JEAN-ANTOINE VILLEMIN
PROFESSEUR AU VAL-DE-GRACE Né, en 1827, à Prey (Vosges). Mort en 1872.
Ap rès avoir, en manière de résumé de sa Communication à l’Académie, dit1 : « La tuberculose est une affection spécifique; la cause réside dans un agent inoculable.
« L’inoculation se fait très bien de l’homme au lapin.
« La tuberculose appartient donc à la classe des maladies virulentes, et devra prendre place dans le cadre nosologique à côté de la syphilis, mais plus près de la morve et du farcin »; Villemin, dans ses Études sur la Tuberculose (1868) écrit : « L’inoculation du tubercule n’agit pas par la matière visible et palpable qui entre dans ce produit pathologique; mais en vertu d’un agent plus subtil qui s’y trouve contenu, et qui échappe à nos sens.
1. J.-A. Villemin : Cause et nature de la tuberculose. Bulletin de l'Académie de médecine de Paris , 5 décembre 1865.
« Il faut se résigner à ranger la tuberculose parmi les affections dont on attribue l’existence à un germe morbide capable de se multiplier dans l’économie, et que, par cette raison, on appelle zymotiques.
« Les virus, comme les parasites, se multiplient eux-mêmes et par eux-mêmes ; nous ne leur fournissons que les moyens de vivre et de se reproduire; jamais nous ne les créons. »
Faits, doctrines, nature parasitaire de la tuberculose, tels que nous les voyons, nous les concevons et les acceptons aujourd’hui; analyse clinique et synthèse expérimentale de la phtisie ; tout cela se trouve donc, depuis quarante ans, dans l’OEuvre du professeur du Val-de-Grâce.
Villemin n’est point entendu; sa démonstration pourtant évidente de la virulence inoculable de la tuberculose n’est point comprise; et cela, en dépit que, Chauveau (1868), à la suite d’expériences de contrôle, — les premières en date, sur l’infection tuberculeuse par la voie digestive, — justifiant Villemin du reproche d’apporter la virulence à ses lapins par la dilacération de tissus nécessaires à l’inoculation sous-cutanée, fasse entendre de sa voix autorisée cette déclaration impérative 1 : « Il me paraît prouvé maintenant que l’identité de la tuberculose et des maladies reconnues virulentes, est si complète et si absolue, qu’il faut, ou bien reconnaître à la tuberculose le caractère de la virulence, ou bien nier la virulence elle-même ».
Tandis que le silence se fait sur la découverte de Villemin, l’École de Paris remet à nouveau sur le chantier la question dualité, unicité de la phtisie?
Les thèses de deux jeunes anatomo-cliniciens, Grancher 2 et Thaon 3,
démontrent que la granulation tuberculeuse et la pneumonie caséeuse, ayant même structure histologique, il s’agit, en dépit des variétés d’aspect, d’une identité d’origine.
Les opinions unicistes de Thaon et de Grancher 4, s’élevant contre
1. Jaccoud, Secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine de Paris : Éloge de Villemin , séance du 13 décembre 1904.