affaibli de qe que pense et- crîé la France.

A qui pérstïad'era^t^-oçf que dies hooimes fiefe que M. Chateaubriand, M: de Mont^ster^ M; de laevetétte , M. ti^lemaiii , M, Wfdè d^ Neuvitt^ s<>nt' eMràS^s et séduis en quelque SQPte pap Je^beMKs yeui de (a liberté de la presse^, ou qu'év^kvtée se«ilement atf pi^fit d^ànibitioi^ts^ éW quifntesMtee lâierté qui n^^a ûi cour, ni ft^or^ ûorfinéfie les grasfids^ cOi*p» de^ TStat , les ^ompa^ ffsie» savantes , tes céilège^ éléc^t^raux , dépl&é^ lë& ûSâ^oïitéê ip&rt&M pà iL y » trois Frad^itis qui

délibèrent, et fasse sortir le noi!Q ào générai Xa^ fajMte 4e l^uiraie éleotdrate de jHeaux où ilreMâ toî^oum rptifei^âïosous' k^ iiiinislères> précédents l Neit^9 mon , les» aauiiés de ee^ etito^Kemèas sont et pldR gtiÊsée^^fbm hamte^. Dqs' nâdts «e> portent pas d'une bannière à l'autre et du pouvoir à l^e^

position un peuple, qui ne suit les affaires publiques que du coin de son foyer. Il faut des actes, des actes continu^ etfrappans, pour enfanter de tels résultats. Ces actes , quels sont-ils ? . .. Nqus n'ayons pas à parler des actes de la France.: Car la France . n'a rien fait qu'obéir y payer, prier. Dieu et crier: Vive le roi! Mais le pouvoir a été d'une effrayante activité. Il n'y a pas eu une institution qu'il n'ait attaquée , un intérêt qu'il n'ait ému , une existence qu'il n'ait inquiétée , un principe qu'i} n'ait mis en question : la main qui sema les orages devra-t-elle être surprise d'en moissonner?

Nous avons assisté à la plus extraordinaire en-^ treprise, celle, de. refaire, de repétrir un peuple en prenant l'offensive contre ses libertés publiques, contre les promesses de la.charte^ contre les garanties d'ordre et de stabilité placées sous la foi de.nombre.de sermens. Et on s'est irrité dé. ne plus trouver, pour marcher à l'assaut, les cours, les députés, les pairs, les publicistes qui avaient eag^é leur foi. pour la défense ! Ce ne sont pas eux^ui ont .changé. > La couronne demain encore les trouverait au même poste. .C'est toujours cehii désintérêts du trône et de la France, celui du pacte.au nom duquel la restauration s'est faite, et affermie.

En voyant ainsi se retirer tout ce qui était une force et une gloire, l'autorité pouvait céder à I opinion universelle ou lafifronter , l'affronter à tout hasard. C'était opter entre le calme et les tempêtes , entre le péril et la sécurité , entre la réprobation de la France et son ferme appui.

L'option est connue, et les résultats ne se soiit pas. fait attendre. Le prince lieutenant-général et chef des gardes nationales du royaume, ce prince sollicité de frapper d'une stérile disgrâce l'élite armée de la capitale; le roi, dont l'avènement s'illustra par l'abolition de la censure , sollicité de reprendre après trois ans son bienfait, en restituant à ses peuples leurs bénédictions infinies , c'est là un des plus pénibles spectacles qui pût être offert à l'Europe, et nous ne sommes pas au bout des tristes nouveautés.

Loin de nous la consolation de croire que le ministère s'abuse , qu'il ne sent pas peser sur lui la réprobation publique! Cette réprobation le poursuit d'entreprise en entreprise et de violence en violence. Elle lui est révélée par le délaissement de tous les hommes connus de leur pays et .du monde. Toutes les voix de l'opinion la lui dénoncent. Tous les choix la lui répètent. Il sait que pas une famille n'est si enfoncée dans le système qu'elle ne soit divisée ; les jeunes hommes

dësavôuèfit leà Vieillards ^ et les ènfaiis rèiioÀeent leurs pères. .

Nt)tis ' tenons de voir uii Mngulier témoignage de la solitude du pouvoir. 1) a eu besoin de six complices, et lie les a bas trouvés. Le roi et VEu^ rope savent qu^ prenant six hommes dont il se croft assuré, puisqu'il les choisit, sa politique e^t exposée à ne point avoir^armi eux la majorité. Quelle preuve meilleure dé k cènsciénce qu'il à de ses égaremens , que ses efforts pour k^stèr dans les voies légales tout éh mettant nos^ ifranèKises en coupes réglées? Comment expliquer au* tieineht lé isoîn qu'il à de né lious noyer, ^ommè «ditif bntesquieu, que sur la planché même où noiis ^étèîîs tr6uver un asile? Et pourquoi ses déèlaràtious constitutionnelles depuis quelques jours , pourquoi les tendresses du Moniteur pour le gouv<eMemetit repréis»entatif ^ depuis rétablissement de lii censure , sinon afih de calmer les esprits et demonirel* iàébranlablé ce boulevard de lu pAt pttUîqdeP Mais enfin , bu vous vous sentez faible^ ators* laédez au cri de la France; ou vous vdlls "Croyea fort , et âlbti» il fatit aécomplii^ vôtre *dës^ titiéé , ¥ouS p^écipitei- dans vos éhtrepriséi^, aboi** dér ilne fois ce redoutable écbeil du pouvoir* âb- 'Mhi^^ icmitré lequel véus Vdù^brièèrèâs sàâs avoir ^^fêé lëUtef d^|>^tadrè tèiYé. G est une liifèéttiblë

coxidifidik (frië de n'avoiè m fetiiêrité dët frdticiliée et du courage y hi ëeloi de la i^agéâse.

Je âtrts coii vaincu qu'eiî'tîrâiit du ibtirrëàu l'é* pée de la censura , Va ministère n'a pas ehi coibïqencer la guerre, maîs'reritter dans la'{>àii. Il a Toulu calmer les ësjprits ^ point lés èiaspérer. Il a eu foi dans ses desseins dé dibdérdttoh, et s'est dit qu\ine fois le siléhce obtenu , il fermerait nos blessure^ ATîehhe, naguèfev ëtâittm lioà dont la gorge sërrëèpâr ùU cblliër tro|) ëtroit n'ëtait qu'une affreâsè plaie ;- le malheureux poussait des cris horribles; Ori avait deux partis à prendre/ du de briser son collîcfr de fer poiir le guérir , ou de le bâillonner pour ëtoufier Ses- cris. A Tîenneon prit le premier parti pour le monstre; fe ministère vient de prendre pour nous le second.

Ce^tune étrange illusion de croire qu'on puisse ^smpérer l'elaspëration publique par des violences, et puiser la modération dans les coups d'état. La modération estchoi^ trop habile et trop sainte pour être à la portée de tout le mondé. Ne redevient point modéré qui veut ; he s'arrête point qui veut sur' le péndhant ides abîinés. Toti*e propre poids vous entraîne ; tbtisTÔs actfes' pèsent sur tous et vous précipiteiiti Vous vous sèiiteK perdu, vous voulez'vous cràmponiierauxbràneliés ! Point î II failait suspendre votre course* quahd tout ^vous

spllicitait au repos. Maintenant, il y a une fatalité, une justice qui vous punissent , une inexorable voix qui vous crie : marche, marche, jusqu'à ce que toutsoitaccompli. Les emportemens appellent des emportemens, et les coups detat des coups d eut , comme les abîmes appellent les abîmes.

Le conseil de la couronne a cru esquiver ces nécessités fatales en se tenant , cette fois encore , dans les limites d'une mensongère interprétation des lois. Mais on trompe peu les nations ; on ne trompe point la destinée. L'établissement de la censure dans un pays libre , fût-elle mille fois prévue par les codes, serait toujours quelque chose de violent et d'illégitime. La loi serait coupable de la permettre, et l'autorité d'y recourir.

Illégale, pour trois causes, parce qu'elle ne peut être établie que lorsque les chambres sont loin de la portée du trône, qu'elle ne peut l'être que dans des occurrences extraordinaires,. qu'elle ne peut l'être que momentanément, la censure qu'on nous, a donnée est, de plus, illégitime, parce qu'elle est essentiellement contraire au principe du gouvernement qui nous, régW« Point de liberté de la presse , point de formes repré-: sentatives, point de Charte constitutionnelle. La censure doit tuer le régime que nous, avpns , ou la çpiironne l'aura bientôt brjisée. . ,

On comprendra censure dans les souveraînetéi despotiques, quand l'État c'est le prîiicé, qu'U n'y a point, à proprement parler, d'affaires publiques , qu'à la place des discussions il y a obéissance , et foi à la place d'examen. Alors la tâche de l'écrivain est courte, et celle du censeur facile. Mais parmi nous, mais quand dès partis et le pouvoir sont légalement aux prises, c'est insensé. Imaginez un procès qui se plaide sous le contrôle de l'une des parties; imaginez un combat en champ clos, où la moitié des tenans a la chemise de force et traîne le boulet !

Dans un gouvernement absolu , l'oppression est moins dure , parce qu'elle est naturelle, légitime, accoutumée; et il y a de moins le mensonge, il y a de moins la honte.

Dans un état libre de nom et de droit, la censure est obligée de se donner pour là tutrice et la compagne de la liberté ; car autrement elle avouerait qu'elle a mission de renverser le gouvernement établi, par une criminelle révolution. Or, voyez où tout cet échafaudage de nécessités contraires nous' entraîne. Pour que le pays croie encore à la liberté , il faut qu'il ne voie pas la censure, tandis qu'il la subit. De là cette irritation des censeurs contre les blancs. L'esclave est leiîu de mettre la main sur ses chaînes pour qu'on lie

( âa ) loi i^vfoive pas i il- est tenu de danser es^ i^e— sofe, de ne pas omettre qiie>cadence pourqu'oa oublie ses tonrmads et ses entraTes» Cette iojone— tàont n'etf, pcnnt légale ; n'importe! Elle estnéces-* Sfdre. Si récriyain n'obéit point , on tuera son journal; si bien, que- l'hypocrisie . jette dans des fqreurs de plus. . .

Ainsi est-il arrivé. La France Cfirétienne s est obstinée ^ laisser marquée Tempreinte 4^ ses fers. La censure refuse de faire sur cette feuille son office. De cette façon , elle ne paraît plus. L'attentat est |dus grand : on viole une demi-dou2aine d'articles de la Charte ; on renverse le droit de propriété de fond en comble. Mais le grand intérêt de la modération obligée exige ces épouvantables coups d'autorité. Les morts ne parlent p^ à la nation, de son esclayage. Un vivant qui boiterait des. suites de sa torture , perdrait tout

Jj^, censure nouvelle est donc arrivée de primeabord plus loin qu'aucune de ses devancières. Elle a été lancée dans plus d'audace, précisément parce qu'elle ^tait' astreinte au patelinage officiel qu'op a vu. ^cQOUtuqiés k la liberté , op^e pouvait nous traiter comme de vieux esclaves ^ sachant qu'elle constitue notre drint public > et il a. fallu épuiser à la fois , pour nous asf ervir en nous trompant , toutes les combinaisons de l'oppression et du mensonge.

Le pubiii^ est toutrà-iait 4^sori€t];ité*J^TQ]f^]ft cesiooloaaes befovétiqittitmeat rejnpUes , jl f^^^mii^f^ les ceaçLseurs bénéi^ol^. qu'oa paie po}\x s^ itçrner à lire la gazette., et il ignpre qu'ils n'ont pas spuffert qu'on annonçât qu'un conseiller d'état refusait de surveiller leurs travaux , ou bien qu'oA imprimât une lettre d'un duc et pair (i,). Appr^non^

TT-rr

(i) M. le di]K:'<le CI|oi9fiil à'pdressé à M«<lè |l^dact6«^i:

du Journal des Débat^S', lu» leUre suivante : ^

Monsieur,

Pennettez-nioi d<e pç servir dç.votrip journal .pov^, exprimer nta profonde et sensible Reconnaissance des nombreux témoignages d'estime et d^amitié que j'ai reçus de mes honorahles frères d'armes de Fa ncien ne garde nationale pari* sienne. Étant dans Timpossibilité de répondre aux lettres multipliées et aux marques de bienveillance' dont chsique jovr ils -dm'guenl m'hobover, depuis l'(^inion que j'ui prof iMncée le 19 juin à la G)ifiiiihre des Pair» , foul^qi , ippn^ sieu]^,.que je leur adresse i^i mes remerciemens ef l'Hom^: mage des sentimens que leur approbation m'inspire^ et que je les supplie de croire que mon dévouement et ma reconnaissance égalent mon respectueux attacliement et n&on adr mîralion pour cet illustre corps dobt la pattrie gard« le souvenir avec gloire et douleur.

A|[réèxy fmmsieur, ^'i^sêulMiiiGe dé m^s siSQtimieiis. et, de ma.con$idénitii>n.très^d^tMi)g^>< >

Le duc DE CHOisEukl

à tout le inonde que la censure pèse et doit peser de tout son poids sur la pensée. Comme l'a trèsbien dit lliomme qui est chargé de communiquer avec les journalistes, ils se doivent faire à euxmêmes une censure préalable; ils le font, pour ne pas se charger de frais d'impression inutiles. Cette première servitude est invisible pour les censeurs eux-mêmes aussi-bien que pour le public , et celle-là laisse au Saint-Office peu de chose à faire. Il en est une seconde, générale et permanente , telle que la défense de prononcer jamais le nom de la société de Jésus. Sous ce régime de tyrannie goguenarde que le Moniteur intitule liberté , une société , qui tient tant de place dans les préoccupations du pays, n'en tiendra plus aucune dans ce qu'on appelle encore l'expression de la pensée publique. Ceci suffit pour faire voir d'où vient le licenciement de la presse libre , et où il va.. Il y a enfin la censure journalière et locale qui , ainsi aidée , n'est occupée qu'à contenter ses maîtres en alléchant les passions de la foule. Tel journal pourra proposer M. de Chauvelin aux électeurs de la Charente , et vous serez entravé dans la défense de M. de Lalot. L'un appellera le comte de Saint-Leu mon prince , et la Quotidienne ne pourra s'attaquer à la majorité ministérielle. Un autre annoncera les médailles

frappées à l'honneur de M. de La Fayette, et on ne pourra dire admirable un poëme de l'illustre M. Chateaubriand. Pourquoi ? M. dé Chauvèlin , Louis Bonaparte , le général La Fayette , sont-ils plus bienyeillans pour la royauté , et plus chers à ses défenseurs^ que M. de Lalot, ou bien l'auteur de la Monarchie selon la Charte? Non sans doute. Mais les lauriers du noble pair gênent le sommeil de M. de Villèle,' et ce n'est point M. de Villèle qu'importuae la renommée du compagnon d'armes de Washington.

Dans ces extrémités , vous avez bien fait , Monsieur, de renoncer à la protestation des blancs , comme on se soumet, au coin d'un bois, aux invitations du braconnier qui peut vous casser la tête. Mais vous faites mieux encore de persister dans la protestation du silence en fait de polémique. Accuser les fautes de M. de Villèle sous le bon plaisir et par la clémence de M. de Villèle, n'est chose digne d'aucun de nous. La presse politique serait perdue en France si elle pouvait condescendre à se laisser montrer par le ministère , contrefaisant les allures de l'indépendance, comme l'ours danse , enchaîné dans nos foires, pour les plaisirs de la foule. Qû'aurait-eHe ensuite à objecter aux lois qui seraient 'destinées à river ses

fef*s? Elle aurait perdu le droit de ae refuser à^ Tesçlayageé .

Non 5 n^a, ayons la digoité de la sevritiide : n'acceptons pas le nom d'affranchi , qui, ^st encore trop g^and ppur nous ; laissons ^ux oppres-^ seurs la tâche de tromper sf uls la France. Rien n'inspire un dégoût plus profond que les joiu>nau^ de la trésorerie continuant à parler de l'op^ pp^itipn comme dq coutume > tirant au murfaçi^te de ijui^m , et passionnés toutr-à-K>oap pour les Ur bettes publiques. Le sbire , proc^fD«ant l'in4^ pendance de ses victimes , réyolte assez. Ne cipmplétpns pa$ ce trîstç^ tableau^ en montrant les puUijpistes d'uç^ pays libre occupés à baiser leuf^ cliiBia^s daiis l'^spçÀr dç; l^s élajrgir ai^i, et dç g^gOer un annea^i*

Jm^ p?i?us^e du n^inistèfe s^ait toujours été d^ respecter le gourernçmfnt représentatif çornuy^ la vache à l^itde nos dispendieuses monarchies : maïs i| a'an voulait qye la forme ,, que le ^queiettf j qqe J^TP^e du milliard ^^d^n» ce système il reppi;«|ai( 1^ çe^i^pe;^ il la sentait iacomp^ ^le aveaJlç ]K>m du fégiiqf que la restauration II0US 9i don^é. C'est pjcnjirquoi il i^èva l'achat df Jtoiiti^s les voix dte r^pMMoa t alors il j. a^railj euiiburt^: Ç^, l>99ii pifp lavotrté ., o^ inyçn^a la cpm-

binaisoA d'une charte permettafiit d'écrire à tou» les Français , et de lois ne permettant à persoline d'imprimer ni de lire. C^i a manqqé encore. On est retombé dans la censure par l'ascendant dc! cette puissance qui punit les pouvoirs par leurs^ propres excès. Maintenant le paième ascend^t obligera le ministère à déduire Tune après l'autre toutes les conséquences^de cet attentat. Il faudr4 que les restes de la charte périssent. Il y a dsMis U suite des éyénemens unç inexorable logique.

La liberté de la presse n'a donc pa$ été ^uUi frappée : on a sapé à la :(p|s toutes les tibiertés* Le droit public dei^ Français a été tout eùtier b^ttu en\>rèche. Le siège a été op^s devant tQ^tes nos institutions, devant tous les^ droits quç noa$ tenions de la Charte, que, pour parkt désprm^il un plus sincère laQgjEigç, nQus tenons de Dtten et du temps.

L'entrepri^fl de gouverner, à contre-courant av^c les. formes con^titutipno^lkls était sùrr humaine. Pe là sonti^Q^us tow les-froissaoïem^ tous les assauts., toutes l^s £autes< Vour- dppunjer c^ iaute^, il a (all^ «ibo^ir ^ ^xolr, pxdiUqiM^ j^our appuyer c^ çpupi d'élftt > il faudra btii^r la cl^inbre haute en démw^ti^nt la paisie à focéi^ d'aUiagç ;. pour appuyer o^le nouvelle, m^îocité, il faudra changer m^ fois eneAf e le régi|Ene élcse^

tCHral, trouver une autre manière de tirer toujours de lurne des élections des noms que les électeurs repoussent. C'est là le problème; et, avant que la solution soit trouvée, mille accidens seront survenus qui auront bâté le dénouement; lombre même du pacte fondamental se sera évanouie.

Dans ce temps-là, la faction sera peu nombreuse. L'histoire nous offre partout la clef de ces rapides décompositions de partis. S'épurant toujours de ce qu'ils ont de plus sain et de plus sage, quand le malheur veut que la puissance leur soit livrée, ils finissent par n'être que les misérables jouets de la fortune , que les instrumens aveugles de la ruine des états. Si le sort ne se lassait pas , on les verrait aboutir à un seul homme , aboutir au deriaier furieux qui persisterait à vouloir pousser à bout les folies rêvées aux jours d'ivresse par la faction.

If est triste de voir cette marche funeste imprimée aux destins de la France. Il est triste aussi de penser qu'après quarante ans de vicissitudes , rien ne soit fini et fixé encore. Il est triste surtout de nous trouver j'etés bien loin en arrière des Pays-Bas, de la Suède, du Wurtemberg, de la Bavière. Leurs administrations, dans des situations difficiles , avec des différences profondes de culte , et des périls extérieurs, gouvernent sans le se-

( 29 ) cours de la servitude, et nous Français, Charles X ne nous a plus jugés dignes de la liberté !

Le ministère doit éprouver un vif orgueil. Il pèse plus dans la balance que les académies , que la garde nationale de Paris , que la liberté de la presse , que les joies et les promesses de Tavènement, que nos institutions , notre repos et la perspective certaine d un tranquille avenir. Jamais trois hommes ne furent estimés si haut.

Par malheur , la France est dans l'autre bassin , et perd dans l'estime du monde tout ce que gagne le ministère. Il est curieux de voir cou^me les journaux anglais nous bafouent; et cependant, il uie semble, Monsieur; que nojus ne sommes pas dignes de tant de mépris , que nous rendons un noble combat, qu'un beau spectacle est offert par ce peuple, qui oppose avec constance à la force le génie , à la déception la loyauté , au faste des pratiques la chasteté des mœurs et la grandeur des croyances , aux teintativies de corruption et d'asservissement l'amour des lois , la foi dans la liberté. Voyez comme l'humble électeur , le père de famille obscur qu'on menace dans ses intérêts, qu'on épouvante pour ses enfans quand ce ne peut être pour lui , brave des dangers plus grands que ceux du champ d'honneur, car ils sont sans élan et sans gloire ; les brave pour opposer l'éloquente

prôté^tutioii des umés électorales aux entreprises t{ui mettent en deuil la patrie ! Yojet comme le pouvoir^ en (Thërchant à la sueur de son front ce qu'il y a de plbs obscur sur la terre , a de peiné à trouver des agens dociles , des côbjiérateurs résignés ! J'aime à signaler cômttié un témoignage de la puissance et de la moralité de l'esprit public les paroles de protection i|ue le iioblé chef de rinstructioh publique a accordées aux deux jeunes professeurs qui ont , Sans faste ëi sàtiS bruit, préféré te sécurité de leur conscience à celle de leur fortune. L'homine de talent et Tévèqûe se sont rett^utés dans le tnembte déë Conseils dé là èbùi^ntie. C'est Fapôtre jetant son thanteàu sur rhdttltiië de bien sans défense.

L'étranger voit raditiiiiistratibn et juge à bbà droit la nation déchue. Là nation ne l'est pas. Ses ph>grè^ sont rapides. Chez elle l'ordre légitime est de jout* en jour mîeut compris. Elle reste dans l'état légal , quand ses guidéis se précipitent hors des voies battues. Jamais elle ne fot moins préparée d'esprit ni de cœur pour la tyrannie. On peut le (lire avec assurance : quand étoftà la tyrannise i^era présentée aux Français , ils ftè TàiûcépteiSôiit pas.

iToiiS les tK>ùvoir9 qUi btit Voulia Sepuis qàatinté âné hMéMt lé France n'bnt guère ëii qu'une

ecMUie vie , parce que la liberté est le .bçsoin de Aos esprit$ et de nos mosuts ; mais nul pouvoir moins qtre la restauration ne peut arriver au régiiùe de l'arbitraire et s'y tenir. Leis formes constitutionnelles sont poirf* elle une nécessité.. C'êftfc la condition de son existence; c'^est aussi te chardie qui rattacha à sa cause tant drames généreuses et de bons esprits.

Les César, les Auguste , les Napoléon, purent of&it akix factions fatiguées la médiation de leur despotisme. Geis grands hommes, en compensation d'tuie liberté mal pondérée , orageuse , sanglante ^ donnaient le repos intérieur, un pouvoir équitable, l'amour des iarts, lès.pôm|)és, la gloire. Quelle serait la compensation , quel serait te prestige et l'attrait lie notre servitude ? le repos ? Nous T'ÀTons, on nous l'ôteràil. Lès arts? ils seraient ëtottffés. La gloire? cm ii'osetait. Essayée dans lés J3itérêts et pour le bon plaisir d'une coterie , la tj^ranniè serait [Martiale , vindicative , ennemie des hermines , deëtruètive de toii!^ liberté èbmnié de Xml savoir. Ce isétait un rêve douloureux et court. EspéroÉs éiliD<^.

: L'kfift de» afiTail^â en Eiif^pë ^ les iftéuvètt^éklts de tk politique àngliaiàé , f UnantiHe pënbéè^ dés l^néràtieii^ qiii chràééefUt parmi liouâ ëH âé ]pi^ soient pélit prendre part à l'ëtopire , lHàï d'in-

slruclils spectacles amènevont peut-être ua de ces vcloats soud:.iDS qui samenl les empires. L. Franc n'a pas ml^rité les maux qui la menacent; elle n'a mérité ni les hontes de l'esclafage , ni les misères des révolutions. Si des châtimens sont dus à ceul qui ont le malheur de tourmenter à plaisir leur patrie, de troubler le bien-être de trente-dcni raillions d'hommes, d- les tenir sans cesse sur le ,«; mVe , d'arrêter et de perdre dans de sinistres pressentimens le cours des prospérités publiques , puisse la Providence ne pas envoyer de ces chltimens dont les peuples partagent le poids ! Puisse la paix nous être laissée . Et il n'y a de paix possible que par la Charte; d n'y a de Charte possible qu'avec la liberté de la presse; il n'y a de liberté de la presse possible qu'avec une politique conforme aux intérêts , aux affections , aux vœux , aux sermens de la France. Deux routes s'offraient à nous : l'une tacUe , <l™te, semée de gloire, éternelle. L'autre, tortueuse , obscure semée d'écueils, glissante , abou- «i"»nt à des riv'ages marqués par de» naufrages illustres. Celle-ci a charmé le pouvoir; il s'y est "eagé. La France est restée dans l'autre. Elle y est restée avec labanoière des deux restauration», avec les promesse» sainte» de deux roi», avec ses raudes compagnies et ses talen. renommé», avec

la résolution d'arriver malgré tout aux nobles des* tinées pour lesquelles Dieu a fait les sociétés humaines; elle y est restée avec toutes ses gloires^ avec le grand nombre et le bon droit. On ne périt pas avec un tel bagage. C'est mieux que la feuille de laurier qui , selon les anciens , préservait de la foudre.

S'il fallait, monsieur , (]ue tant d'espérances que nous avons nourries fussent détruites sans retour , ce serait une douleur amère. Mais enfin , nous avons dit la vérité. Nous avons lutté contre le torrent Nous avons rempli tous nos devoirs. Que cette pensée nous encourage et nous console.

N. A. DE SALVANDY

Imprimerie de H. FOUBNIER^ rue de Seine , n. i4.

LETTRE

DK

AU PACHA D'EGYPTE

Page 1