‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 2)Chapitre 50 sur 69 · DANS L OREGON · texte numérisé non relu

DANS L OREGON

vage et réduits à mourir de faim, puisqu'on les empêchait de pourvoir à leur subsistance par la chasse, ils s'excitèrent les uns les autres, oublièrent leurs démêlés réciproques, et s'unirent contre les envahisseurs en poussant des cris de rage.

C'était la guerre!... guerre de race!... guerre implacable!... guerre de sauvages, luttant pour leur indépendance, et décidés à mourir plutôt que d'y renoncer.

Ceux qui étaient demeurés païens englobèrent les Missionnaires dans leur haine et leur réprobation. A leurs yeux, ces prêtres n'étaient que des étrangers, donc des ennemis qu'il fallait tuer sans pitié, en même temps qu'on détruirait leurs œuvres de fond en comble.

Ils tournèrent également leur fureur contre les sauvages convertis à la foi chrétienne, les regardant comme des traîtres, parce que, sur les conseils des Pères, ils avaient refusé de prendre les armes.

Pour soustraire leurs néophytes à tant de dangers, les Oblats les e m menèrent loin du théâtre de ces tragiques événements, sur les côtes septentrionales du Puget Sound, ou baie Puget, près de la frontière de la Colombie britannique.

§ 2 Tulalip.

L'emplacement choisi comme terme de cette émigration fut le lieu appelé Tulalip, à cent cinquante kilomètres au nord d'Olympia.

< >n y arriva durant l'été de 1858, et une maison-chapelle y fut rapidement construite, près de l'embouchure de la rivière des Snohomisli, point qui paraissait plus accessible aux nombreux groupes disséminés tout autour, dans un vaste rayon. Les Pères se proposaient, en effet, non seulement de continuer les soins les plus dévoués à leurs néophytes, mais aussi de faire d'autres conquêtes, en travaillant sans relâche à la conversion des païens habitant ces parages.

Dans ce but, ils ne se contenteraient pas d'accueillir avec bienveillance ceux (fui, répondant à leur appel, viendraient à eux. Ils s'élanceraient aussi à la poursuite de ceux qui, sourds à leurs pressantes invitations, sembleraient vouloir échapper à leur salutaire influence, i'i s'obstinera vivre dans 1rs ténèbres de l'erreur. On verrail les vaillants apôtres remonter les rivières sur des canots fragiles, gravir les montagnes les plus escarpées, s'enfoncer dans les forêts profondes, à la recherche des Inclus perdues, parfois jusqu'à plus de trois cents kilonièt res.

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