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les Saanich avaient essayé, mais en vain, de les dissuader d'un voyage aussi périlleux.
A Victoria, les protestants admirèrent leur courage, et les comblèrent d'éloges. On se demandait, pourtant, si les vaillants apôtres reviendraient jamais d'une telle excursion. Ne seraient-ils pas assassinés, ou réduits en esclavage ? Des scènes sanguinaires qui avaient eu lieu, huit jours auparavant, autorisaient toutes les craintes.
Sans autres armes que la croix, les messagers de l'Evangile se présentèrent à ces peuplades qui n'avaient jamais vu de prêtres. Ils allèrent, d'abord, jusqu'à Nanaimo, où la Compagnie de la baie d'Hudson avait établi un poste, en 183.3 ; puis, de stations en stations, atteignirent le fort Rupert, à l'extrémité nord-est de l'île, à plus de quatre cents kilomètres de leur point de départ, et s'avancèrent même plus loin !
A l'intérieur de l'île Vancouver.
(Autres vues. t. II. p. 333, 334.)
En certains endroits, ils coururent de vrais dangers. - J'ai visité, en dix mois, une soixantaine de camps, ou de camp ments. écrivait le P. Fouquet... Trente jours, j'ai voyagé en canot, à la merci des vents et des tempêtes ; vingt à pied : quatorze à cheval ; douze en bateau. . .
AU C\.\\D\. — TOMC IV. — -J
Peu après, les PP. Fayol et Durieu entreprirent un semblable voyage d'exploration, dans la partie occidentale de l'île. Les Saanich, tremblants pour eux. essayèrent encore de les détourner de la pensée d'exécuter ce projet, leur assurant que les sauvages de ces contrées, fort adonnés à la boisson, les recevraient très mal.
Néanmoins il partirent, intrépides et confiants dans la Providence. Le voyage fut long et très abondant en péripéties de tous genres, mais ils revinrent sains et saufs.
§ 5 Mission du fort J^upert.
Les dangers courus, les privations subies, les sacrifices constamment renouvelés n'empêchèrent pas les Pères de reprendre et de multiplier ces randonnées apostoliques, pour arracher au démon les âmes qu'il retenait dans la nuit du paganisme, et entraînait aux abîmes.
Au mois d'août 1863, les PP. Pandosy et Grandidier repartirent pour le fort Rupert, dans l'intention d'y fonder un établissement stable, afin d'instruire les Kouakouals, sauvages tellement dégradés et corrompus, qu'ils prostituaient leurs femmes et leurs filles pour de l'argent. Ils n'avaient, pour tout vêtement, qu'une couverture qu'ils rejetaient parfois, comme trop embarrassante. En outre, ils faisaient un abus effréné de liqueurs fortes, ce qui les rendait féroces et sanguinaires.
Malgré le zèle des Pères, ces malheureux ne voulurent assister ni aux prières, ni au catéchisme, ni même y envoyer leurs enfants.
Fallait-il se décourager, en présence d'une mauvaise volonté si manifeste ? Non, certes ; c'était plutôt un motif de persévérer, et de livrer de nouveaux combats à l'infernal ennemi du genre humain.
En février L864, l'infatigable P. Fouquet repartit, et, naviguant jiis<|irà plus (le trois cents kilomètres au nord-ouest de l'île Vancouver, explora l'archipel de la Reine Charlotte, d'où il reporta des douleurs rhumatismales. Le I*. Lejacq, non moins infatigable, l'accompagna jusqu'au forl Rupert, où il resta, afin d'y jeter une semence surnaturelle qui, plus lard, espérait -il. produirait des fruits de salut.
Après deux ans de séjour au fort Rupert, il écrivait, le 17 septembre I865 :
Lu commençant celle lettre, je vous avertis que je n'ai rien d'édilianl a vous raconter de nos tristes Kouakouals. Ils sont encore bien loin du ciel, car ils aiment mieux les léuèbres que la lumière. Mais, s'il en est ainsi des sauvages parmi lesquels nous résidons, pensez ce
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qu'il doit en être de ceux que nous ne pouvons visiter que de temps en temps !.. .
De cette Mission, en eiïet, les Pères rayonnaient sur quatorze villages disséminés sur une étendue de pays, aussi vaste que le plus grand diocèse de France. Ils allaient, en outre, sur la côte de la Colombie britannique située en face, et dans les nombreux îlots épars, le long du détroit.
Durant l'été de 1865, le P. Durieu et le Fr. Burn rejoignirent le P. Lejacq pour l'aider dans ce diflicile et si pénible apostolat.
Partout, dans le nord de l'île Vancouver, ils trouvèrent le même état d'âme, chez les indigènes, également ignorants, superstitieux, extrêmement corrompus, ne recherchant que les joies du ventre, et n'ayant peur que d'une chose : la mort...
Si on leur parlait du bonheur du ciel, ils s'en moquaient : si on leur dépeignait les tourments de l'enfer, ils ne voulaient pas y croire.
Essayait-on de leur rappeler la brièveté de la vie, ils se bouchaient les oreilles et s'écriaient :
- Cesse de parler, si tu n'as rien de meilleur à nous dire...
Que faire avec de pareils forcenés ? Animalis homo non percipit quœ sunt Dei. Cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I, n, 14) est toujours vraie et le sera toujours : l'homme animal n'est pas ouvert aux choses de Dieu.
Sur la côte opposée de la Colombie britannique, les naturels se montrèrent moins hostiles et même assez accueillants.
Pour les atteindre, il fallait traverser le détroit, assez large en ces parages ; puis s'aventurer dans un dédale inextricable d'îlots boisés, réseau sans fin jeté entre la grande île et le continent.
En ces endroits, le voyage ne manque pas d'agrément.
A l'horizon, on aperçoit, parfois, des baleines se jouant au loin et lançant très haut, dans l'atmosphère, par leurs évents, des colonnes d'eau vaporeuse. Plus près, c'est quelque veau marin, élevant sur la surface des ondes son nez pointu, et semblant demander pourquoi l'on vient troubler la tranquillité de sa solitude. On voit aussi des bandes nombreuses de blancs goélands et de gracieuses mouettes, se reposant sur la crête des vagues, mais s'envolant éperdues à l'approche d une embarcation, en agitant bruyamment l'air sous les coups répétés de leurs ailes vigoureuses.
Devant soi, on a la terre ferme avec sa chaîne de montagnes aux sommets couverts de neiges éternelles, et dont les ramifications pui santés plongent à pic dans la mer, constituant, comme en Norvège.
des fiords impressionnants, qui découpent la côte d'une façon des [dus capricieuses.
Ces échancrures pénètrenl dans l'intérieur jusqu'à trente, quarante, cinquante kilomètres et davantage encore : interminables et sinueux couloirs, dominés par des escarpements abrupts et verticaux de plusieurs centaines de mètres de hauteur, tandis que la sonde accuse, au-dessous de la surface de l'eau, des profondeurs considérables.
Nous avons joui nous-même de ce magnifique spectacle et admiré ces paysages grandioses, durant la traversée de plus d'un millier de kilomètres que nous limes, en L912, de la ville de Vancouver à la cité naissante de Prince Rupert, le long des côtes de la Colombie britannique, dans le labyrinthe d'innombrables îles verdoyantes, qui, en se succédant . présentaient sans cesse des points de vue infiniment variés. . . Il mois en est resté un souvenir ineffaçable.
Mais, quarante-six ans auparavant, revenant d'une nouvelle tournée dans les divers campements déjà plusieurs fois visités, le P. Lejacq écrivait, le 29 juillet 1866 :
Tout ce que nous pouvons souhaiter, pour le moment, c'e.t d'acquérir de l'influence sur l'esprit de ces sauvages et détruire leurs préjugés... Impossible, à l'heure actuelle, d'entamer les questions de morale. Nous ne serions ni obéis, ni même simplement écoutés... Nous nous consolons en pensant que le inonde n'a pas été créé en un seul jour !. . .
En effet, la science compte les siècles par milliers dans les périodes géologiques, au cours desquelles^ de transformations en transformations, le globe terrestre et le monde physique sont parvenus à l'état où nous les voyons maintenant... mais combien de siècles faut-il, d'après le plan divin, pour que le monde surnaturel arrive à son complet développement .'... pour que les hommes de toute nation, de toute tribu cl de tonte race, sincèrement convertis et adhérents au Christ-Jésus, ne lassent pins, selon la parole du Maître, qu'un seul troupeau sous le même l 'ast enr .'. . .
Kl pourquoi les uns. même sauvages et corrompus, embrassent-ils la loi chrétienne dès qu'elle leur esl proposée, tandis que d'autres s opiniâtrenl dans leurs erreurs, et résist eut persévéra m me ni à la grâce ?..
C est le secret de l)ieu qui travaille pour l'éternité!...
Le momie physique est rempli de mystères, dont l'esprit humain ne peut soulever le voile... le monde surnaturel, lui aussi, abonde en mvstères, plus nombreux cl plus incompréhensibles encore.
Songeanl à ce terrible e1 insoluble problème de la prédestination des âmes et des peuples, sainl Paul s'écriait : () altitiula divitiarum
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sâpientise et scientise Dei !... Quant incomprehensibilia sunt fudicia ejus, et investi gabiles vise ejus !... Quis enim cognovit sensum Domini ? dut quis consiliarius ejus fuit '.... (Rom., xi, 33, 34.)
§ <3 Mission de Saint-Michel.
En présence du résultat entièrement négatif de leur apostolat auprès des Kouakouals, les Pères crurent plus sage, pour le succès de l'évangélisation, de transporter ailleurs leur établissement.
Ils choisirent donc, comme centre de leurs opérations, un emplacement qui leur sembla favorable à leur dessein. C'était Rarouaïs, petite île d'environ huit kilomètres de long sur quatre de large, entièrement inhabitée, mais toute couverte de beaux arbres. Elle est située entre la grande île de Vancouver et le continent, soixante kilomètreau sud-est de fort Rupert, mais toujours dans la partie septentrionale du détroit.
Ce n'est pas sans peine qu'ils y arrivèrent. Durant le trajet, ils faillirent faire naufrage, car les courants, tantôt dans un sens et tantôt dans un autre, déterminés par la marée et ses variations quotidiennes, sont très forts et presque irrésistibles, au milieu de cette multitude d'îles, et dans ces chenaux si tortueux qui les séparent.
- La marée tourna contre nous, écrivait le P. Lejacq, racontant cette odyssée, et je ne sais où ce mauvais courant nous aurait emportés, si nous n'étions parvenus, en réunissant tous nos efforts, à gagner un rocher solitaire, au milieu du chenal, vers le soir, par un froid terrible... Allions-nous passer ainsi la nuit, sans eau pour nous faire un peu de thé, et sans bois pour allumer du feu et réchauffer nos membres engourdis ! Fallait-il essayer encore de vaincre le courant, et n'était-ce pas folie de se confier encore aux eaux mugissantes avec un frêle esquif ?..
Ils résolurent de patienter, et, pour tuer le temps, de parcourir en toutes directions cet îlot qui les avait préservés du naufrage, mais qui constituait aussi pour eux une sorte de prison, dont ils ne pouvaient momentanément sortir.
La Providence n'abandonne jamais les siens... A force de recherches, ils trouvèrent de l'eau douce dans-un creux de rocher, et, un peu plus loin, quelques branches de bois sec.
C'était plus qu'il n'en fallait pour ne pas mourir, ni de faim, ni de froid.
Leurs forces ainsi ranimées, ils recommencèrent la lutte contrt les éléments.
Nous attachons une corde au canot, raconte encore le P. Lejaeq ; je saute dedans, et, avec nia rame, je l'empêche de se briser contre les écueils perfides, pendant que le P. Durieu le haie jusqu'à l'endroit où le courant, frappanl le rocher, se divisait en deux. Là, je maintiens le canot en équilibre, pendant que le P. Durieu me rejoint dans ma nacelle, et quelques vigoureux coups d'aviron nous lancent hors de ce passage dangereux. . . Mais nous n'étions pas au bout de nos émotions... Le lendemain, je crus vraiment que notre dernière heure était sonnée !... In vent de sud-est nous surprit en route, et se mit à souffler avec une force sans égale... Impossible d'aborder quelque part!... Nous dansions et, à chaque contredanse, l'eau nous fouettait au visage... Enfin, nous pûmes atteindre une méchante petite île, et nous y campâmes pour la nuit.
Ils étaient partis le mercredi des Cendres, et, après tant de péripéties tragiques, débarqués, au cœur de l'hiver, à Rarouaïs, ils y firent un rude carême, n'ayant rien pour s'abriter, ni une place pour dresser leur tente, car il leur fallu! conquérir le terrain pied à pied, contre l'impénétrable foret.
Nus successeurs jouiront du fruit de nos travaux, disait le P. Durieu, mais ne se douteront pas de ce qu'il nous en a coûté, pour rendre ces lieux habitables...
Moi. ajoutait plus tard le P. Lejaeq, dans cette bataille contre les géants du règne végétal, j'ai perdu ma soutane, mon chapeau, mes souliers, mon pantalon et une partie de ma peau... Ce qui m'en restait était saturé de sueurs, de poussière, de gomme et de poix...
Ce ne fut que lorsqu'on eut ainsi déblayé si péniblement un morceau de terrain, que l'on commença à y construire une pauvre hutte, en guise de maison. L'archange saint Michel fut choisi comme patron de cette Mission naissante, entourée de sauvages voleurs et assassins. Peu de temps après, en effet, dans un de ses voyages d'exploration, le I'. Durieu fut surpris par quelques-uns d'entre eux, complètement dévalisé, privé même de son canot, et laissé seul avec son compagnon, sans provisions, sur une île déserte. Ils y auraient immanquablement péri de misère et de faim, s'ils n'avaient réussi, le jour suivant, à intéresser a leur sml quelques autres sauvages qui passaient au large, et qui, sous promesse d'une grosse récompense, consentirent à les prendre dans leur barque, pour les ramener à liarouaïs.
Mais, par cette aventure, le I'. Durieu était volé deux fois !... Mieux valait encore cette double rapine que la mort elle-même. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.
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Rappelé, en 1868, dans un autre poste, le P. Durieu ne perdait pas cependant le souvenir de Rarouaïs, et il écrivait, le 20 juillet 1870 :
■ — ■ A la Mission de Saint-Michel s'immolent le P. Fouquet, le P. Jayol et le bon Frère irlandais John Burn. Le cher P. Jayol, toujours souffrant, offre à Dieu sa maladie et ses peines, pour attirer la miséricorde divine sur cette portion si rebelle du troupeau. Tout le dévouement des Pères n'a pu encore toucher ces cœurs endurcis et plongés dans la fange. Veuillez recommander cette pauvre Mission aux prières des communautés religieuses et des âmes ferventes que vous rencontrerez...
Dans le Rapport présenté au Chapitre général de 1873, par le Vicaire des Missions de la Colombie britannique, nous lisons ces lignes significatives :
- Autour de Rarouaïs se trouvent un grand nombre de petites îles, dont l'ensemble forme un archipel, qui, avec la partie du littoral du continent situé en face, constitue le district de Saint-Michel. Mais les sauvages qui l'habitent sont méchants, et, en vérité, la |ilus lourde croix de nos Missionnaires. Les vices honteux, les boissons cuivrantes continuent à décimer ces malheureuses populations, obstinément revêches à l'influence de l'Evangile. En ce moment, le Gouvernement du Canada semble vouloir prendre des mesures énergiques pour réprimer le mal. Ces mauvais sauvages commencent à avoir peur... En deviendront-ils meilleurs ?... On en doute ; mais espérons contre toute espérance.
Ces espérances ne devaient pas se réaliser de si tôt.
La position géographique du district de Saint-Michel entre l'île de Vancouver et les côtes maritimes de la Colombie britannique, le mettait sur le passage des navires de commerce qui le visitaient souvent, et contrebalançaient l'action salutaire des Missionnaires, en y renouvelant sans cesse les causes de démoralisation.
Des trafiquants sans conscience apportaient avec eux, dans le pays, trois grands fléaux : l'irréligion, les liqueurs fortes et les vices de la chair.
Certes ! les sauvages, déjà si dépravés, n'avaient pas besoin qu'on les encourageât au mal, pour lequel, depuis leur enfance, ils avaient une inclination invétérée et presque irrésistible. Mais les pernicieux exemples des blancs qui se prétendaient civilisés, ne pouvaient que stimuler leur tendance naturelle à l'immoralité la plus répugnante. Ils apprirent même, de ces blancs si corrompus, des excès et des raffinements dans la débauche, qu'ils avaient ignorés jusque-là...
Dans le champ du Père de famille, l'homme ennemi, à pleines mains, semait l'ivraie !...
Bien de* lois donc la question se posa : n'était-il pas plus avantageux, pour le bien des à mes et la gloire de Dieu, d'abandonner ce dstrict. et de porter l'Evangile à des cœurs mieux disposés?... Peut-être même cet abandon momentané serait, pour les populations qui en seraient l'objet, une salutaire leçon qui leur inspirerait quelque honte, quelque terreur, quelque regret !... Quoi qu'il en soit, les Missionnaires ne voulurent pas se retirer, sans avoir fait tout ce qui dépendait d'eux pour obtenir un résultat, si minime fût-il, mais qui serait un gage d'à mcliorat ion pour l'a venir.
Tels sont les sentiments qu'exprimait le I*. Fouquet, dans une lettre de cet te époque :
.le suis en train de tenter un dernier effort auprès de mes pauvres sauvages de Saint-Michel, .le n'ai pas plus d'espoir aujourd'hui que par le passe ; mais encore faut-il que je remplisse mon devoir... Pour convertir ces infortunés, un grand miracle serait nécessaire... Dieu daignera-t-il l'accomplir ? et, devant ce miracle, mes sauvages et leurs sorciers ne resteraient-ils pas aussi incrédules que Pharaon et les mages d'Egypte devant les miracles de Moïse, ou que les Juifs devant les miracles de Jésus, qu'ils attribuaient méchamment à Belzébuth ?...
Mêlas! le P. Fouquet n'avait (pie trop bien prévu l'avenir. Malgré ses efforts et ceux de ses confrères, les sauvages de ce district, visités de nouveau dans tous leurs campements, ne montrèrent pas plus d'empressement à recevoir la grâce de Dieu et à faire quelque acte de religion...
Ils demeurèrent voleurs, assassins, menteurs, ivrognes, anthropophages même, ne reculant pas devant l'infamie de trafiquer honteusement et publiquement de leurs femmes, adonnés eux-mêmes à la plus abominable luxure, et, dans toute la force du terme, suivant l'énergique expression de saint Paul, livrés totalement au sens réprouvé.
Après dix ans d'apostolat, pendant lesquels avaient été dépensées toutes les ressources les plus admirables du zèle, il ne restait plus aux Missionnaires, conformément au conseil du divin Maître, qu'à secouer la poussière de leurs pieds.. .
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