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le nom de “ Bouillon blanc ”. Dans quelques départements on l'appelle aussi “ Cierge de Notre-Dame ” et ‘“ Blanc de mai”.
En Angleterre et aux Etats-Unis, on a cru pendant longtemps qu'en répandant des feuilles de certe plante sur les grains, dans les greniers, où éloignait les rats et les souris, mais l'expérience à prouvé que les rongeurs ne s'en souciaient guère.
Ses fleurs jaunes, disposées en un épi long et gros, sont employées comme adoucissantes et astringentes; ses feuilles molles et spongieuses servent d'émollient en décoction ou en cataplasmes.
“ L'on connaît, dit E. Grimard, environ soixantedix espèces de molènes, Elles affectionnent particulièrement les lieux arides de l'Europe méridionale, quelques-unes toutefois végètent en Sibérie. La ‘ molène bouillon blanc” est celle que l'on emploie le plus ordinairement en médecine... Ses fleurs contiennent, entre autres substances, de l'huile volatile jaunâtre (dont on se sert pour teindre), de l'acide phosphorique, de la potasse, du sucre et de la gomme. C'est à ces derniers éléments qu'elles doivent leurs propriétés adoucissantes. Les feuilles renferment également des principes mucilagineux. ”
Il ajoute qu'on cultive une espèce de molène aux fleurs écarlates, comme plante décorative.
Les botanistes français, contrairement à Provancher, séparent le genre molène des Scrofularinées pour en ‘aire une famille à part, celle des verbascées. Le not “ verbaseum ”, nom latin du genre, est une corruption de “ barbascum ”, qui est une allusion aux étamines barbues de cette plante.
Le langage des fleurs fait de la molène, l’emblème de Ja mollesse et de la nonchalance.
LA CHICOREF SAUVAGE.
Famille des composées, — Chicorée sauvage, Cichorium intibus. — Vivace, Tige de 2 à 3 pieds, rude, Feuilles par paires sessiles. (Corolles bleues, plantes 5 dentées. Bord des chemins. Juillet-septembre,
La chicort sauvage.
Un jour, le long du canal de l’aquedue de Montréal, nous avons vu ses bords, sur une grande étendue, couverts de mélilots blancs, de mélilots jaunes et de trèfles roses entremêlés de chicorées bleues. C'était d’un effet superbe. Et c'est alors que nous revinrent à la mémoire ces parales d'Alphonse Karr :
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“Il y a très peu de fleurs bleues. Le bleu pur est un privilège que, à quelques exceptions près, elle n'a accordé qu'aux fleurs des champs et des prairies. La nature est avare de bleu: le bleu est la couleur du ciel, elle ne la donne qu'aux pauvres, qu'elle aime avant tous les autres. ”
Combien de fois avez-vous passé près de cette jolie fleur, aux pétales gentiment et uniformément dentés, comme si quelque fée avait voulu ajouter à leur grâce !
Elles sont partout qui bordent les chemins. Pourtant, nous en sommes sûr, vous les avez à peine regardées parce qu’elles sont trop communes. Est-ce qu’on s'occupe de ce qu’on a en abondance ? Nullement ! La satiété produit l’indifférence et l’on s’attache plutôt à des choses de moindre valeur, mais qui sont rares.
Outre la réelle beauté de ses fleurs, cette plante peut être rangée parmi celles que lon considère comme utiles. C’est sa racine torréfiée qui produit le succédané du café le mieux connu et le plus employé. La médecine usuelle l’emploie comme apéritif, laxatif et fébrifuge. Enfin, par sa culture, on a obtenu les espèces de chicorée que l’on mange en salade ou cuites comme des épinards.
Vous le voyez, elle a bien des titres à notre respect.
A son sujet, un botaniste américain a dit :
“ La chicorée est une des nombreuses plantes qui nous sont venues d'Europe. Le nombre de ces épaves qui ont d’abord trouvé un pied-à-terre, ensuite un chez soi et souvent un domaine sur notre sol, va toujours en augmentant. Quelques-uns de ces hôtes ne
sont pas mal accueillis, mais la plupart deviennent nos herbes les plus nuisibles et les plus vivaces.
La rapidité avec laquelle certaines plantes européennes, comme le chardon lancéolé, l'herbe-à-cochon et le pourpier chassent nos plantes indigènes et prennent possession des champs et des routes, semble indiquer qu’elles ont quelques avantages sur les nôtres dans la lutte pour la vie.
“ Les plantes de l’ancien monde sont plus favorisées que celles qui sont indigènes, parce qu’elles laissent là-bas leurs insectes et leurs autres ennemis, quand elles traversent l'Océan. Les nôtres sont toujours forcées de lutter avec ces désavantages habituels pendant qu’elles sont engagées, quand même, dans un combat inégal avec les envahisseurs, ”
Dans le langage des fleurs, la chicorée est l’emblème de la frugalité. “ Horace a chanté la frugalité de ses repas, qui ne se composaient que de mauves et de chicorée ”, mais un poète, même latin, n’est pas obligé de dire la vérité.
M. E. Lefebvre écrit que cette espèce jouit d’une grande réputation comme dépurative et anti-scorbutique.
Ses feuilles naissantes, ajoute-t-il encore, constituent une salade un peu amère très estimée à Paris, surtout quand on l’a fait blanchir. Pour cela, il suffit de recouvrir la plante, soit d’une motte de terre. snit d’un morceau de bois ou de planche.
LE MOUr.ON DES OISEAUX.
Famille des caryophyllées. — Stellaire intermédiaire, Stellarii media, — Tige molle marquée sur sa longueur d'une ligne de poils qui alterne d’un nœud à l’autre; feuilles ovales. Lieux cultivés. Mai-octobre.
(Moyen .)
Le mouron des oiseaux,
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Le mouron ou la stellaire est une petite plante qui a été introduite au Canada et qui s’est multipliée d’une manière alarmante dans certains endroits. Ses
tiges nombreuses, ses racines rampantes la rendent très nuisible. Cependant les oiseaux, qui sont très friands de sa graine, intercèdent pour elle et réussissent à lui conserver quelques coins de terre, à l'abri du soleil où elle pousse et se multiplie librement jusqu'au jour où la charrue la déracine et l’oblige à céder la place aux graminées.
C’est à cause de la forme et de la disposition de sa toute petite corolle blanche qu’elle a reçu le nom de “stellaire,” qui lui vient du mot latin sfella, étoile.
Son nom vulgaire, mouron, lui vient de deux mots grecs qui signifient rat et oreille, parce qu’on prétendait que sa feuille ressemble à l’oreille d’un rat, dit Bescherelle.
Dans le langage des fleurs le mouron veut dire “rendez-vous. ” Explique qui voudra la raison.
Voici un joli passage sur cette fleur, extrait du journal d’Eugénie de Guérin :
“ J'ai des fleurs dans un gobelet ; j'en ai longtemps regardé deux dont l’une se penchait sur l’autre qui lui ouvrait son calice. C’était doux à considérer et à se représenter l’épanchement de l’amitié dans ces deux petites fleurettes. Ce sont des sfellaires, petites fleurs blanches à longue tige des plus gracieuses dans nos champs. On les trouve le long des haïes, parmi le gazon. Il y en a dans le chemin du moulin, à l'abri d’un tertre tout parsemé de leurs petites têtes blanches. C’est ma fleur de prédilection. J’en ai mis devant notre image de la Vierge. Je voudrais qu’elles y fussent quand tu viendras, et te faire voir les deux fleurs amies. ”
M. Firmin Picard nous a communiqué ceci: * Il serait utile de dire que les récentes études, en France, ont amené la conviction que le mouron est une excellente nourriture pour les animaux de l'étable, et qu’en France toujours on conseille fortement de le semer avec les graines des herbes de la prairie et même avec le trèfle, ”