HISTOIRE DE LA GARDE NATIONALE DE PARIS
L'histoire de la vaillante et sage milice parisienne^ par M. Charles Comte, vient de voir le jour (i). La censure ne laissera sans doute pas les feuilles publiques occuper leurs lecteurs d'un ouvrage où les souvenirs domestiques les plus, attachans revivent. Je recommande à vos méditations ^ Monsieur, le paragraphe par lequel l'auteur conclut son vaste et rapide travail.
tt Depuis sa fondation, la garde nationale parisienne a disparu à trois époques remarquables. Elle fut anéantie au 10 août, lorsque Marat, Danton , Robespierre et quelques autres lûdiYidus du même caractère usurpèrent l'autorité de la commune de Paris , renversèrent la mo-: narchie constitutionnelle , et asservirent la représentation nationale. Elle fut rétablie aussitôt que les usurpateurs eurent été ren?ersés et envoyés à Téchafaud. La garde nationale parisienne disparut une seconde fois au 18 brumaire, quand l'usurpation militaire renversa le gouvernement directorial, détruisit la représentation nationale, et plaça dans les mains d'une faction les pouvoirs et les droits politiques , ravis aux citoyens et au gouvernement. Elle reparut lorsque les usurpateurs eurent compromis le pays par leur ambition et leur folie ; et la plupart
(1) A. Sautelet et comp., place de la Bourse. Prix,6fr. 55o pages.
d'entre eux furent bannis ou fusillés. Elle a disparu une troisième fois, lorsqu'une chambre, dont les membres n'a?aient été élus que pour cinq ans, se ftont eux-mêmes déclarés élus pour sept; lorsque les usurpations Jésuitiques ont braTé les lois et l'autorité de la justice, et que TJIlèle 9 Coibîère et Pejronnet , pour raffermir leur pouvoir ébranlé 9 se sont préparés à soumettre les citoyens au ré^me de leurs censeurs ; nais quand repaattra-t- «Hé?»
COftlUSSPOttDAliCS.
L'un des malheurs du régime faux et blessant (jui commence, est de porter dans les âmes, au sein de la jeunesse surtout , une iadiguatioa généreuse dont les élans peuvent troubler grandement' t'aTeuir de la France. Cette indignation n'a pas de plus éloquens interprètes (jue les auteurs de la yUléHade. Dans un nouveau pamphlet sur la censure , les deux poètes dirigeaient sur les jeunes professeurs qui se soat refusés à des fonctions in^ dtgnesde Tuniversîté, comme sur les autres membres dû saint-office de censeurs, les traits de leur inexorable satire. Une note^ seule mentionnait l'acte honorable , quand trente vers accusaient l'injurieuse nomination. J'avais ailleurs traité sévèrement cette ingratitude. Les deux auteurs m'écrivent une lettre que je saisis avec joie l'occasion de publier. Puissent les beaux vers ne ja-
mais jaillir que d'un acd>le coeor, et le fouet de Juvëual ne fra^pfet jamais, que aul* dè& pervers !
Lettre de messieurs Ilféiy et Batihéiemj'.
Paris, ce i3 juillet 1827.
MoNSIEVft^
Lorsque nous arona nommé dans notre ouTf âge eut l^ censure MM. Caix et Rio^ nous ignorions que ces messieurs fussent défà démissionnaires; deux mille exem-plaires avaient été tirés et ils ne nous appartenaient plus. Si vous nous connaissiez , monsieur , vous ne nous auriez pas OUI capdblefi d'une mauvaise action ; nos éerits sont là pour nous justifier; nous n'avons jamais attaqué qu'un pouvoir odieux.
Nous attendons, monsieur^ de ridlpartiâliiè qui distingue toujours un grand talent et, un grand caractère , que vous, voudrez bien réhabiliter dans une. prod^aii)^ brochure deux poètes qui se seraient déjà punis eux-: mêmes s'ils ayaient commis une mauvaise action.
Agréez, monsieur, l'assurance de notre considération très-distinguée.
MÉftV et BAMBitMT.
Une correspondance plus haute et plus grave a dû aussi sa naissance à la censure. Une étrange entreprise de ces serviteurs de l'arbitraire égfirés et perdus dans un état libre , la provoquée. Je suis autorisé à la transcrire.
' Vous vous souvenez, Bfonsîeur, qu'il y a peu de jours , M. le duc de Choiseul vous adressa une lettre destinée à exprimer des sentimens personnels de reconnaissance pour les témoignages de dévouement et d'adhésion que l'illustre pair recevait chaque jour des membres de l'ancienne garde nationale de Paris (i). La lettre fut supprimée par la censure. A cette nouvelle , M. de Choiseul écrivit au président du comité de surveillance de la censure en ces termes :
Lettre de M, le duc de Choiseul à M, le vicomte
de Bonald.
Monsieur lb vicomte ,
Pair de France , vous avez accepté des fonctions dans le comité supérieur de la censure ; permettez-moi , comme votre collègue à la Chambre des Pairs, d'avoir l'honneur de vous consulter sur un fait qui m'est personnel.
Je dois d'abord avoir celui de vous Informer que , depuis le licenciement de la garde nationale parisienne, j'ai reçu 9 après mon discours du 19 juin à la Chambre haute, une multitude de lettres et de témoignages de reeonnais-
(1) J'ai publié cette lettre dans une note de celle que j'ai écrite à M. le rédacteur du Journal des Débats , il y a huit jours. On peut aussi la trouver dans un écrit intitulé : Lettre de la Girafo au pacha d'Égj-pte,
sance de la part des personnes que j'u eu l'honneur longtemps de commander.
Ne pouvant répondre à chacune d'elles en particulier, j'ai adressé ayant hier la lettre dont copie est ci-jointe , à M. le rédacteur des Débats, du Courrier et du Constitutionnel.
J'apprends à l'instant que ma lettre a été biffëe et son insertion refusée à la censure.
Sans entrer ici: dans la discussion des droits d'un Pair, et des supériorités de la censure, discussion qui pourra trouver sa place ailleurs, j'ai cru devoir d'abord m'adresser à TOUS , Monsieur le vicomte , pour vous prier de faire cesser ce scandale, bien persuadé que le sentiment de votre dignité et celui des convenances vous engageront à donner les ordres nécessaires, ordres que je réclame comme Pair de France et comme citoyen français.
Agréez , Monsieur le vicomte ^ l'assurance de ma haute considération,
Le duc DE Choiseol.
Paris , le 9 juillet 1637.
Réponse de M. le vicomte de Bonaldj à M. le duc
de ChoiseuL
MORSIEVa LE DVC,
Je mettrai sous les yeux du Conseil la lettre que vous «n'avesfait l'honneur de m'écrire, et la réclamation qu'elle contient, et j'aurai celui de vous faire part de sa décision.
Agrées 9 mon»îeur U.duç, rassoraooiB de m* haute considération.
Le vicomte de BoHÀtB.
3 juillet.
Le surlendemain la censure effaça l'article ciaprès, qui avait été inséré dans le Constitutionnel.
M. le duc de Choiseul a écrit, comme Pair de France, à M. de Bonaldy son collègue et président de la conunission de censure, pour se plaindre du refus fait par la censure de laisser insérer une lettre qu'il a adressée au Constitutionnel, relatiyement à la garde nationale parisienne. M. de Choiseul insiste sur tout ce qu'a d'étrange l'interdiction faite à un Pair de France d'user de la presse périodique pour manifester des sentimens qui n'ont rien que d'honorable et de patriotique.
( Rognure du Constitutionnel. )
Enfin , le 1 5 juillet , M. le duc de Choiseul reçut la lettre suivante de M. le vicomte de Bonald.
Paris , le t4 juillet 18^7.
MONSIEVa LE DUC,
Le conseil de sur?eîllance de la ceagnre, vu la lettre que TOUS avez fait à son président l'honneur de lui écrire, et dans laquelle votre seigneurie réclame contre hi radiation faite par le bureau de censure de sa lettre à MM. de la ci-devunt garde nationale parisienne, envoyée aux
jouniAus des Débâts, du Courrier et du Constitutionoiel; Arrête à Punanimité que le jugement du bureau de censure estmainteau, et charge son président de le communiquer à TOtre seigneurie.
Agrées, monsieur le duc , l'assurance de ma haute considération.
Le président du conseil de surveillance de
la censure .
Le vicomte nu Bonaid , pair de France. A M. le duc de Ghoiseul, pair de France.
Réponse de M. le duc de Choiseulà M, le vicomte
de Bonald.
Paris, le i5 juAet 1807.
MOHSIEUR LE TIGOMTB,
Je reçois la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, conune président du conseil de surveillance de la censure.
Yous m'y annoncez la confirmation à runanimité du jugement du bureau de censure sans m'en faire connaître un seul motif.
L'inconvenance de cette forme est la suite naturelle de celle du premier procédé.
Ne pouvant, comme Pair de France, reconnaître. ui| tribunal dans un bureau de censure , ne pouvant me soumettre à d'autres jugemens que cieux de la cour des Fairs dans les cas extraordinaires, et, dans les cas ordinaires^ qae ceux des tribunaux i il est de mon'devofr de ne point
laister aytlir notre haute dignité , et de protester contre cette coupable ^iolatiaq de nof droit». '
Agrées, riiODsireiirie Ticôinte, l'aêsurance de ma haute eoDsidération , '
Le duc VB GaOïsEtft, pair de France.
Cette lettre apprend assez que le noble duc ne se tient pas pour battu encore. Il a provoqué une cbnsaltation sur les moyens d obtenir la réparation due au manteau de pair. Je vous informerai avec empressement de tout ce qui sera résolu et tenté.
Les réflexions se pressent ici en foule. S'il fallait encore flespreuveâ de l'incompatibilité profonde de la censure avec les formes parlementaires, quel meilleur arg^ument que cette contradiction d'une p&irîe , è*est-à-dîre de la possession héréditaire d'une partie delà puissance législative, avec l'impuissance de jeter trois lignes dans les feuilles publiques sans le passe-^i/antde la police? Il y a dans cette insolence de la censure qiielque chose de l'égalité inflexible des monarcbiès^-àsiatiques. Là , tout plie sous un mfrmé nivéati. 'l^àrini nous, on né 'peut concevoir ainsi d^peniïàns, ainsi esclaves , les dépositaires de l'un des grands pouv<>irs, ceux qui naissent chargés de çoQtroler l'exercice de. raii,torii;é:royale, d'MM^order ou de
refuser Timpôt , de concourir à la confection des lois, el d'envoyer à rëchafaud lés mmîstres ^i trahissent enrers le prince, oq envers le pays, quekjo'uh de leurs sermens ! \
Cet incident semble s'être produit dès les premiers jours , pour mieux faire toucher au doigt Tabsurdité de ce monstrueux échafaudage d'arbîtrâire ; dans le Sein d'un ordre dé chb^s tout entier lëgal ! C'est ttné combinaison tout«>à-feit nou' ▼elle (pie' de prendre les joumaiix , ces domaines naturels des franchises publiques, pour des fermes^^odèles de servitude, pour des théâti'ea tristement privilégiés, où le vieux despotisme peut jouer encore la petite pièce de ses caprices, de ses viblences, de ses folies, tandis quun peuple, libre par ses lumières et par ses lois, assiste étonné à ce déplorable et singulier Spectacle.
Comment se fait-il que des homtnes graves consentent à figiirér comme acteUrs dans cê^ drame, à relever la refirésentatipn par l'éclat de noms honorés , h jeter , sur ces bouffonneries dnn pouvoir insensé , le manteau de pair ?i Gomment fera M. le. vicomte dé Bonald pour rencontrer, dans le sanctuaire où se diSèutent les léîs , l'illustre collègue dont il a çeùMiré les écrife,dontii a régenté le^ démarches , dont il a pns sur lui de juger les intentions et les paroles con»»
I trs^irçs à I. ordre public et au bien du royaume?
! C'est là un des torts des administrations mau-
t vaises , qu'elles s'attachent à commettre avec
l'estime publique tout ce qu'il importait de conserver sans tache. On éprouve une douleur profonde à voir l'homme de talent ^ le vieillard, le pair de France; obligé de rougir.
Remarquez , zponsieur, que dans la dernière loi de censure, une commission était proposée qui devait former un tribunal supérieur où trois pairs du royaume auraient siégé. Cette commission, pouvoir suprême et indépendant, aurait elle-même nommé les censeurs. Instituée par la loi, elle, avait mission pour sévir. C'était une. siorte de magistrature souveraine sur la pensée.; La chambre haute décida que , quelque élevé que fût ce tribunal , ses memb^'es ne pouvaient y ar-^ river sans déchoir de leur dignité : l'article disparut. Ce que la loi ne put faire , une ordonnance vient de l'accomplir. M. le vicomte de Bonald et ses deux collègues ont consenti à siéger dansune commission de cenjsure, quand le corps dont, ils ont l'honneur de faire partie jugeait un tribunal de censure au-dessous d'eux. Ils ont consenti à accepter, sans aucune compensation de puissance et de dignité, des fonctions qu'avec, ce cortège la chambre ne voulut pas honorer de
(69) son nmn. La Chambre aura probablement à décider s'ils ont dérogé du premier de leurs devoirs. Il est permis de préjuger le sentiment de rillustre assemblée. Attendons sa décision avec respect. Dans Tanticbambre de l'appartement où Vime des deux commissions se réunit, est un pauvre garçon de bureau dont l'opinion mérite 4'ètre recueiltie. Quelque messager de journal / un patient lui demandait le nom de l'un de messieurs de la censure qui vint à passer : c c'est , » dit-ii , M. *** qui arrive toujours plus tard que »les autres» Il faitidté sa besogne : celui-là ne fait i^pas sovffrir. » On voit tout de suite à qui ce brave homme croit avoir affaire.
- Il est étrange que la censure, conime si elle était une fille de bas lieu, s'en prenne surtout aux: noms considérables et à la pairie. Les. refus de M. Cuvier, les bonnes actions de l'auteur d'^^ametnnon, la biographie de M. le duc de Dalberg , les lettres de M. de Choiseul, les écrits dé M. de Chateaubriand , voilà ce qu'on empêche d'ébrui-ter pour le salut de la monarchie. L'annonce d'une publication de M. de Chateaubriand , prohibée sous les auspices de M. de Bohald ! De ces deux nobles écrivains du Conseivateur y de ces deux défenseurs de k liberté de la presse au teinps^ des anciens ministères, l'un censurant l'autre ;;
( 70) l'auteur Ae la Lé^lation prùnitii'e, croyaDtpoti^ voir, en honneur et en conscience ^ interdire aux Français le droit de savoir qu'un écrit de l'auteur du Génie du Christianisme .a paru : tout eela., parée qu'il y a quelque divei^geiice entre* eux ^ parce que l'un, admire M. de Villèle , la congre-^ gâtion et lâce«sui^e, que l'autre s'eaa tient à. soi» vieux culte pouT Dieu, le {loi et' la^ Charte ^ étrange et triste spectadé ! Yeuilléz observer que tik>is pairs 'brill«pt à la tête des censeurs r lespen^ sions, les places qu'ils aVaiehtsoùs l'empire, od le» connaît. La censure a attenté aux droits/de trois paire : ce qu^ils ont fait tous trois pour la cause du trône , on ne le sait pas moins. AL de Dalberg ^ quand il siégeait dans ce gouvernement' proivi— soire'^ qtii triompha avec tant de. peine des v^ pugnancestie l'étranger pour rappeler au trane de leurs pèï*es les Bourbons tl'HartwèU^ ne s'at-r tendait pas qu'un jour viendrait où il ne pourrait, pas. redresser l'historien inexact c^ui le nolMâaiti parmi les geôliers des Bourbons, de Yalençay. . . ; La chambre des pairs ^ dans sa. 4iession pro^ chaiiié , dût-elle d'ici lors sdUr des ôoaps d'état^ ne demanderait pas a^ec moins de haiifieur compte auiD&snistère^de ces attentats sûr l'honneur et le» droits >des m^anb^es dé la |)8irîé, comme: pairs du royaume ^ comme citôyçns . français^ Il est vrai
< 7' ) ' ■ qu'elle aura bien d autres comptes à démander « bien d'autres justices à f «are ; et on^etroa^péforty ou tel est le sentiment qiië Tillusti^e a^eolblée a de sa dîgnU<î , telle est riutëlligencè qu'elle a des scmtces dé^a puissance , que tout ce qui eàt d^âs
ses devoirs envers la France et envers elle-m^me,
sera aussi dans sa ▼oloaté. '
CONCLUSION
Dans tout ce qui précède , éclate , moxi^iéur , une mérité claifre /comme le joui* ;;é'est ^e: Ift politique qui préside à: aos destinées' est prôfoAdém«ut .ennemie de nos lois ^ ' que H censura et h Charte sont antipathiques l'une àràûtrè , qu'elles né peuvent habiteir «isëmble la* fâèitae terre ; qu'il fiiut qiie l'une des deux périé^. ' . '
La'cénsère sappe et détrïiitde fond en comble toutes les garanties que la Charte albndées^ todu kadi^îtequ'ellea reconnus 9 tous lés };>iens qu'ellç iLph)m», toutes les prospérités ^u'elW/a enfs^ tées. La censure )éiouffe iës plaintes dii c^mmero^^ Us'doléancérdes tbcâHtés;; les eris deis |>roVinaë«:^ iéfr véchmatîotts 'deseîlQjena ^ lësrdâ>ats des ^tiri? b'nnoux'^ les annrèts desxxmrs i la Tois de^l'histQÎrè > tes voiîTclle» du 'dedans et dû deiiôrtf , là stati^h tiqub /lap^litAéralfttre /là chatitd , iar^àrre. ... CieiHa censure effrénée diffame et opprioui«;} sm fUBr
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lences dépassent tout ce que nous a? ions jamars souffert sous des gouvememens qui n avaient pas engagé leur foi aux libertés publiques ; et de toutes les violences dont elle se rend chaque jour coupable, nulle n'est aussi graînde ^'e le fait, que lé crime d'exister.
La comparer aux censures précédentes, serait une injustice et une faute. Les censures précédentes naquirent de l'occupation étrangère , de refifervescence des cent jours, de l'inquiétude de la nation , des dangers du trône. Dans ce temps-là l'ordre légal n'avait pas encore commencé sa carrière. Peut-être avions-nous besoin d'arriver par degrés à la liberté comme les hommes s'élèvent par degrés à la forcé et à la sagesse de l'âge mt^r.
Tout a changé. L'autorité royale est puissante et assurée ; les libertés publiques étaient émancipées et florissantes sous son égide. C'est en pleine paix , dans un calme profond , quand tous les pouvoirs fournissaient sans secousse leur course régulière , c'est alors que ceux qui doivent créer l'ordre et le maintenir portent le trouble dans nos institutions , intervertissent nos destinées ,' recommencent des combats que l'oacroyaR terminés, brisent l'ancre qui nous enchaînait ap port et redemandent à Dieu diea oiâges. Dieu leur en donnera.
. (73) Tenons acte des brutalités de ce régime sans en être surpris; les passions qui lui ont donné naissance , doivent le conduire et l'exploiter. La modération ne s'apprend pps par des torts et des fautes. On n'arrive pasà la sagesse par des attentats. Aussi l'hypocrisie même est passée. Qn i^e prétend plus obtenir des partis qu'ils jouent à la chapelle de la liberté; la France s'est trouvée valoir mieux que ces jeux insultants. C'est de la bonne et franche tyrannie qui pèse si^ elle. Ceux auxquels est livré le monopole de notre servitude y l'exploitent comme des gens étourdis de leur puissance inespérée; le breuvage les enivre :. il les tuera.
On peut avoir oublié les illuminations, de Paris; l'illumination d'Angoulême(i) est plus récente et tout aussi vive. Celle-là met en lumière les sentimens qui vivent dans tous les cœurs. Elle fait voir où sont les affections de la France ; là aussi est la force. Les libertés publiques seront^ çt reconquises çt vengées.
N. 4- ^2 Saivandy.
Mercredi soir, i&juiikt.
(ilDes détaîb curieux sur Télection d' Angoulême et sur la constance éclairée avec laquelle les électeurs indépendants des diverses opinions ont procédé pour briser tpus les rets^ seront publiés dans peu de jours