‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 4)Chapitre 41 sur 54 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Rock -Ferry

§ 1 Construction Je l'église Sainte- Anne.

En face de Liverpool se dresse Birkenhead, sur la rive gauche et près de l'embouchure de la Mersey, fleuve qui serait insignifiant par son faible débit et son cours très restreint, s'il ne formait, avant de se jeter dans la mer d'Irlande, un magnifique estuaire sablonneux de trente kilomètres de long et parfois cinq de large.

Au moyen âge fut bâti en c :t endroit un monastère appelé le Prieuré de Byrkhed, autour duquel se groupèrent quelques maisons. Il en résulta un hameau qui, pendant près de huit cents ans, resta fort modeste, puisqu'il ne comptait encore (pie deux cents habitants en 1821.

Mais, vers 1840, le commerce de Liverpool s'étant accru d'une façon extraordinaire, on songea, pour le favoriser de plus en plus, à utiliser les plages de Birkenhead. On y éleva d'immenses docks qui couvrent maintenant une superficie de plus d'une centaine d'hectares, et des quais s'étendant sur une longueur de plus de quinze kilomètres. La population de la nouvelle cité atteignit bientôt cent mille âmes.

Dès lors Birkenhead fut considéré comme l'un des plus importants faubourgs de Liverpool, avec lequel de nombreux bateaux à vapeur, ou ferry- boats, le mettent en communication constante. La traversée dure à peine un quart d'heure. Les deux villes sont, en outre, reliées par un chemin de fer passant dans un tunnel creusé sous la Mersey, qui, là, n'a guère plus d'un kilomètre de largeur.

Un des plus jolis quartiers de Birkenhead est celui de Rock-Ferry, avec ses fraîches avenues et ses rues si propres tirées au cordeau. Ses

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habitations entourées de verdure la font ressembler à une gracieuse agglomération de cottages.

Dans ce site charmant, il n'y avait cependant aucune église, et, par suite, la pratique de notre sainte religion y était fort négligée.

.Désireux de l'aire cesser ce déplorable état de choses, l'évêque de Shrewsbury supplia très vivement, et à diverses reprises, les Ohlats de venir prendre soin des catholiques perdus au sein d'une population protestante, de secouer leur torpeur et de les ramener au bercail.

Pour la plupart, ces catholiques étaient des gens vivant du travail de leurs mains, employés généralement à charger et à décharger les navires. Parmi eux l'on voyait aussi des artisans, des cultivateurs, des marchands aux magasins plutôt modestes. Plusieurs n'avaient pas d'occupation fixe, et acceptaient le travail qu'on leur offrait, selon les circonstances. Aussi arrivait-il qu'un certain nombre, en hiver surtout, n'avaient aucun moyen d'existence assuré.

A llock-Ferrv. les Oblats se retrouveraient donc dans un milieu répondant à leur vocation de Missionnaires des pauvres.

Outre les ouvriers, ils rencontreraient sans doute des familles à L'aise, mais (pii. ayant contracté l'habitude de déployer, dans leurs personnes ou leurs maisons, un luxe disproportionné avec leurs ressources, réservaient fort peu de leur argent pour le culte divin.

Au mois de juin 1862, les Oblats inaugurèrent leur ministère sacré dans ce nouveau poste (pu- leur confiait la Providence.

J hirant le carême de l'année suivante, le I*. Cooke pouvait déjà écrire : Le nombre des catholiques pratiquants augmente chaque jour. Tout nous permet d'espérer que Kock-Kerry deviendra, dans un avenir plus éloigné, un centre de vie chrétienne très intense.

Pour cela, une église était indispensable.

On acheta un terrain dans ce but. et le célèbre architecte Pugill

traça le plan d'un vaste édifice gothique comprenant, dans son ensemble,

l'é<rlisc. les écoles et la maison de coiiununaut c pour les Pères.

En .-it tendant <pie ht grande église lût terminée, on ouvrit, le 20 novembre 1864, une chapelle provisoire plus spacieuse «pie l'humble oratoire (pii avait servi jusque-là. Mlu* Brown, évêque de Shrewsbury, pour témoigner publiquement de l'intérêt qu'il prenait à cette fondation. voulut prêcher, le matin, en faveur de l'œuvre, e1 donner, le son-, la b< n< diction du Saint Sacrement.

Longtemps, néanmoins, dura >■<■ provisoire... Nous en dirons bientôt l< motif.

ors

La première pierre de l'église définitive, qui devait être dédiée à

sainte Anne, ne fut posée qu'au mois de mai 1875, en présence d'un grand nombre de hauts personnages. Pugin, dont elle était l'une des dernières conceptions, mourait quelques semaines après. On poursuivit; cependant, activement les travaux qui furent terminés en 1878.

Sans être très grande, cette charmante église gothique est suffisante pour la population. Les dépenses montèrent à trois cent mille lianes. Le maître-autel, à lui seul, en coûta près de vingt-cinq mille. 11 constitue une œuvre d'art qui ne serait nullement déplacée dans les plus belles cathédrales. Les autels latéraux sont également remarquables, surtout celui de la Sainte .Vierge.

Dans son ensemble et ses détails, cette église donne l'impression d'un temple riche et bien tenu, digne d'être admiré par les amis de l'architecture religieuse.

Les écoles.

Si la construction de l'église fut à ce point retardée, c'est qu'il fallut, d'abord, faire face à un besoin beaucoup plus urgent.

Le Parlement anglais avait édicté une loi sur l'instruction primaire, rendant la fréquentation de l'école obligatoire. Partout doue où les écoles catholiques ne réalisaient pas les conditions imposées par les règlements officiels, les enfants seraient obligés à suivre les cours des écoles protestantes ou des écoles sans Dieu.

Cette prescription, cependant, accordait un délai convenable, pour <|iie l'on pût, sans perdre de temps, se mettre en règle.

L'école que les Pères avaient établie à leur arrivée, en 1 *<>''. avait eu, dès la première année, plus de cent élèves. Il s'agissail maintenant d'agrandir le local. Les Oblats s'en occupèrent avec tant de zèle, que, longtemps avant le délai lixé par la loi. furent achevées de magnifiques écoles, qu'ils eurent la consolation de voir aussitôt en plein exercice. On \ compta plus de trois cents enfants, chiffre plus que doublé dans la suite. Le succès des examens passés devant la commission i'oii\ crncnient aie

démontra l'excellence de l'éducation que les élèves \ reçoivent.

§ 8 La maison Je communauté.

Le souci des ('coïts qui avait tanl retardé la construction de l'église, retarda bien davantage «néon celle de la résidence «les Pères. Longtemps, ils durent se contenter d'une maison prise à bail, et qui, n'ayant pas èU

bâtie ilans ce but, se prêtait peu à la pratique des observances régulières.

En 1885 seulement fut terminée leur demeure qui communique avec l'église par la sacrisl ie.

Elle présente un avantage très appréciable pour nos Pères de Liverpool. cpii, dans cette ville manufacturière aux innombrables cheminées d'usine, ne respirent qu'une atmosphère surchargée de ruinées épaissis et saturée de poussière de charbon source de cruelles maladies. Ils peuvent, de temps en temps, venir séjourner alternativement à Rock- Ferry, où ils trouvent, avec un air incomparablement plus pur, tous les charmes île la campagne.

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