LES TREFLES, LES MELILOTS ET LA VESCE
Famille des légumineuses. — Trèfle rampant, Trifolium repens. — Trèfle couché, Trifolium procumbens. — Trèfle des champs, Trifolium. agiarium. — Trèfle des prés, Trifolium praiense. — Trèfle incarnat, Trifolium incarnaium. — Mélilot officinal, Melilolus officinalis. — Mélilot blanc, Melilotus albus. — Yesce multiflore. Vicia cracca. — Mai et juin à juillet et octobre.
Combien de fois, loin des villes, dans le fond d'un vallon, solitaire couronné d'une forêt, assis sur le bord d'une prairie agitée des vents, je me suis plu à voir les mélilots dorés, les trèfles empourprés et les vertes graminées former des ondulations semblables à des flots et présenter à mes j'eux une mer agitée de fleurs et de verdure.
Bernardin de Saint-Pierre.
Les fleurs des trèfles sont blanches, jaunes, rouges ou roses, selon qu'elles proviennent des espèces trèfle rampant, trèfle couché, trèfle des champs, trèfle incarnat ou trèfle des prés. La plupart de ces espèces sont très estimées comme fourrage et leur culture est maintenant commune en ce pays. On les rencontre aussi à l'état sauvage, mais rarement dans les jardins, hors le trèfle incarnat, dont les capitules rouge sang sont tout à fait johes.
Il ne faut pas confondre les trèfles plus haut mentionnés avec les mélilots, que nous appelons ici vulgairement trèfle (rôdeur blanc ou jaune. Ils sont bien de la même famille, mais ils appartiennent à des genres dift'érents.
L'odeur agréable de ces derniers les font rechercher pour en parfumer les appartements ou le linge dans les armoires. Cet usage
est fort répandu à la campagne et chez le peuple dans les villes.
Les mélilots nous viennent d'Europe et, après s'être acclimatés dans la partie est de l'Amérique du Nord, ils cherchent à gagner l'ouest. Comme le disait quelqu'un, ils sont sûrs d'y arriver, car ils suivent les chemins de fer ! En effet, on les voit en grand nombre, de chaque côté des voies ferrées. Les mélilots, qui ne sont pas bêtes, ont probablement compris que par ce moyen ils arriveraient plus rapidement à la conquête des terres situées à l'intérieur du continent.
Les abeilles, les guêpes et les papillons sont friands de ces fleurs, car leurs corolles contiennent en quantité le nectar suave qui em-
Trèfle des prés.
baume et grise les industrieux hyménoptères et les mignons lépidoptères. Il est acquis que les ruches placées près d'un champ de trèfles et de méhlots ne manqueront pas de miel et qu'il sera plus agréable au goût que celui provenant d'autres fleurs.
La vesce multiflore, que nos cultivateurs appellent pois sauvage, est cette plante rameuse, à vrilles, aux feuilles formées de plusieurs paires de folioles et dont les fleurs en grappe serrée sont d'un bleu ou violet lavé de blanc. Elle habite le bord des champs humides.
Vesce vient de vincire qui veut dire lier, attacher, car cette plante, au moyen de ces vrilles qui sont comme le prolongement de son pétiole, s'accroche et grimpe autour des fortes tiges de ses compagnes dans les prés.
PLANTES DES PRES ET DES BOIS
Et maintenant, un mot sur les légumineuses.
Cette famille est une des plus importantes qui existent dans le monde végétal, à raison des nombreuses espèces utiles qu'elle renferme. Quelques-unes sont alimentaires : les pois, les lentilles, les fèves, les haricots ; d'autres sont médicinales : fève du Tonka, séné, copahu, acacia (gomme arabique) réglisse ; d'autres sont fourragères : la luzerne, les trèfles, la vesce ; d'autres sont cultivées pour leur beauté ou à cause des phénomènes remarquables qu'elles ofTrent : la gesse odorante (pois de senteur) et la sensitive ; enfin, il s'en rencontre qui fournissent les fameux bois de campêche, de sapan, de santal. Bref,
Le inéiilot. La vesce.
les légumineuses sont presque aussi importantes que les graminées, surtout au point de vue agricole.
Le nom de légumineuses leur vient de la forme de leurs fruits en gousse : legumen ; elles portent encore celui de papiUonacées, parce que leurs fleurs ailées ressemblent au papillon.
Dans une de ses plus jolies pages sur la botanique, Jean-Jacques Rousseau a décrit d'une manière très claire et partant définitive, le calice et la corolle de cette curieuse fleur. Il a pris celle du pois pour type.
LE SISYMBRE.
Famille des crucifères. - Tige de 1 à 3 pieds, raide.
Juin-septembre.
- Sisymbre officinal, Sisymbrium officinalis. — Annuelle. Fleurs petites, jaunes. Bords des chemins, décombres.
(Provancher.)
Les Anglais le nomment hedge mustard, parce que sa fleur ressemble à celle de la moutarde. Nos cultivateurs le prennent pour une variété de la renoncule acre. Les Français le nomment d'herbe au chantre.
Le sisymbre.
« Ce dernier nom provient, s'il faut en croire une lettre écrite à Boileau par Racine de ce qu'un chantre de Notre-Dame de Paris vendait, au XVI I^ siècle, un sirop excellent contre la toux et les maladies de poitrine, où cette plante entrait comme ingrédient principal ».
Les fleurs s'épanouissent au début de l'été. Elles sont jaunes, à quatre pétales très petites et en grappes.
Le sisymbre pousse dans les chemins, sur les décombres ou près des murs.
La tige est dure et velue. Ses feuilles laides et découpées irrégulièrement en font une plante d'une apparence peu agréable.
Il est recommandé dans les cas de catarrhe pulmonaire.
« Sisymbrium vient de sisymbrion, nom grec d'une espèce de cresson ».
PLANTES DES PRES ET DES BOIS