GRACE DIEU
tei-re, et du sommet de laquelle on découvre un immense panorama. La maison mise à la disposition des Pères était très convenable.
Le premier supérieur de cette communauté fut le P. Perron. Il y arriva le 3 septembre 1840. Il eut, d'abord, comme collaborateurs, les Pères Robert Cooke, Tamburini et John Xoble.
M. de Lisle-Phillipps se montra très heureux de ce choix. Plusieurs de ses lettres expriment sa reconnaissance et son bonheur de posséder ces hommes qu'il appelait « excellents religieux, très instruits et de bonne société ».
L'éloquence du P. Cooke surtout le charmait, comme elle captivait les auditeurs les plus difficiles. Il en écrivait en ces termes à Mgr de Mazenod :
— Ce jeune Père a totalement justifié les éloges de Votre Seigneurie. Il gagne tous les cœurs. C'est un prêtre des plus méritants. Il est si insinuant et si charitable qu'il touche nos frères séparés, pendant qu'il raffermit ceux qui ont embrassé notre sainte Foi. Sa prédication est séduisante, et sa manière d'agir envers tous, entièrement ce qu'elle doit être.
Né à Dungarvan, comté de Waterford, en Irlande, le P. Cooke appartenait à une famille distinguée, mais que la persécution priva d'une partie de ses biens. Néanmoins, son éducation fut soignée. Il étudia la médecine et le droit. Fin littérateur, il publia des articles remarqués dans les journaux de Dublin, avant de se diriger vers le noviciat de Notre-Dame de l'Osier. Esprit juste et délicat, caractère doux et sensible, d'une figure avenante et d'une taille avantageuse, il i'aisait concevoir, par ses talents et ses vertus, des espérances que l'avenir réalisa complètement.
Le P. Noble, dont nous avons déjà parlé, avait aussi des aptitudes signalées pour la chaire. Quant aux Pères Perron et ïamburini, quoique français d'origine, ils s'étaient assez familiarisés avec la langue anglaise pour qu'on les écoutât volontiers.
Bientôt les Oblats furent en relation non seulement avec le peu[)le, mais avec les plus hauts personnages. M. de Lisle-Phillipps en recevait beaucoup et fréquemment. (Iliaque fois qu'il avait sous son toit ces nobles visiteurs, il ne man(|uait pas de prier les Pères de venir au château. Ils y connurent ainsi les hommes les plus en vue du Royaume, entre autres lord Clifford qui les convoitait pour le comté de Lincoln ; l'illustre Newman, et plusieurs autres célèbres convertis de l'université d'Oxford.
§2 Courses apostoliques et discussions publiques avec les ministres de l'erreur.
A ces Missionnaires fervents il ne suffis.iit pas J'évangéliser les localités de Grâce Dieu et de Whitwick. Revêtus de la soutane, et leur g-rande croix sur la poitrine, ils se rendaient dans les villages environnants : Osgathorpe, Thrinsgtone, Belton, et dans les villes plus populeuses : Goalville, Ashby de la Zouch, Castle Donnington, etc.
En ces endroits, pas d'églises. Il prêchaient en plein air. C'était une fatigue de plus ; mais ils ne reculaient pas devant ce surcroît de travail.
Dans ces pays, où l'on ne rencontrait, alors, aucun catholique, ils employaient la matinée à parcoui-ir toutes les maisons, pour inviter les gens à une conférence qui aurait lieu, l'après-midi, sur la place principale.
Ordinairement on répondait :
— ^lerci, ^lonsieur, nous irons.
Au moment indiqué, les habitants s'ébranlaient en masse ; les uns, graves, pensifs, préoccupés : d'autres, hommes et femmes, portant des chaises sur leurs épaules, pour s'installer à l'aise. Quand chacun s'était arrangé le plus commodément possible, l'orateur montait sur une estrade, et développait sa thèse.
Le sujet était toujours l'une des vérités fondamentales : le salut, le jugement, la passion de Jésus-Christ, etc. On évitait, au début, ce qui, ayant l'apparence d'une controverse, aurait eu pour résultat immédiat de <liviser les espi-its. Avant tout, il fallait se faire accepter et «'coutei*.
Aussi, à la (in du discours, plusieurs des assistants «'xjji'imaienl leur satisfaction. Beaucoup môme ne cachaient pas leur étonnemont de voir des prêtres cath()li([ues citer si à propos la Sainlc-Kcriture. On leur avait si souvent répété que les « papistes » abhoi-raient la Bible et ne la lisaient pas !
Un jour, le 1*. Xoble, (jui. (iliaque semaine, préeliait deux ou trois fois sur les places publiquet^. achevait un de ses sermons en plein air, à (Jsgatliorpf. lorsipic liiii lies aiidilfiirs. nui luidiste à haihe Idanehe. l'ieva la voix |iour lui poser <les objections contre le dogme de linler- • •('ssion des saints.
Subtil dialeclicicn. et proni]it à la icparlie. le T. Noble eut \ite. eu (pi»;l<pies arguiiienls serr<''s. poussi- le eonlradicletir jus(|ue dans ses derniers iil r;iMih<Mucnls.